Pourquoi la France Insoumise est-elle non viable ?

La France Insoumise est l'enfant née des amours idéologiques de Pierre Lambert et de Chantal Mouffe.... à l'issue de plus de 25 ans de gestation dans la couveuse du Parti Socialiste.

TANDIS QUE RETOMBE LENTEMENT LA POUSSIÈRE et avant " QU'IL" ne parle. (le 23 juin ?)

La France Insoumise est l'enfant née des amours idéologiques de Pierre Lambert et de Chantal Mouffe.... à l'issue de plus de 25 ans de gestation dans la couveuse du Parti Socialiste.

Cette progéniture est non-viable, sans avenir et ne génère que des illusions populaires.

 

UN PEU D'HISTOIRE

Du père, Pierre Boussel dit Lambert, militant dissident du Parti Communiste Internationaliste en 1952, formateur politique de nombre « d'éléphants » du Parti Socialiste après que Boussel ait « dealé » avec Mitterrand l'adhésion collective de « jeunes loups » comme Lionel Jospin, Jean-Luc Mélenchon d'autres, dont le petit dernier, Alexis Corbière. Ses obsèques au Père Lachaise, le 25 janvier 2008, attirèrent près de 2 000 personnes, dont Jean-Luc Mélenchon pour le Parti socialiste, André Bergeron et Marc Blondel pour Force ouvrière. Notamment.

Cette même année 2008, les enfants de Lambert créent le Parti de Gauche par une scission de leur courant interne du Parti Socialiste face à une droitisation constante, imprégnée sans retenue de la pensée libérale à la suite de François Hollande. Du moins est-ce la raison invoquée.

Produit exclusif du Parti de Gauche, la France Insoumise héritera de la génétique politique du lambertisme : centralisme autoritaire, absence de discussions collectives en vue d'élaborer une ligne politique, volonté de pureté idéologique par élimination systématique de toute dissidence, haine de la diversité des points de vue, etc...  Ajoutons à cela une quasi paranoïa collective par une chasse à l'ennemi de l'intérieur , on dit troll aujourd'hui, l'invective, l'insulte, le machisme, le mépris, les humiliations, les mises en cause personnelles, y compris jusque dans la propre vie de famille des contestataires et vous vous faites une bonne idée des « mœurs politiques » des lambertistes et des « cadres » du Parti de Gauche, pour l'essentiel « animateurs » de Groupes d'Actions de la France Insoumise. Ajoutez à cela l'hostilité au Parti Communiste qui demeure une valeur fondatrice et fédératrice.

Toutes celles et ceux qui se seront essayés aux questionnements, aux doutes, voire aux désaccords sur les réseaux sociaux savent, encore en 2019, de quoi il est question en matière de démocratie interne.

 

De sa mère, Chantal Mouffe, la France Insoumise aura retenu l'existence d'un « Nouveau Monde », l' « Ancien », celui auquel appartenait la « Gauche » avec sa vision de la « lutte des classes » fondée sur un antagonisme indépassable en système Capitaliste, l'opposition rémunération du Capital/rémunération du Travail. Elle y a substitué sous le titre de « Populisme de Gauche » une novlangue faite de disruptif, de déambulations, de gesticulations par des orateurs nationaux destinée à rendre compte de concepts simplistes comme il y a « Eux » et « Nous » débouchant sur les « 1% contre les 99% », l'opposition des « élites contre le Peuple ». Le glossaire du Populisme de Gauche est désormais à écrire.

Chantal Mouffe retient du « Monde ancien » que la « conflictualité » est le moteur de l'action politique, mais aux conflits d'intérêts générés par les classes sociales elle y substitue des conflits dits « sociétaux ». Ainsi la question sociale, liée à la place que chacun occupe dans le monde économique, est constamment sous-estimée au bénéfice de revendications sociétales, environnementales, souverainistes, communautaristes voire animalistes, au nombre desquelles on trouve, par exemple, les questions de l'immigration.

 

LA STRATÉGIE POPULISTE EST 100% COMPATIBLE AVEC L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE D'UN QUASI-ROI.

La stratégie populiste repose donc sur la coagulation de demandes sociétales hétérogènes, parfois contradictoires, nécessairement fédérées, non par les acteurs eux-mêmes des actions menées (l'auto-gestion dans les luttes) mais essentiellement par la parole d’un tribun-démagogue avec lequel chacun entretient des relations complexes, de type affectif.

Une telle conception est 100% compatible avec les Institutions présidentielles de la Vème République en France où, périodiquement, « le Peuple » élit un quasi-roi. "La rencontre du Peuple et d'un Homme" comme aimait à le dire De Gaulle.

Ainsi la stratégie populiste fait du-candidat-à-la-Présidentielle une personne dépositaire d'une fonction destinée à tenir un discours cherchant à capter tous les mécontentements. Se développe alors un discours démagogique, par culture de l’ambiguïté. Au risque d’y perdre toute boussole, toute orientation cohérente pour l’électeur rationnel et de placer le mouvement dans des postures inconfortables. L’hypothèse populiste suscite même chez certains la tentation d’une alliance « des souverainistes des deux rives », à l’instar de l’expérience italienne.... et du transfuge Andréa Kotarac vers le Rassemblement National.

La campagne électorale des Européennes apporte sur ce point des démonstrations éclatantes.


La forme mouvement, conséquence des options politiques : horizontalité, verticalité et hyper-centre.

En termes d'organisation la forme « Parti politique » est nécessairement récusée au profit d'une forme « Mouvement », seule à même d'être un outil « attrape-tout » dans lequel on peut entrer et sortir sur la base de l'intérêt exprimé pour telle ou telle question. Une forme gazeuse selon le mot.

La modernité est acquise par la notion de l'adhérent-clickeur dont les seules coordonnées connues seront une adresse mail et un pseudo. « La base » n'ayant aucune existence politique autre qu'une atomisation horizontale sans coordination. La ligne politique du sommet n'étant en rien le produit de débats collectifs, personne n'est mandaté collectivement pour faire valoir tel ou tel point de vue. « Le tirage au sort » de participants à quelques conclaves nationaux sans importance, où chacun ne représente que lui-même, génère un « hyper-centre » à l'égard duquel le « Soviet Suprême » ferait figure d'un banal Conseil d'administration d'une association culturelle.

 

DES CONTRADICTIONS INSURMONTABLES MALGRÉ UN PROGRAMME UTILE AU COMBAT ANTI-LIBÉRAL.

Chacun comprend dès lors que les contradictions engendrées par une telle génétique politique et idéologique ne peuvent conduire la France Insoumise à n'être qu'une forme « non-viable » d'organisation politique. Ce qui ne signifie pas qu'en terme de programme, l'Avenir en Commun ne présente pas d'intérêt. Notamment dans ses parties environnementale et économique. D'un point de vue économique son inspirateur Jacques Généreux était « très raisonnablement » un « néo-keynésien » préconisant de limiter les excès du libéralisme.

 

SORTIR DE L'IMPASSE ET RECRÉER DE L'ESPÉRANCE POPULAIRE

Dès lors que la France Insoumise parviendrait à se débarrasser de ses oripeaux « trotsko-gauchiste » portés par des militants issus du lambertisme et de sa bouilie populo-gauchiste des Laclau, Mouffe et autres, demeurerait l'Avenir en Commun et ses propositions.

Avec la volonté de la réaliser, l'Unité à Gauche, sur des bases « éco-socialistes » portées par l'avenir en Commun, peut se refonder avec succès.

Faudra-t-il en passer un des outils de la société Capitaliste, la destruction/re-création ?

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