La vie sait avant de croire

D'abord, un grand merci aux patients visiteurs de mes billets précédents autour du même "pack" de problèmes.

Aujourd'hui encore, je dis ici les hypothèses auxquelles m'a conduit ma longue vie, sans jusqu'à présent avoir reçu de démenti de l'expérience vécue, apprise et réfléchie.Vous y ajoutez des motifs d'en préciser, infléchir, abandonner certains espects, et je vous suis reconnaissant de cette aide.

"La vie sait avant de croire", biologiquement, étant ce qu'elle est.

Voyons , parmi ses formes les plus anciennes et les moins complexes , les bactéries .La bactérie "sait" ce qu'elle doit englober, ou rejeter, ou expulser ; elle sait quand elle doit se dupliquer, et comment le faire. Ce sont des savoir-faire qui ne demandent aucun apprentissage, qui ne se dégradent ni ne se perfectionnent, et qui nr cessent de fonctionner que lorsque le milieu leur devient incompatible. Je laisse de côté, pour l'instant, le savoir-faire particulier d'enkystement...et de réactivation.

D'autres savoirs apparaissent chez des espèces plus complexes, celles qui s'organisent, et se reproduisent par sexualité". Leurs constituants les plus petits sont appelés cellules. Comme les bactéries, les cellules savent se dupliquer. Mais elles ont des savoirs nombreux et entrecroisés en plus.Elles savent "'se spécialiser", modifier leur forme, leur composition ; elles savent bâtir des formes, ne plus être "tas", ou "nappe", mais "tissu" organisé selon un plan d'ensemble que chacune recèle (on l'appelle ADN).Elles savent englober et expulser des "produits" standardisés, émettre et recevoir des informations, des ordres, selon leurs propres lois, qu'elles n'ont jamais apprises. Mais, comme toute complexification, la leur amène une "infaillibilité" moindre que celle de la bactérie.

Des savoirs d'une autre sorte apparaissent chez les multicellulaires dotés d'un système nerveux et d'organes sensoriels :des savoirs "appris".Des "percepts" particuliers parmi  la multitude des "sensations",sont mémorisés, en association avec des "réussites" et des "échecs non immédiatement létaux" de la biographie de chaque individu . Et, aux savoir-faire non-appris communs à tous les vivants, s'ajoutent de nouveaux savoir-faire, appris (et éventuellement désappris) plus proches de "savoirs" à notre mode à nous. Des "réactions conditionnées" s'ajoutent aux "réactions inconditionnelles" et s'y combinent .Ce n'est pas la part du milieu à englober ou rejeter, le transformation de soi, qui lers caractérisent, mais des "convictions" concernant les "significations" de tel ou tel aspect du milieu. Déjà, il y a là une sorte d'esquisse des "savoirs" et des "croire". C'est pour cela que l'infaillibilité y décroît encore. L'être capable de mémoriser des "signaux" devient victime éventuelle d'"erreurs" et d'"illusions" :pêcheurs et chasseurs le savent bien, qui fabriquent et utilisent leurres et appeaux.

Regardons-nous, homini sapientes .Nos cellules ont tous les savoirs de la cellule , nos tissus ceux des tissus, nos organes ceux des organes, nos organismes ceux des organismes de toutes les autres espèces vivantes , avec nos particularités d'espèce.. Et nous avons, de plus, des "potentiels" que chaque individu actualise à sa façon en interactions innombrables avec son milieu etr ses congénères : la fabrication, la parole, la pensée. Ces nouvelles façons de "savoir-faire", de "savoir" et de "croire" , nous devenons capables de les "débrancher" du vécu, des percepts. Nous pouvons inventer (sans "muter"), imaginer, bâtir une "foi"...et nous ne nous en privons pas.

Identifions-nous toujours correctement les "étages" de nos savoirs et de nos croyances, et leurs interconnexions? That's the question...

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