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Encore jeune, la filière hydrolienne mobilise désormais de plus en plus d’initiatives motivées par ses nombreux avantages et l’intérêt croissant de la communauté internationale pour les énergies renouvelables.

Un potentiel de 2 à 3 GW en France

Aujourd’hui, l’éolien en mer connaît une croissance exceptionnelle. L'Association européenne de l'énergie éolienne (EWEA) indique qu’en 2015, environ 3 018 mégawatts de capacités supplémentaires ont été installées en Europe, soit une croissance de 108,3 % par rapport à 2014. D’après l’EWEA, l’éolien offshore « permet de couvrir 1,5 % des besoins électriques des pays de l'Union européenne ».

Si la mer sert aujourd’hui de base au développement de cette industrie en pleine ascension, les courants marins sont eux aussi de plus en plus sollicités pour produire de l’énergie. Dans un monde en quête d’énergies renouvelables, qui favorise l’innovation pour développer de nouvelles installations capables de produire localement de l’électricité durable et abordable, les hydroliennes font l’objet d’un intérêt croissant de la part des professionnels du secteur énergétique.

Le fonctionnement est similaire à celui d’une éolienne. Quand cette dernière utilise l’énergie cinétique de l’air pour produire de l’énergie, l’hydrolienne utilise l’énergie cinétique de l’eau. Une fois activée, la turbine de l’hydrolienne convertit l’énergie hydraulique en énergie mécanique. Cette étape effectuée, l’énergie mécanique est ensuite transformée en électricité grâce à un alternateur.

L’exploitation des courants marins est de plus en plus considérée en Europe et particulièrement en France. Le pays dispose en effet d’un réel potentiel de développement pour cette énergie. Les experts tablent sur des capacités de production pouvant atteindre les 2 à 3 GW, grâce notamment à une filière industrielle hexagonale qui rassemble l’ensemble des acteurs nécessaires à l’émergence du secteur mais aussi à des zones géographiques propices au développement de cette énergie.

La volonté de mettre en place un véritable parc hydrolien en France et dans le monde s’explique par les nombreux atouts que présente l’énergie. Les hydroliennes exploitent l’énergie marémotrice, une source énergétique non polluante, gratuite et surtout inépuisable. Si les éoliennes fonctionnent avec un vent parfois capricieux, les courants marins sont sensiblement constants. Ces derniers sont également prévisibles, ce qui permet d’estimer à l’avance la production énergétique.

Mais les avantages ne s’arrentent pas là. La petite taille des hydroliennes fait qu’elles ne demandent pas beaucoup d’espace, ce qui peut faciliter leur installation. De plus, elles produisent autant, voire davantage d’électricité que les éoliennes grâce à la densité de l’eau 800 fois supérieure à celle de l’air. Enfin, les installations créent des zones de turbulences empêchant un dépôt de sédiments sur le dispositif ainsi que son envasement.

Les projets commencent à voir le jour

En France, la filière hydrolienne commence à se mettre en place et à s’engager dans des projets qui laissent présager un avenir prometteur pour cette énergie renouvelable.  Le 20 janvier, EDF immergeait à 40 mètres de profondeur une première hydrolienne au large de l'archipel de Bréhat, dans la Manche.

D’ici quelques semaines, une nouvelle hydrolienne viendra compléter cette installation pour constituer in fine « la première ferme hydrolienne expérimentale au monde » selon Pierre-Guy Thérond, directeur chez EDF Energies Nouvelles. Les hydroliennes, construites par DCNS, devraient être activées dès l’été prochain et produire 1 MW, soit assez d’énergie pour alimenter 1 500 foyers.

La Bretagne est une zone énergétique favorisant la production d’énergie hydrolienne en raison des forts courants qui agitent les eaux dans la région. Avant le projet d’EDF sur l’île de Bréhat, la société Sabella a mis en service il y a plusieurs mois une hydrolienne au large de l’île d'Ouessant. La machine est aujourd’hui en mesure de répondre à la totalité des besoins énergétiques de l’île.

Le Cotentin fait également office de terrain favorable aux expérimentations en matière d’installations hydroliennes et à l’émergence d’initiatives toujours plus ambitieuses pour faire décoller la filière. EDF EN a  d’ailleurs investi les lieux avec un projet de 7 hydroliennes, d’une capacité de production de 2 MW chacune. Ce parc trouvera sa place dans le Raz Blanchard et devrait être activé dès 2018.

L’Europe jouit d’un potentiel important en termes d’énergie hydrolienne. Certains acteurs du marché estiment que les capacités de production du continent peuvent aller jusqu’à 12,5 GW, soit la puissance de 12 réacteurs nucléaires de 900 MW.

Propre, durable, cette énergie est en passe de trouver sa place dans un mix énergétique qui veut désormais faire la part belle aux renouvelables. Si les projets sont encore bien souvent développés de manière expérimentale, c’est un nouveau marché qui est en train de voir le jour, en phase avec les aspirations environnementales qu’impose notre époque et porteur d’opportunités économiques.

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Tous les commentaires

Le couplage hydrolien- éolien ne gagnerait-il pas  en efficacité  de production , en économie d'infrasructure et de surface utile ? Assurément ! 

Il y a longtemps que la Bretagne aurait dû se pencher sur ces techniques , elle qui est en déficit d'électricité et qui refuse le nucléaire tout en "pompant " sur les centrales du pays ; je me souviens du questionnement du conseil régional sur l'indépendance énergétique et tout ce qu'il préconisait ...une centrale à charbon ou au gaz à St Brieuc .... pfffttt!