Quand Valeurs Actuelles et le Point font des Unes….

Ces dernières semaines vont changer mon mode de vie. Dans ce temps, J'ai vu des ami(e)s tour à tour exaltés, vivants, fatigués, touchés, résolus, dépités. Enfin, la frayeur a pris le pas sur moi sur la révolte ou le dépit. Mais rester résolu. Mes mots prochains sont mon humble message à ces discrètes personnes combatives...

Valeurs Actuelles et le Point nous préviennent, leurs unes savent être explicites.

… Merci à eux de nous protéger des "imposteurs écologiques" et d’un syndicat d’une "puissance affolante et destructrice »…

M'Enfin, je ne suis ni membre d’un parti écologique, je n’ai plus malheureusement 15 ans, je ne suis pas non plus adhérent ou militant CGT, je me plais trop à avoir mon libre arbitre.

Mais, je l’avoue, mon espérance rend hommage à toutes ces personnes qui se battent au moins autant pour le copain, le voisin, le fils et la fille, que pour eux-mêmes.

L’Utopie encore présente de progrès à venir et à partager. J’y sens, contrairement à d’autres, beaucoup d'altruisme….

Alors, ça doit leur faire mal aux tripes des titres pareil !

Mon hommage donc, à ces révoltés utiles et nécessaires. Peut être plus nécessaire qu’un journaliste du Point et de Valeurs Actuelles, vu la priorité d’investigation de ces journaux.

Valeurs Actuelles donc n'aime pas Greta Thunberg.

(Pour rappel, Valeurs Actuelles est un magazine détenu par Iskanfar Safa qui par ses activités de marchand d’armes et autres, l'’origine exacte de sa fortune, évaluée à 1,1 milliard d’euros, reste un mystère.)

Valeurs Actuelles s'énerve...
"Hypocrite, apocalyptique, hystérique" "L'imposture Greta" "Un phénomène qui tétanise le monde et qui défie la raison". L’écologisme de Greta Thunberg aurait des allures de nouvelle religion et la presse en serait l’un de ses principaux thuriféraires qui l’encense à la moindre occasion…

Que penser alors des mots de François Gemenne, spécialiste des questions de géopolitique de l’environnement, professeur à Sciences Po, membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Irresponsable? atteint lui aussi par une crise d’adolescence tardive ?

Tiens… à propos de crise ; (Télérama du 11 Janvier 2020);

Journaliste : Pourquoi ne pas parler tout simplement de « crise écologique » ?

  • F.G. «…. Une crise est par essence temporaire : une fois qu’on en est sorti, on peut espérer rétablir l’état des choses. Ce n’est pas le cas aujourd’hui ! La plupart des changements que nous observons sont irréversibles et durables. Une réduction drastique des gaz à effet de serre ne fera pas redescendre le niveau de la mer. Le Bangladesh est déjà régulièrement sous l’eau. Et il existe des migrants climatiques, bien qu’on préfère les qualifier de migrants économiques.. »

Vous allez décourager beaucoup de gens !

  • F.G. « … Je dis simplement qu’être un consommateur éclairé et concerné, qui mange des topinambours en hiver, ne suffit plus. Il faut agir collectivement. Pour se faire entendre, il faut protester dans les bureaux de vote. Les grèves, les manifestations sont un autre moyen d’action. On peut aussi agir en choisissant où placer son épargne, en tout cas pour les classes moyennes et supérieures. Car c’est là que se loge la plus grande partie de notre empreinte carbone ! Aujourd’hui, avec cette épargne, les grandes banques françaises continuent en ­effet à financer massivement les énergies fossiles…
    …En 2017, l’ensemble des financements publics et privés* des énergies fossiles s’élevait encore à 5 200 milliards de dollars. Y compris en matière de financements publics : en France, pour 1 euro donné au renouvelable, on en donne 2 aux fossiles… »

*Pour info, sur la période 2016-2017, les six plus grandes banques françaises ont consacré la majeure partie de leurs financements aux énergies fossiles : 62,5 % pour le gaz et le pétrole et 8,5 % pour le charbon contre 19,6 % pour les énergies renouvelables. Les 9,4 % restants ont financé d’autres énergies, comme l’hydraulique et le nucléaire, détaille , l’ONG Oxfam qui se base sur un rapport de 2018.

 

La CGT "ruine la France »

Ah oui, le Point n'aime pas la CGT et il le fait savoir : " C’est l’histoire d’un syndicat détrôné, en perte de vitesse, fermé au dialogue, mais capable de bloquer un pays. Une histoire qui coûte cher aux Français." Le Point n'aime pas non plus Philippe Martinez qui apparaît grimaçant sur fond noir à la Une : (marrant quand on regarde en haut à Gauche, le grand sourire de ) « Même en période de calme social, il est toujours accompagné : un garde du corps (oui!) un chauffeur au minimum. Il a aussi le droit à une voiture de fonction avec… gyrophare. »

 

Malgré tout,  je n’ai et n'aurai pourtant rien contre les journalistes, je suis même très pour.

Je n’ai pourtant pas besoin d’une commission d’enquête pour savoir que pour le calcul de l'impôt sur le revenu, les journalistes bénéficient d'un abattement forfaitaire sur leur revenu net à déclarer de 6000 Euros. Cet avantage fiscal, qui a été instauré en 1934 comme une aide indirecte à la presse, coûte entre 40 et 70 millions d’euros par an aux caisses de l’Etat.

Mais je n’y vois pas une arnaque ruineuse, juste l’exercice étatique de la démocratie.

Comme les moyens que l’état donne aux militants syndicaux de par leur représentativité.

Il n’y a pas non plus d’ignominie et ce que le gouvernement subventionne Le Point à hauteur de 855.302 euros (Chiffre 2016). Encore une fois, exercice démocratique, nécessité de contrepouvoir, tout cela me semble raisonnable….

Ce qui me semble infiniment plus dangereux par contre, c’est que ce journal soit détenu par la famille Pinault. Sans oublier que leur ancienne bras droit Patricia Barbizet siège au sein du conseil de Total (depuis 2008) dont elle est devenue le membre « référent » en décembre 2015, du MEDEF, et surtout, du conseil d’Axa. (Retraite par capitalisation, m’entends-tu….)

Autre indécence; le cas de ces éditocrates multicartes qui multiplient les sources de revenus en se déployant sur différents médias : presse, radio, télévision. Comme par exemple (pardon) Franz-Olivier Giesbert, rémunéré par Le Point et RTL en 2016.

Leurs revenus cumulés sont si importants qu’ils varient de 100 000 euros brut annuel à près d’un million d’euros. Tous figurent dans les 2% des salariés français les mieux rémunérés.

Et encore une fois, je ne mets tous les journalistes dans le même sac, ils ont leur précarité aussi (ça, ça m’inquiète !), je le sais.

Mais la voix de ces derniers font un silence presque assourdissant vis-à-vis d’un Giesbert vociférant ici ou là, et encore ici. Tiens, encore là.


Enfin, Valeurs Actuelles et le Point crient nettement moins haut quand il s’agit d’entendre seulement que la France a 400000 personnes de plus sous le seuil de pauvreté depuis l’année dernière Non, là, j’écoute rien !

800000 chômeurs précarisés depuis la réforme du chômage, toujours rien, l’augmentation des accidents du travail, encore rien,

60 milliards de dividende redistribués aux actionnaires, record historique et d’Europe, on chuchote, « nos patrons, eh, oh».

La violence policière traitée par ce Point même ; Ignoble…(Le Point se précipite et révèle que Cédric Chouviat, livreur mort suite à une interpellation policière, roulait sans permis de conduire... Cédric Chouviat avait un scooter de 50 cm cubes…)

 Evidemment, ces 2 journaux ne me sont pas sympathiques, la question n’en est pas là. Les actes et les idées sont encore plus beaux quand ils se confrontent pacifiquement, quand ils s’enrichissent de leurs différences. Mais eux, ne disent rien, ne font rien. Et ça m’effraie.

Je pense à la phrase du poète résistant René Char « L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant »

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