GouverneurLaura
Abonné·e de Mediapart

1 Billets

0 Édition

Billet de blog 29 nov. 2022

GouverneurLaura
Abonné·e de Mediapart

Les étudiants d'aujourd'hui face à la politique

La jeunesse française veut avancer, elle veut du changement. Elle désire être entendue et être comprise. Elle souhaite que les fausses promesses cessent et que sa voix soit enfin affirmée comme importante, comme essentielle pour l’avenir de la France. Les étudiants d'aujourd'hui sont les professeurs, les médecins, les ministres de demain.

GouverneurLaura
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

“Je pense que les dirigeants politiques n'ont pas conscience de l’impact que l’absence d’aides et de mesures adéquates peut faire peser sur les générations futures. “

Deux ans de confinement, une augmentation des loyers, une hausse des prix de l’alimentaire de 9,9% en un an selon les chiffres communiqués par le cabinet d’analyse IRI France en septembre dernier, la situation en France pour les étudiants est de plus en plus compliquée à supporter.

La pandémie du COVID et plus particulièrement, le confinement qui en a découlé, les a fortement impactés,ainsi que leurs conditions de vie : isolement social, impossibilité d’étudier en présentiel, absence de job étudiant, obligation pour une partie d’entre eux d’engager un prêt pour un logement. 

Maintenant que les mesures sanitaires sont principalement abolies, les étudiants sont divisés ; certains s’impliquent de plus en plus dans la vie politique de leur pays, tandis que d’autres se sentent délaissés et perdus dans des programmes se succédant où les idées et décisions du gouvernement ne parlent ni des jeunes, ni aux jeunes. Selon les chiffres publiés par l’Ipsos, sur  les 28% d’abstentions aux précédentes présidentielles, 41% étaient les jeunes entre 18 et 24 ans. 

Les profils changent et les avis divergent. 


Nous avons questionné deux étudiants, un étudiant à l’université de Bordeaux Montaigne et militant de l’association du Poing Levé, ainsi qu’une étudiante en master de science politique à Assas, afin d’écouter leur avis sur ce qui se passe actuellement, gouvernementalement parlant, et leurs ressentis face à cela. 

Pour commencer , la politique française est-ce un sujet qui est susceptible de t’intéresser ? Si oui, par qui cela t'est-il venu ? 

C : D’abord, en tant qu’étudiante en master de science politique, et après avoir fait une licence en science politique, ce serait bizarre que la politique ne m’intéresse pas. Donc oui, les sujets liés à la politique m’intéressent, par toutes les questions qu’ils posent et qui permettent de réfléchir aux problèmes que l’on rencontre dans les sociétés contemporaines. C’est un attrait qui m’est venu principalement par ma famille qui s’est toujours intéressée à ces sujets, à l’actualité, à l’histoire etc… Notamment mon grand-père qui avait sa carte à un parti politique.

S: Il y a une nécessité de prendre part à l’organisation de la société. Il faudrait empêcher la dépolitisation et la domination mises en place par un gouvernement comme celui-ci. S’intéresser à la politique, à ses mécanismes et agir sont des éléments au caractère subversif. Issu d’une famille où la politique n’avait pas une place importante, sans vraie conscience des classes sociales, j’ai commencé à m’y intéresser à la suite de discussions avec un ami. Cela m’a permis de réellement m’intéresser aux questions climatiques, sur les réformes de retraites, les actions du gouvernement face à la crise sanitaire etc…

Très bien. 

Te sens-tu assez écouté par le gouvernement pour réussir à combler tes besoins ?

C :  J’estime que la catégorie des étudiants n’est pas réellement écoutée par le gouvernement Macron, ou du moins que les étudiants ne sont pas la priorité des mesures et politiques publiques qui sont prises (Cf. Le deuxième confinement de novembre 2020 durant lequel les étudiants à l'Université étaient presque les seuls à ne pouvoir aller étudier en « présentiel »). Je pense que les dirigeants politiques n'ont pas conscience de l’impact que l’absence d’aides et de mesures adéquates peut faire peser sur les générations futures. 

S: Non, et je n’attends rien du gouvernement. Je n’ai aucun espoir de changement lorsque ces classes bourgeoises sont au pouvoir. 

Les conditions de vie des étudiant est un sujet dont on parle beaucoup ces temps-ci , arrives-tu à trouver le juste milieu entre vie privée, vie professionnelle, vie sociale et vie étudiante ? 

C : J’arrive à trouver le « juste milieu » parce que j’ai la chance de ne pas avoir besoin de travailler en même temps que d'étudier. Vu la charge de travail que m’impose ma formation, j’ai du mal à concevoir comment je pourrais travailler à côté. Le reste dépend de choix. Il y a forcément des aspects de ta vie que tu privilégies par rapport à d’autres (exemple : tes cours par rapport à ta vie sociale). Néanmoins, il me semble qu’avec de l’organisation, tout est faisable.

S : Ça va en ce moment, les choses risquent de changer si j’arrive à trouver un travail et à m’impliquer réellement dans mes études. Avec mes économies, j’arrive encore à subvenir à mes besoins. La précarité toujours grandissante, les étudiants obligés de travailler et d’étudier en même temps, ont moins de chances de réussir par rapport à d’autres. 

Quelle est la première chose que tu changerais ou que tu mettrais en place si tu étais en capacité de le faire au sein du gouvernement ?

C : La première chose que je ferais au gouvernement serait de réinvestir largement dans les services publics, y compris l’éducation, la recherche et l’enseignement supérieur qui sont des secteurs d’action publique complètement négligés, alors qu’ils concernent des catégories de la population qui sont l’avenir de l’État.

S: La question des salaires est ce qui préoccupe le plus les gens, l’augmentation des salaires et minima sociaux, la mise en place d’un salaire étudiant sont les actions à mettre en place le plus rapidement possible. 

L’envie de changement, les dialogues de sourds avec les représentants de l’État, mais également, les influences extérieures comme l’éducation au sein d’écoles ou d’université, les médias et simplement l’influence familiale sont autant d’éléments qui poussent les jeunes à s’investir et s’intéresser, à réfuter ou à accepter. 

D’après notre étude, 60% des étudiants se sont intéressés à la politique française à partir et grâce à l'enseignement supérieur et les rencontres faites dans ce cadre-ci. 20% des étudiants s’y sont intéressés grâce à l’influence familiale, les dialogues et la transmission. Enfin 10% des étudiants s’y intéressent grâce à leurs propres recherches personnelles et l’envie de connaître de plus près les rouages du gouvernement de leur pays. 

Le cadre familial n’est donc pas le premier échange sur le sujet de la politique. Au contraire, le milieu universitaire a une influence plus que remarquable et permet aux étudiants de se positionner de manière réfléchie sur les actions à entreprendre pour l’avenir du pays. 

Si nous prenons une étude plus récente faite par nos soins, sur 30 étudiants interrogés, de Paris, de Bordeaux, de Toulouse, 27 d’entre eux affirment leur projet de voter aux prochaines élections présidentielles et législatives. 27 de ces étudiants ont encore le désir d’agir pour une société meilleure 

Cependant, l’État pourra-t-il toujours compter sur ses futurs travailleurs s’il ne prend pas la peine, dès aujourd’hui, d’entendre leur voix ?

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.