Un projet d’attentat déjoué à Kiev

Un attentat vient d’être déjoué à Kiev. C’est ce qu’affirment les services de sécurité ukrainiens (SBU), après l’annonce de l’arrestation de quatre hommes, tous ukrainiens, qui prévoyaient de faire exploser un immeuble résidentiel abritant un centre de collecte d’aide pour l’armée. Après les émeutes ayant eu lieu devant le Parlement la semaine dernière, le climat dans le pays est toujours aussi tendu.

Un attentat vient d’être déjoué à Kiev. C’est ce qu’affirment les services de sécurité ukrainiens (SBU), après l’annonce de l’arrestation de quatre hommes, tous ukrainiens, qui prévoyaient de faire exploser un immeuble résidentiel abritant un centre de collecte d’aide pour l’armée. Après les émeutes ayant eu lieu devant le Parlement la semaine dernière, le climat dans le pays est toujours aussi tendu.

La situation est brulante en Ukraine et ce n’est pas la tentative d’attentat déjouée cette semaine qui va apaiser les esprits. En effet, quatre hommes ont été arrêtés à Obolon, dans la banlieue nord de Kiev. Surpris en flagrant délit par les forces spéciales, ils cherchaient à faire sauter un immeuble d’habitation dont le rez-de-chaussée abrite un centre d’aide de collecte pour les militaires ukrainiens. Ils ont été arrêtés après des échanges de coups de feu et de grenades.

Selon le SBU, ces membres d’une organisation pro-russe sont tous ukrainiens, mais le chef de ce commando est quand à lui né sur l’ile de Sakhaline, située à l’extrême Orient russe au large de la Sibérie. En cas de réussite de la mission, il devait rejoindre la Crimée, territoire annexé par la Russie depuis l’année dernière. Les accords de Minsk, signés au début de l’année, qui prévoient un cessez le feu entre les forces ukrainiennes et les forces séparatistes pro-russes ne sont toujours pas clairement respectés.

Un enchainement d’événements peu optimistes

Le président ukrainien, Petro Porochenko, avait pourtant estimé au début du mois de septembre que ces accords de paix étaient « pour la première fois » respectés dans l’est du pays, dans la région du Donbass. Si cela est vrai pour les affrontements directs entre les deux parties, il ne faut pas se montrer trop optimiste pour autant. Cette tentative d’attentat montre aussi que la guerre ne fait pas uniquement rage sur la ligne de front.

Surtout, cet événement s’est déroulé dans la capitale ukrainienne, déjà l’objet d’une vague de violence la semaine dernière. A l’occasion de l’adoption d’un projet de loi donnant plus d’autonomie à la région séparatiste de l’est, de violents heurts ont éclaté entre forces de l’ordre et adversaires de cette réforme. Les affrontements ont fait deux morts, deux membres de la Garde nationale, et plus de 140 blessés parmi les manifestants nationalistes. Les autorités ukrainiennes doivent donc gérer à la fois la menace séparatiste mais également les membres nationalistes du parti d’extrême-droite Svoboda.

Depuis le début du conflit, en avril 2014, ce sont plus de 6 800 personnes qui sont décédées. Avec ces évènements, le respect du cessez-le-feu évoqué par le président reste donc précaire. Raison pour laquelle le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, se rendra pour la première fois en Ukraine à la fin du mois de septembre. D’ici là les choses pourront avoir le temps de changer. En bien comme en pire.

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