L’Ukraine, au cœur des prochaines discussions franco-allemandes

La question ukrainienne sera au centre des attentions au début du mois d’octobre avec la rencontre à Paris des chefs d’État français, allemand, russe et ukrainien. Cette réunion va notamment permettre de faire le point sur la situation à la ligne de front, qui reste toujours très complexe malgré le cessez-le-feu, en vigueur depuis le début du mois de septembre.

La question ukrainienne sera au centre des attentions au début du mois d’octobre avec la rencontre à Paris des chefs d’État français, allemand, russe et ukrainien. Cette réunion va notamment permettre de faire le point sur la situation à la ligne de front, qui reste toujours très complexe malgré le cessez-le-feu, en vigueur depuis le début du mois de septembre.

Après une précédente rencontre téléphonique, les quatre dirigeants ont décidé de se rencontrer à Paris pour faire le point sur la situation dans l’Est de l’Ukraine, depuis la signature le 1er septembre d’un cessez-le-feu complet entre les autorités ukrainiennes et les indépendantistes pro-russes. Initiée par François Hollande et Angela Merkel, cette réunion pourrait aboutir à des « propositions concrètes » vers le chemin de la paix.

De telles avancées paraissent cependant encore hypothétiques, tant la situation sur le terrain reste complexe. Si effectivement les accords de paix, dits de Minsk 2 conclus le 12 février dernier, sont « globalement respectés », plusieurs décisions pourraient tout remettre en cause. La Russie vient en effet de lancer la construction d’une base militaire de 300 hectares à 25 kilomètres de la frontière avec l’Ukraine. Celle-ci devrait servir à l’entrainement de troupe ainsi qu’à entreposer armes et munitions. Sans doute pas le meilleur moyen de calmer les esprits.

Un bilan de guerre dramatique

Le cessez-le-feu n’est pas synonyme de démilitarisation. Selon le rapport du Haut commissariat des Nations-unies aux droits de l’homme, les violences continuent en raison de l’afflux de militaires étrangers et d’armes russes sur la ligne de front. Cette situation a d’ailleurs poussé la Cour pénale internationale (CPI) a lancé plusieurs enquêtes, avec l’accord de l’Ukraine, sur des crimes de guerre commis depuis février 2014.

Ce rapport a également fait un nouveau bilan du conflit en termes de vies humaines. Au total, ce sont près de 8 000 personnes qui sont décédées et plus de 17 000 qui ont été blessées depuis le début de la guerre en avril 2014. Ceci sans compter les trois millions de personnes qui vivent dans les territoires contrôlés par les indépendantistes pro-russes et qui ont vu leurs situations sanitaires, notamment l’accès à l’eau, et sécuritaires se dégrader terriblement.

Pire, la violence n’est plus seulement limitée à la zone de front. Depuis l’annonce d’un attentat manqué dans la banlieue de Kiev et du déferlement de violence dans la capitale ukrainienne suite aux heurts entre la Garde nationale et les nationalistes, c’est l’ensemble du pays qui est maintenant sous une chape de plomb. La rencontre de Paris abordera donc des défis de taille.

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