Entrave à la liberté de circuler le samedi à Toulouse

Porter un tee-shirt jaune le samedi vous expose à être matraqué, même si vous n'avez rien à voir avec le mouvement des Gilets Jaunes. Chanter "On est là!" est une infraction. Parler à quelqu’un au coin d’une rue est aussi passible d’amende. On se voit reprocher le simple fait de se promener le samedi.

Porter un tee-shirt jaune le samedi vous expose à être matraqué, même si vous n'avez rien à voir avec le mouvement des Gilets Jaunes. Chanter "On est là!" est une infraction, parler à quelqu’un qui a chanté "On est là" est aussi passible d’amende. En fait, parler à quelqu’un au coin d’une rue est aussi passible d’amende. On se voit reprocher le simple fait de se promener le samedi. Serait-ce devenu un délit? Quelle sera la suite du délire répressif auquel nous sommes soumis ? 

À Toulouse, en ces deux premiers samedis de déconfinement, les Gilets Jaunes qui ont eu le courage de défendre une liberté d’expression citoyenne dans le respect des précautions liées au contexte sanitaire, et une autre personne qui avait juste eu la mauvaise idée de mettre un vêtement jaune dans un contexte de plus en plus répressif et autoritaire, ont été condamnés en tout à plus de 13000 € d’amende pour avoir chanté ou être dans les parages des chants entonnés. Oui, il y a eu des verbalisations pour avoir été proche des chants entendus ! Oui il y a eu des contrôles arbitraires!

La police, assurée de son impunité, n’a pas hésité à faire des photographies truquées pour essayer de faire inculper une personne qui donne sa voix au service de nos droits. Oui, des personnes ont été verbalisées sur la base de photographies dont le cadrage donne l’illusion d’un regroupement de dix personnes ! Elle intimide les passants en photographiant les cartes d’identités, en les inscrivant dans leurs bases de données, et en les menaçant de poursuites. Oui, on leur a conseillé de rentrer chez eux, de ne pas revenir le samedi suivant après avoir photographié leur carte d’identité ! Elle matraque, elle met en garde à vue, elle surveille tous les déplacements…Et tout cela n’est que le début d’un monde d’après encore plus cauchemardesque que celui d’avant si nous ne nous réveillons pas.

Lorsque Macron parle de guerre, nous pouvons pour une fois être d’accord avec lui. Les rues sont quadrillées avec un déploiement disproportionné des forces de l'ordre et chacun est exposé à une répression policière arbitraire. On a pu voir comment elle traquait jusque dans les magasins ses "cibles", cherchant à tout prix des "coupables".  Pour renforcer leur pouvoir, les dirigeants politiques utilisent la force armée et vont même jusqu'à  organiser une communication de propagande pour remonter une partie de la population contre une autre, exacerbant une sorte de guerre civile larvée, qui menace notre sécurité, notre liberté de circuler et brise le lien social.

Pouvons-nous accepter que nos libertés de circuler, et de manifester notre opinion soient ainsi attaquées? Non, "on est là" et on y reste.

Des promeneurs verbalisés

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