Ukraine : quand la société civile prépare le retour vers la paix

Le 22 mai, l’UE a prolongé de six mois les sanctions économiques établies contre la Russie pour son rôle dans le conflit en Ukraine. Décrétées il y a onze mois, ces mesures punitives ont certes affaibli Moscou mais n’ont pas réussi à mettre un terme à l’affrontement qui oppose toujours les séparatistes prorusses à Kiev. Afin de parvenir à une solution, des représentants de la société civile se sont dernièrement réunis avec l’objectif de trouver de nouvelles pistes de réflexion pour renforcer l’action européenne.

Une conférence pour rétablir le dialogue

Cela fait plus d’un an que le conflit qui secoue l’Ukraine a débuté. Bien que le président Porochenko ait évoqué en mars dernier une « désescalade » du conflit, les tensions sont toujours présentes et le bilan est lourd. Plus de 6 400 morts  et pas moins de deux millions de personnes poussées à l’exil.

Si l’UE poursuit son combat pour voir renaître la paix en Ukraine,  Poutine ne semble en rien fléchir sur ses positions, et pour cause. Les contraintes économiques imposées au Kremlin creusent un clivage entre Poutine et les différents chefs européens qui crispe les discussions supposées ramener le calme dans la région.

Cette absence de dialogue a encouragé certains représentants de la société civile européenne, ukrainienne et russe à se réunir le 11 juin dernier lors d’une téléconférence internationale.  Organisée par l’Institut Ukrainien des Stratégies de l’Adaptation et du Développement Global dans trois villes (Braine l’Alleaud en Belgique, Moscou et Kiev), ce rendez-vous avait pour thème « Contexte et perspectives de règlement du conflit dans l'Est de l'Ukraine ».

Étaient conviés à cette conférence de nombreux intellectuels, à l’image d’Alexey Gromyko, Docteur en Sciences politiques et directeur de l'Institut de l'Europe de l'Académie des Sciences de Russie ou encore Miroslav Popovich, Directeur de l'Institut de philosophie de l'Académie des sciences d'Ukraine.

Un événement à la mission importante. Il s’agissait de dépasser tout ce qui avait pu être dit et répété sur le conflit en Ukraine afin de faire place à un discours neuf, qui serait adoubé par un consensus d’experts et qui servirait de modèle à un prochain compromis politique international. Objectif atteint puisque la conférence a permis aux participants d’amorcer un dialogue entre les différentes communautés intellectuelles et de consolider aussi les liens entre les institutions de la société civile de chaque pays représenté.

Une réconciliation toujours envisageable ?

La crise en Ukraine est un sujet qui est devenu prioritaire pour l’Europe et les Etats-Unis. Et si certains mettent en doute aujourd’hui une possible réconciliation entre les différentes parties du conflit, la conférence du mois de juin semble avoir démontré une certaine évolution et une véritable volonté de trouver un accord. Là où d’habitude les intervenants auraient préféré se rejeter la faute, ils ont cette fois tenu à privilégier l’écoute et les échanges constructifs pour sortir des tensions, des efforts qui font espérer une issue au conflit.

Pour l’heure, malgré un « cessez-le-feu » normalement en vigueur sur le territoire ukrainien, les violences continuent sans relâche. Deux soldats ukrainiens ont ainsi perdu la vie il y a quelques jours et six autres ont été blessés dans la zone de Mariinka et Krasnogorivka. Militaires ou civils, les victimes du conflit ukrainiens continuent de faire grossir un bilan macabre déjà trop important.

Le 26 juin, le président américain s’est entretenu par téléphone avec Vladimir Poutine au sujet de l’Ukraine et a demandé une nouvelle fois au dirigeant russe de retirer les "troupes et matériels russes" du sol ukrainien. Le 10 juin, c’était le Pape François qui recevait le chef du Kremlin et qui lui demandait de faire « un effort sincère » pour « réaliser la paix » en Ukraine.

Poutine a beau continuer d’avancer, campé sur des positions à l’égard de l’Ukraine pour l’instant inchangées, il doit supporter chaque jour qui passe davantage de pression provenant de la communauté internationale. Seul l’avenir pourra nous dire si le mouvement pro Kiev réussira à faire flancher le président russe ou s’il ne fera malheureusement que renforcer les convictions d’un homme pour qui le « Seul contre tous » semble être devenu une devise.

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