La chasse au député godillot est ouverte !

 Les conditions rocambolesques dans lesquelles le projet de loi HADOPI a été rejeté le 9 avril dernier par l'Assemblée nationale ont provoqué quelques remous dans la majorité. L'heure de la reprise en main a sonné, Jean-François Copé est à la manoeuvre. Et il a bien besoin d'un coup de main. Aidons-le ! 

Godillots Van Gogh

 

Les conditions rocambolesques dans lesquelles le projet de loi HADOPI a été rejeté le 9 avril dernier par l'Assemblée nationale ont provoqué quelques remous dans la majorité. L'heure de la reprise en main a sonné, Jean-François Copé est à la manoeuvre. Et il a bien besoin d'un coup de main. Aidons-le !

 

Le président de la République n'est pas content. On le comprend : à l'heure du vote de ce texte qu'il avait personnellement appelé de ses voeux, ses troupes ont fondu comme neige au soleil. Sur les 340 et quelques députés que compte sa majorité, 17 étaient présents ce matin-là dans l'hémicycle. 5 %, quoi... Et encore, deux d'entre eux - Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre) et Nicolas Dupont-Aignan (non-inscrit, ex-UMP) - ont-ils trouvé moyen de rallier les rangs de l'ennemi. Il aura donc suffi de 19 députés d'opposition pour faire capoter ce projet mijoté avec amour depuis des mois par la ministre de la culture et les lobbies de l'industrie du divertissement. Voilà qui fait désordre.

 

L'inénarrable porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, aura bien tenté de faire diversion avec la thèse de la conspiration : les perfides députés socialistes étaient cachés derrière les colonnes du Palais Bourbon (déguisés en huissiers ? En tenue de camouflage ?) et ont surgi hors de l'ombre tel le célèbre cavalier masqué à l'instant fatidique... Le ridicule ne tue pas, mais le cache-misère a si peu fonctionné que les questions acides sur l'assiduité des députés et la réalité du travail parlementaire ont commencé à fuser de toutes part.

 

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, doit maintenant resserrer les boulons. La tâche est délicate. Le président de la République aimerait bien ne voir qu'une seule tête et au moins 340 mains se lever lorsqu'il s'agit de voter ses projets de loi. Seulement voilà, les députés de la majorité redécouvrent qu'ils ont un amour-propre – et incidemment des électeurs – dont la sensibilité s'exacerbe d'autant plus qu'approchent de nouvelles échéances électorales. Certains d'entre eux ont commencé à entendre les grincements de dents que suscitait le projet de loi HADOPI dans leur circonscription. Ils ont donc choisi de s'y terrer le jour du vote.

 

Alors pour les ramener sur les bancs du Palais Bourbon, et incidemment conforter sa légitimité face à « l'hyper-président », Jean-François Copé doit les prendre dans le sens du poil. En attendant la sortie de son livre Un député ça compte énormément le 23 avril prochain, le président du groupe UMP se répand en entretiens pour promouvoir le concept radicalement innovant d' « hyperdéputé ». Et d'affirmer ici que « la notion de Parlement godillot [lui] paraît derrière nous » ou que : « Le député godillot n'existe plus ».

 

Dont acte. Quelques citoyens vigilants se sont cependant laissé dire que l'éradication du député godillot demandait un effort de tous et de chaque instant et que Jean-François Copé n'y arriverait jamais seul. Ils lui tendent donc la main, ou plus exactement mettent à son service l'outil adapté à cette mission : le site DéputésGodillots.info.

 

Vous pourrez y apprendre à détecter les attitudes symptomatiques du député godillot. Vous pourrez en admirer un premier échantillon. Vous pourrez surtout signaler aux animateurs du site les députés soupçonnés de godillotage, et ainsi aider Jean-François Copé dans sa grande entreprise de construction de l'hyper-Parlement.

 

Bonne chasse !

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