L'OTAN récupère le passé glorieux des résistants baltes à l'Armée rouge

C’est une page de l’histoire de la Seconde guerre mondiale largement méconnue en Europe occidentale, sur laquelle l’OTAN dresse aujourd’hui un parallèle saisissant avec les forces spéciales des trois pays baltes.

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Si l’on s’accorde à situer en 1945 la fin des combats dans la partie occidentale de l’Europe avec l’écrasement de l’Allemagne par les forces alliées, une résistance acharnée à l’occupation soviétique s’est poursuivie dans plusieurs territoires à l’est – notamment en Ukraine de l’ouest et dans les pays baltes -, au moins jusqu’en 1953, date de la mort de Staline.

Partisans lituaniens. Image d'archive. Partisans lituaniens. Image d'archive.

Pour ne prendre que l’exemple des trois républiques baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), entre 1944 et 1953 plus de 170 000 habitants de ces pays se servirent des forêts profondes et marécageuses comme d’un refuge naturel et y établirent une base pour la résistance armée contre l’Armée rouge. Quelque 50 000 combattants actifs, dont une majorité ayant servi dans la Waffen-SS, ont ainsi maintenu de nombreuses zones rurales hors du contrôle des autorités soviétiques.

Forest Brothers - Fight for the Baltics © NATO

Dans un documentaire vidéo de 8 minutes mélangeant témoignages, images d'époque et reconstitutions, mis en ligne le 12 juillet sur sa page Youtube, l' « Alliance atlantique » présente les « Frères de la forêt » (ces « partisans » ou « résistants », selon la terminologie utilisée en Europe de l’est ou ouest) comme des héros luttant pour l’indépendance de leurs pays vis-à-vis de l’Union soviétique et bénéficiant d'un large soutien de la population. Adroitement, à l’attention du bastion ex-soviétique membre aujourd'hui de l’OTAN, il est présenté que l'esprit des « Frères de la forêt » anime aujourd'hui les forces spéciales des pays baltes.

Arvitz Eriks Bluzmanis, ancien garde-frontière: « C’est un doux sentiment. De cela, nous ne pouvions pas en parler auparavant. Maintenant, nous sommes libres » Arvitz Eriks Bluzmanis, ancien garde-frontière: « C’est un doux sentiment. De cela, nous ne pouvions pas en parler auparavant. Maintenant, nous sommes libres »

La mise en scène très symbolique d'un groupe des forces spéciales lituaniennes évoluant en forêt ajoute à cette impression de similitude entre les résistants d'hier et ceux d'aujourd'hui, face au même adversaire. "Toute notre histoire dérive de celle des Frères de la forêt", résume un membre du commando. 

« Toute notre histoire dérive des Frères de la forêt » . Capture écran. « Toute notre histoire dérive des Frères de la forêt » . Capture écran.

La réaction de la diplomatie russe à cette vidéo élogieuse de l’OTAN s’est faite indignée. Dans un message posté sur son compte Facebook, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a qualifié sa publication « d’acte dégoûtant » servant « à déformer l’histoire » et « saper les conclusions du procès de Nuremberg ». Les nationalistes baltes des « Frères de la forêt » sont par ailleurs qualifiés d' « organisation de rescapés fascistes ». Signe d’une forcément inconciliable écriture de l’histoire entre le nationalisme balte et la Russie.

Source : GrandFacho.com

 

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