Libye: pas facile d'être un militant NPA

L’évolution récente de la situation libyenne le démontre : cela ne doit pas être facile tous les jours d’être un militant du NPA !

L’évolution récente de la situation libyenne le démontre : cela ne doit pas être facile tous les jours d’être un militant du NPA !

 

La chute du régime de Khadafi a de quoi tourmenter bien des révolutionnaires soucieux de se conformer à trois dogmes inaliénables. Pour aller vite :

 

1) Les relations internationales s’analysent au travers d’une seule grille d’analyse marxiste : les Etats des économies capitalistes sont au service des seules grandes entreprises qui veulent accaparer les richesses des autres pays, notamment du tiers-monde. Donc l’intervention de l’Otan en Libye n'a qu'un objectif : le pétrole libyen. Elle est à ce titre condamnable.

 

2) Malgré tout, Marx (et plus récemment Daniel Bensaid) nous l’a appris : il ne faut pas glorifier ou fantasmer les régimes pré ou proto-capitalistes, c’est-à-dire ceux qui s’exonèrent des « droits bourgeois » (liberté de la presse, droit de vote, séparation des pouvoirs, etc.), en d’autres termes les Droits de l’Homme. Khadafi est un tyran et sa chute, c’est quand même une bonne chose.

 

3) « On a toujours raison de se révolter » : Il faut soutenir la rébellion libyenne.

 

Alors comment fait-on ?

 

Et bien, ni une ni deux, le NPA a trouvé la solution. Sur son site internet, on peut lire le communiqué relatif à la chute de Khadafi, et notamment l’extrait suivant : « Durant ces 6 derniers mois, la révolte s'est développée et en même temps, sous couvert d'une résolution de l'ONU, un mois plus tard, les pays membres de l'OTAN ont voulu s'accaparer le processus en cours par une intervention militaire aérienne. Le NPA a condamné cette intervention. Leurs objectifs étaient clairs : faire oublier leur soutien jusqu'au bout, passé et présent, aux dictatures en place, mettre la main sur un pays riche en ressources pétrolières et gazières. »

 

Donc en fait il fallait laisser se développer la rébellion libyenne, qui, quand les chars de Khadafi étaient sur le point de massacrer Benghazi, allait justement prendre son envol ! Quel cynisme de la part des démocraties occidentales.

 

Bien sûr, on pourrait avoir une interprétation plus pondérée de la séquence libyenne, en affirmant de ne pas être dupe des sous-entendus économiques (le pétrole) ou politiques (la cote de popularité de Nicolas Sarkozy), mais en reconnaissant le rôle essentiel joué par l’Otan et en se réjouissant que les démocraties aient, enfin, pris leurs responsabilités.

 

Mais quand on a la foi, on a la foi !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.