mot de passe oublié
MediapartLive
Parrainnez vos amis

«L'Europe face à la tragédie des réfugiés» : débats et témoignages à suivre sur le site dès 20h, en direct depuis le Théâtre de la Ville à Paris.

Jusqu'à minuit, profitez de notre offre d'abonnement exclusive : les 15 premiers jours gratuits !

JE M'ABONNE
Le Club de Mediapart jeu. 26 mai 2016 26/5/2016 Édition de la mi-journée

Waiting for Irene

Les Kennedy ont une belle vue sur la mer. Leur propriété, le Kennedy Coumpound, s'observe depuis la plage, à Hyannis, sur la côte sud de Cape Cod, péninsule qui se jette dans l'Atlantique depuis le Massachusetts, entre New York et Boston. Irene y est attendue ce dimanche. Obama a quitté Martha's Vineyard, juste à côté, vendredi.

Les Kennedy ont une belle vue sur la mer. Leur propriété, le Kennedy Coumpound, s'observe depuis la plage, à Hyannis, sur la côte sud de Cape Cod, péninsule qui se jette dans l'Atlantique depuis le Massachusetts, entre New York et Boston. Irene y est attendue ce dimanche. Obama a quitté Martha's Vineyard, juste à côté, vendredi.

 

Nous avons quitté Cape Cod vendredi. La chaleur était torride et nous allions à Mystic (Connecticut), sur la Mystic River du film, visiter une reconstitution d'un port baleinier du 19e siècle et l'aquarium local. A quinze heures, à l'entrée de l'aquarium où l'on vend des billets combinés pour les deux attractions, on nous annonce la fermeture du Seaport samedi: «You know, we have a hurricane!» Soit. Nous filons au Seaport et repoussons la visite de l'aquarium à samedi.

L'ambiance est au rangement, on accroche, on amarre, on décroche, le site se prépare à l'arrivée des vents violents le lendemain. Un million de visiteurs par an, nous dit-on, mais personne ou presque cet après-midi là. En revanche, des méduses remontent la rivière par bancs. (Si vous passez par Mystic, vous pouvez économiser la visite, ou savoir que son principal intérêt est la visite d'un baleinier en cours de rénovation).

C'est en rentrant de Stonington, à quelques miles de là, où nous avons diné sur une terrasse au bord de l'eau qui nous a tellement réjouis, que l'on apprend l'annulation de notre avion. Il devait partir dimanche soir de JFK. On pensait que ça irait, on avait encore la tête aux vacances… Mais Irene a traîné, c'est un ouragan qui avance lentement. D'abord prévue samedi après-midi à New York, la voilà seulement dimanche.

En attendant, nous passons la soirée à essayer de résoudre ce problème d'avion. Le site de la compagnie propose à ses clients de se débrouiller en ligne pour changer de vol, mais notre tarif ne nous le permet pas. Personne ne répond au téléphone, ni en Europe ni aux Etats-Unis. Nous nous ruinons sans doute. Finalement, c'est sur Twitter que l'on attrape @klm qui propose son aide aux voyageurs. Nous envoyons un tweet déprimé avant d'aller dormir.

Samedi matin, l'atmosphère a changé. Il fait uniformément gris. Les nuages sont encore hauts mais on comprend qu'on ne reverra pas le soleil de sitôt. Il fait toujours chaud, ce qui surprend nos réflexes européens, habitués à du gris synonyme de froid. Nous sommes les premiers à l'aquarium où quelques gouttes de pluie font leur apparition. On s'étonne auprès du bassin des bélugas, en découvrant que l'eau doit être refroidie en été.

Nous avons appris par Twitter, n'est-ce pas stupéfiant, qu'on était "rebookés" dans un avion partant… jeudi soir. Quatre jours de vacances en plus, est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle? Je perds encore du temps et de l'argent au téléphone. Mais rien à faire, aucun vol avant le 1er septembre, même en partant de Boston, même en changeant de destination en Europe. Les sites d'info tiennent le décompte des milliers de vols annulés depuis la Floride jusqu'à New York.

Avec cette histoire d'avion, nous avons oublié de vérifier si le ferry qui doit nous conduire des rives du Connecticut à Long Island, dans l'Etat de New York, est maintenu. C'était le cas la veille. Ouf, sur place le bateau est toujours partant, et nous pouvons même prendre celui d'avant. C'est tant mieux car Irene remonte…

 © G. Dx © G. Dx
A midi nous sommes à bord. Tout est calme dans le détroit, c'est même la purée de pois, une atmosphère cotonneuse, une visibilité zéro. Il pleut un peu. On regarde la télévision, les chaînes d'infos font du live 24/24 et 100%. Pas la moindre trace d'une autre information que «Tracking Irene» et ses cortèges de reporters en direct, de la Caroline du Nord où l'ouragan touche terre dans la matinée, à New York où, pour la première fois de l'histoire de la ville, un ordre d'évacuation est donné aux habitants des zones les plus basses. A l'arrivée, l'eau clapote un peu.

Notre hôtel est à une heure de voiture de JFK, sans pont à traverser -les ponts de New York seront fermés si les vents dépassent 60 à 65 miles par heure. L'urgence est de trouver une chambre pour le lendemain, dimanche soir. Une première recherche rapide ne donne rien à moins de 300 dollars mais je me divertis avec les chambres hors de prix du Trump-je-ne-sais-quoi à Manhattan. On prend la dernière, dans un motel tout près. Les chaînes d'actualité se préparent à leur deuxième nuit de live coverage. Irene fait ses premières victimes, dont le nombre passe de trois vers 19 heures à neuf à 22 heures... Un surfer imprudent, une crise cardiaque, un enfant tué par un arbre...

 © G. Dx © G. Dx
Un peu avant 19 heures, nous tentons une sortie pour aller dîner. Le temps est franchement mauvais mais toujours avec cette chaleur qui atténue l'impression de tempête. Beaucoup de pluie mais pas tout le temps; et pas encore beaucoup de vent. Le temps de dépanner une famille sans voiture et sans provisions, les restaurants ferment. Il est 20 heures, la nuit est tombée et les clients ne sont plus acceptés. On rentre avec des sandwiches et le plein d'essence –en constatant que plusieurs stations étaient à cours, nous contribuons à installer la pénurie dès que l'occasion se présente.

Vers 22h30, Michael Bloomberg, le maire de New York est en direct à la télévision. Le temps de l'évacuation est terminé, explique-t-il aux habitants. Il faut rester chez soi et désormais faire avec ce qui vient de “Mother Nature”. Sur la highway en bas de l'hôtel, la circulation se poursuit. Vers 23 heures, quelques éclairs. A minuit je m'endors sur le début de ce billet. A deux heures, le bruit de la pluie sur les fenêtres me réveille.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Tous les commentaires

Tiens, ca me rappelle un billet que j'avais commencé il y a quelques années http://blogs.mediapart.fr/blog/oliv92/010908/les-ouragans-sont-vraiment-de-bons-clients-mediatiques

«En direct du Théâtre de la Ville» : Dès 20h

Mediapartlive

Profitez de notre offre d'abonnement exclusive : les 15 premiers jours gratuits !
Je m'abonne

Le blog

suivi par 116 abonnés

Petites annonces

mots-clés