Energies renouvelables : entre retards et satisfaction

La France a accueilli avec succès la COP21, en décembre 2015, et a montré au monde l'importance de développer les énergies renouvelables afin de préserver, autant que faire se peut, le climat de la planète. Malgré ce succès, le bilan environnemental du quinquennat qui s'achève est en demi-teinte.

Le lent développement des énergies renouvelables constitue un constat d'échec même si l'éolien tire plutôt bien son épingle du jeu.

Que retenir du quinquennat de François Hollande en termes de développement des énergies renouvelables ? Côté actif, le sommet de la COP21 a été un moment capital finalement couronnée de succès. Le sommet pour le climat a même été prolongé de plusieurs jours afin de parvenir à un accord global. Ce succès d'estime est aujourd'hui remis en cause par le président américain et nul ne peut prédire ce que sera la position officielle des Etats-Unis dans les semaines à venir. Mise en œuvre ou pas (espérons que tout se passe bien), le rôle de François Hollande a été primordial pour qu'un accord soit finalement signé.

Autre point à mettre au crédit de la France, le développement intéressant de l'énergie éolienne. L'éolien comprend 4 % de la production électrique à l'échelle nationale et place la France en quatrième position au niveau européen. Il est vrai que 4 % constitue une part mineure, mais c'est l'évolution qui est importante et très positive.

Les retards s'accumulent

Malheureusement, les points positifs qu'il est possible de mettre en lumière ne sont pas nombreux et ce qui frappe le plus reste les retards conséquents pris par la France dans le domaine du développement des énergies renouvelables. Le pays est en retard sur son plan de développement et n'a atteint que 14,9 % d'électricité produite en 2015 issue des ER. La comparaison avec les pays du nord fait mal : Suède (50,2 %), Lituanie (39 %) et Finlande (38,7 %). Malgré le développement de l'éolien offshore, il reste encore beaucoup à faire.

Les énergies renouvelables percent moins rapidement en France que dans d'autres pays européens comparables en raison notamment du coût peu élevé de l'électricité. Une électricité d'origine nucléaire qui fait de l'éolien une énergie souvent trop chère et qui est largement combattue par les populations peu enclines à voir pousser des (champs d') éoliennes.

Deux éléments peuvent toutefois être porteurs d'espoirs. Le premier est une nouvelle disposition juridique qui prévoit une simplification des démarches administratives pour implanter de nouvelles éoliennes. Le second élément – également lié à l'Etat – est la participation de plus en plus active d'EDF dans des programmes liés aux énergies renouvelables auxquels s'ajoutent les tarifs de rachats privilégiés de l'électricité pour soutenir le développement des ER. Le prochain quinquennat devra être le théâtre d'une intensification des efforts car le risque de voir la France être à la remorque de l'Europe est à craindre.

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