Gabon - Du Kongossa à la stupidité


Dans une brève du 27 Aout sur le site afrik.com, nous apprenons par le biais du « journaliste » Franck Koffi, que le palais du bord de mer de Libreville, nous cacherait une probable cécité de notre président Ali Bongo Ondimba… Bien sûr, ceci pourrait être considéré comme un départ de rumeur dans la pratique de notre Kongossa national. Sauf que voilà. Sans avoir à pratiquer une analyse scrupuleuse de cet article qui se voudrait « à sensation », nous apprenons quelques lignes seulement après l’annonce de ce soit disant coup de théâtre, que, je cite : « Rien n’est moins sûr »… Assisterait-on alors à l’avènement d’une nouvelle pratique, qui consisterait à se sauver du ridicule, en commençant par annoncer une ineptie, et en s’en dédouanant immédiatement par la formule « Rien n’est moins sûr » ? Mais le meilleur reste à venir… En effet, aux alentours de la 17ème ligne, nous apprenons maintenant que le chef de l’Etat, aurait montré des carences de locution lors de son discours du 31 décembre 2019…Vous avez bien lu, « 31 décembre 2019 », c’est à dire, dans 4 mois...Et c’est alors que l’auteur de ces tonitruantes révélations, n’hésite pas en fin de billet à remettre une couche de suspens en mentionnant à nouveau la rumeur de cécité, tout en essayant d’accrocher le jeune public par une formule anglo-saxonne par le biais de laquelle il espère avoir l’air « Cool », à savoir « Wait and see ! »… Ce qui ne fait en tout cas aucun doute à la lecture de cette sorte d’article, c’est que l’auteur est apparemment beaucoup plus préoccupé par le pseudo sensationnalisme inhérent à ce genre d’annonce, que par le ridicule inévitablement engendré par une totale absence de rigueur journalistique, en ce qui concerne les faits, ou la rédaction du billet. Quoiqu’il en soit, même si nous sommes maintenant habitués depuis environ deux ans, à la généralisation de ce genre de pratique, et notamment en ce qui concerne des personnages tels que notre directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga, il est affligeant de constater que dans un climat où le mot d’ordre est de redevenir constructif, certains diffusent la confusion, au lieu de produire l’information. Devrais-je ajouter « Wait and see » ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.