Point de vue sur la montagne.

Nos montagnes sont une grande source de valeurs de toutes sortes, mais méritent un peu de réflexion globale. Exemple de la petite hydroélectricité.

 

Point de vue sur la montagne.

 

La principale richesse, renouvelable et pérenne sur des millénaires, c'est l'élevage. Ce sont les éleveurs qui ont façonné les paysages et qui continuent à les jardiner pour le plaisir de tous.

 

La seconde c'est le tourisme, qui fait vivre les habitants, tourisme d'hiver qui brasse et accueille du monde, mais dont la pérennité est en question avec le changement climatique et ses effets déjà importants sur une période d'un siècle. Alors le tourisme d'été, qui attire les amoureux de la nature préservée, va assurer la relève. Merci aux Parcs Nationaux et Régionaux.

 

Grâce au « château d'eau « qu'est la montagne, l'hydroélectricité y est aussi une richesse renouvelable. Tout l'équipement possible est pratiquement achevé, en comptant les récentes et significatives améliorations. La plupart des cours d'eau ont été équipés. Ceux qui restent n'étaient sans doute pas vraiment intéressants pour leur production, et la question du devenir des derniers cours d'eau encore libres devient cruciale : faut-il absolument tout exploiter, même avec des petites installations qui ne produiraient qu'en été, ou conserver, pour le tourisme d'été, à titre de patrimoine naturel, ceux qui sont encore proches de l'état de nature ? Il n'y en a plus beaucoup !

 

 

En termes d'énergie renouvelable, pour remplacer le nucléaire, la petite hydroélectricité est elle une panacée ? Posons le problème. Les ordres de grandeur de puissance sont le GW pour le réacteur nucléaire, le MW pour la microcentrale : facteur 1000.

 

Construisons donc 500 microcentrales de 2MW sur des torrents de montagne = 1GW.

 

Le régime pluvio-nival des torrents fait que leur débit subit au cours de l'année de très grandes variations, et que la période où ils pourraient fournir une production significative est égale ou inférieure à la moitié de l'année (en été).

 

On peut donc arrêter un (un seul!) réacteur pendant plusieurs mois, c'est bien, ça laisse le temps de le rafistoler (nos vieux réacteurs nucléaires en ont de plus en plus besoin). Bien sûr, il faudra le redémarrer pour l'hiver !

 

Donc, si on trouve 500 torrents à massacrer, on pourra faire de la bonne maintenance bien verte sur un réacteur par an : merci à la petite hydroélectricité de permettre de maintenir la filière nucléaire !

 

Cette démonstration est stupide ? Oui !

 

En été il y a des tas de réacteurs arrêtés. Les 500 torrents n'existent pas, et de toutes façons, en été les capacités de production dépassent largement les besoins, c'est pour ça qu'une petite production supplémentaire n'est pas stratégique.

Le véritable enjeu énergétique n'est pas de produire plus, mais de moins gaspiller.

 

Les « écolos » qui voudraient à tout prix massacrer nos derniers trésors de cours d'eau ont une pensée dogmatique, le contraire de l 'écologie. En effet, dans une vraie approche écologique, globale, toutes les formes de valeur sont prises en compte, et il peut donc y avoir des cas où quelques MWh de plus ne pèsent pas lourd devant un joyau de nature. C'est triste à pleurer que des mairies de montagne n'ait pas compris ça.

 

Moralité : pas de microcentrale sur nos torrents de montagne, en particulier dans les Parcs Naturels !

 



 

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