Le printemps est là, je vais butiner sur Internet. Bzzz...

En ce 11 mai 2020, tel un essaim d’abeilles, les françaises et français ressortent de leurs ruches.

Ces quelques semaines de confinement cumulées à une gestion gouvernementale, selon moi «très hasardeuse », me donnent des ailes…

Bzzzz… (Bruit du ventilateur de mon ordinateur). Hop je m’en vais butiner aujourd’hui quelques informations sur Internet qui devraient être, comme les belles fleurs des alpages, moins polluées après la diminution drastique, historique, des émissions toxiques dans l’atmosphère.

Bzzz… Je vole vers ce site, je recueille cette information…

Bzzz… Sur celui-ci, je lis un article…

Bzzz… Voilà un avis, une opinion, une idée…

Mais de retour à la ruche, où allons-nous mettre tout ça ? Comment allons-nous organiser le tri ? Qui va s'occuper de quoi ? Qui seront les apiculteurs ?

Depuis des semaines, des mois, des années, les françaises et français butinent…

Je me pose, cette année encore, de nombreuses questions :

Notre miel intellectuel collectif, sera-t-il bon à jeter car trop acide ? Sera-t-il simplement mis en pot avec un couvercle bien hermétique ? Oublié au fond d’un vieux placard de la République ou dévoré par une démocratie à bout de souffle ?

Ou coulera-t-il de tout son nectar sur notre pays, favorisant ainsi la pollinisation des idées vertueuses, pour une France apaisée et dans laquelle à chaque printemps les fleurs seraient de plus en plus belles et goûteuses ?...

Oui, cristallisé par la crise sanitaire, quelle sera la qualité de notre miel commun, de notre réflexion collective, de notre intelligence collective ? Que va-t-il en ressortir ?

Françaises et français, citoyennes et citoyens, « simples petites abeilles ouvrières », retournerons-nous cette année encore récolter « le pollen » et fabriquer sur Internet une réflexion commune plus ou moins sucrée ?

Les apiculteurs et apicultrices, vont-ils venir nous enfumer, pour ne pas se faire piquer,  prendre faussement quelques idées et refermer ensuite la ruche France ?

Ou, en un gigantesque essaim, les françaises et français vont-t-ils prendre un envol simultané ?

Bzzz....

Gilles Lapierre

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