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Le Club de Mediapart mer. 28 sept. 2016 28/9/2016 Édition du matin

Justice, le rendez-vous avec la République

A peine avait-on appris l’élection de François Hollande que le lendemain une initiative lancée par une ancienne membre du cabinet Dati (Alexandra Onfray) consistait à créer un syndicat de droite dans la magistrature: Magistrat Pour la Justice.

A peine avait-on appris l’élection de François Hollande que le lendemain une initiative lancée par une ancienne membre du cabinet Dati (Alexandra Onfray) consistait à créer un syndicat de droite dans la magistrature: Magistrat Pour la Justice.

Droite judiciaire; les nostalgiques du sarkozysme

La lecture des motivations de ce syndicat constitue un flash back de quelques jours  tant la sémantique  ressemble à un   congrès de l’UMP à la veille du second tour e : «Vous devez vous engager, écrit Alexandra Onfray, parce que vous refusez, comme le propose le nouveau président élu, de supprimer les peines-planchers et la rétention de sûreté, de conférer le droit de grève aux magistrats, de stopper les programmes de construction de places de prison au profit d’une politique de laxisme pénal ». La justice est « notre passion et nous n’accepterons pas qu’elle devienne un service social qui aide et déculpabilise ceux qui devraient la redouter ».»

Bon, il sera dur d’expliquer que la réforme de la carte judiciaire fut une réussite et a vraiment rapproché le citoyen de la justice, que la rétention de sureté n’est pas un gadget dangereux inapplicable, que les programmes de construction de places en prison sont couteuses, inefficaces et que ces prisons dont la gestion confiée exclusivement au privé dans le cadre de partenariat public privés sont des puits sans fond de déoenses publiques, ou que les peines planchers se heurtent à certains principes fondamentaux et sont inutiles.

En réalité, la droite judiciaire se reconstitue instantanément dès qu’elle n’est plus au pouvoir...On se demande bien pourquoi  les membres de cet embryon syndical (qui se prétend indépendant de tout pouvoir politique) ne se sont pas aperçu plus tôt que la Justice allait très mal..A l'époque, ils étaient sûrement trop occupés à détenir les postes de pouvoir pour connaître la réalité de la vie dans les juridictions et le devenir des justiciables...aussi bien au pénal qu’au civil...

Du reste, ce syndicat n’envisage la justice que sur son versant pénal, déformation habituelle de la pensée sarkozyste sur ce sujet.

Cet épisode de la vie judiciaire renoue avec l’existence de syndicat très  à droite comme il en a existé lorsque la gauche était au pouvoir. A  l’époque celui ci se nommait l’Association Professionnelle des Magistrats et il s’est auto dissout après que l’un de ces dirigeants ait tenu des propos antisémites.

Tout cela était déjà, il y a plus de dix ans, annonciateur de la dérive  xénophobe d'une certaine droite et constitue l'émergenec d'un dispositif  de présence tant espéré par le courants des droites populaire et national dans une administration régalienne à forte connotation idéolgique.

Le rendez vous avec la République

L’annonce des  nominations de Mme Taubira comme Garde des Sceaux et  de Mme Batho  comme ministre déléguée arrivent dans ce contexte de nostalgie droitière de certains magistrats qui se plaignent déjà du « laxisme de la justice». Gageons qu’ils pourront faire front commun avec les syndicats de policiers qui avaient manifesté entre les deux tours de la présidentielle pour obtenir l’application automatique de l’excuse de  la légitime défense en cas de bavure d’un membre de la police nationale.

Il est bien évident que l’attente de réformes et les voeux les plus partagés de la majorité des magistrats s‘éloignent de telles préoccupations. En voici quelques unes, les plus simples :

  • Arrêt de la politique populiste qui consiste a faire voter une loi à chaque fait divers monté en épingle à des fins politiciennes,
  • Dans le même ordre d’idée: sécurité juridique afin d’éviter le changement continuel de règles de procédures
  • Affectation de moyens humains et matériels en juridiction
  • Instauration de l’indépendance des parquets, mais aussi création d’un statut pour le juge de la liberté et de la détention.
  • Dans le contexte actuel: ré affirmation de la fonction de juge d’instruction..

 ( pour un liste plus exhaustive: http://www.syndicat-magistrature.org/Elections-2012-le-projet-du.html)

Il y a tant à revoir, que  la liste s’allongerait dépassant la patience du lecteur..

Revenir aux principes fondamentaux des  déclarations des droits de l’homme, voici finalement l’enjeu. Il n’est plus question d’un débat entre laxistes et sécuritaires, totalement dépassé  et inefficace...

 Le choix devient de plus en plus clair,  il nécessite de ressouder la justice sur le triptyque: Liberté, Egalité, Fraternité.. 

 L’évolution d’une droite qui se tourne de plus  en plus vers des positions anti-républicaines impose la réaffirmation avec force de la construction républicaine et démocratique de la justice.

Pour reprendre le titre d’un livre paru en 2007, la Justice à  plus que jamais  rendez vous avec la République.( cfhttp://blogs.mediapart.fr/blog/dianne/221009/christiane-taubira-rendez-vous-avec-la-republique)

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Tous les commentaires
  • 18/05/2012 20:44
  • Par POJ

Ce nouveau syndicat me fait en effet étrangement penser qu'il s'agit de reconstituer l'association professionnelle des magistrats, créée à la victoire de la gauche et dissoute après le retour aux affaires de la droite.

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L'auteur

gilles.sainati

juriste ayant pour devise Liberté, Egalité, Fraternité,
clermont l'hérault - france

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