La fin de l'âge de l'argent.

La révolution d'Octobre 2017 n'a pas eu lieu.

Nombre de mythes portent en eux l'idée d'une progression ternaire, l'idée d'un rythme par trois guidant un cheminement ascendant. D'autant plus dans les mythologies. Couramment le monde était-il divisé entre un monde terrestre commun à nous tous, un monde souterrain et un monde transcendant. Naturellement l'humanité progressait elle aussi en trois âges. Que ce soit dans la mythologie grecque où l'âge d'or précède l'âge d'argent lequel précède l'âge de bronze ou dans l'optimiste positiviste d'Auguste Comte, l'Histoire progresse en trois phases distinctes.

Le marxisme ne fait pas exception à la règle. L'analyse matérialiste historique suggère que l'histoire peut s'analyser comme les luttes de pouvoirs de groupes sociaux constitués en classes selon divers facteurs (prestige de naissance, caste, ethnie, confession, richesse, etc.) dont les rapports constituent la substance que l'histoire se propose de constituer comme objet de savoir.

En 2018, l'analyse marxisante se fait dans les bouches les plus inattendues parfois.

L'âge de l'argent semble toucher à sa fin. Les institutions nationales, bradées au nom de la liberté économique n'incarnent qu'un exercice du pouvoir fantoche, reposant davantage sur la misère collective et l'ignorance délibérées d'un pays au passé historique complexe et contrasté à bien des aspects.

La scène politique semble abandonnée des intellectuels, lesquels se rangent habituellement selon trois écoles de pensée ; celle du déclinisme ; du nihilisme ou celle du déni. Le spectacle politicien n'intéresse plus personne, faute de substance. Les ficelles sont trop grosses. Au nom de la méritocratie et du déclinisme, les États-Unis d'Amérique, pays le plus puissant du monde se retrouve mené par un simplet illettré, élu par accident. 

À ceux qui prédisaient la fin de l'histoire dans le néolibéralisme perpétuel baignant dans sa propre gloire tiède, l'Histoire semble elle-même déterminée à vouloir poursuivre la pièce.

Il semble qu'aujourd'hui plus rien ne puisse surprendre. La léthargie est telle que seul un événement l'ordre d'une guerre nucléaire pour sortir le prolétariat de sa torpeur. La raison ? Son exclusion systématique des rapports de savoir et (donc) de pouvoir.

Le prolétariat est la classe historiquement destinée à prendre le pouvoir de par sa simple majorité numérique écrasante. Les milliardaires se montrent incapables de gérer son propre développement économique comme en témoigne les énormes crises financières qui ne font en définitive qu'appauvrir davantage la richesse des nations au profit des créanciers de l'État.

Un peu comme les astronomes pré-Galiléens, les économistes libéraux se montrent incapables de prévoir ou d'éviter les crises financières. La prochaine sera la dernière du capitalisme mondial de par sa simple intensité.

L'histoire va donc se faire sentir dans son aspect le plus empirique et palpable, mais que restera-t-il ? Que faire pour limiter au maximum le chaos et la violence qui en résultera ?

Le réponse, une fois de plus, se trouve chez Spinoza.

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