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Le Club de Mediapart ven. 29 juil. 2016 29/7/2016 Dernière édition

Du 31 janvier au 2 février: Grande Braderie des Gaz de Schiste à Paris

Pendant que beaucoup de politiques réfléchissent, discutent de grands principes, écrivent de brillants articles pour lutter contre l'exploitation des gaz de schiste, les compagnies pétrolières, minières, gazières, elles, se sont donné rendez-vous à partir d'aujourd'hui pour tranquillement échanger des techniques d'extraction, parler rentabilité et se partager les sous-sols prometteurs de France et d'Europe. Cette réunion qui se tient à l'hôtel 4 étoiles Marriot, 70 avenue des Champs-Elysées du 31 janvier au 2 février a été organisée dans le plus grand silence et doit être activement dénoncée.

Site de l'organisateur: http://www.theenergyexchange.co.uk/3/13/articles/212.php?

Il serait grand temps de passer de la réflexion à l'action.

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Tous les commentaires

Bonjour,

Je voudrais souligner certains points ou faire quelques remarques concernant l'exploitation des gaz de schiste, en soulignant qu'il est bon de réagir et de demander un maximum d'explications et d'informations pour que les citoyens puissent prendre leurs responsabilités.

Les avantages sont bien sûr politiques, économiques et financiers:

- Ces perspectives pourraient ainsi couvrir pour de nombreuses années encore les besoins en énergie de l'humanité. Cette activité pourrait aussi participer à réduire la dépendance énergétique de ces nouveaux pays producteurs et contribuer à équilibrer leur balance des paiements. Cela pourrait être le cas de la France et de nombreux autres pays

- Dans les régions concernées, elle permettrait également la création d'emplois.

- Des avantages « moraux et citoyens ». Les habitants des pays industrialisés ont l'habitude d'utiliser des ressources en exploitant et polluant les pays en développement. Il serait donc beaucoup plus moral que ceux qui profitent d'une ressource en subissent aussi les inconvénients.

- Des avantages, certes relatifs, vis-à-vis de l'environnement mondial. Pour chaque kilowattheure (KWh) produit, le gaz dégage moins de dioxyde de carbone (CO2) que le charbon ou le pétrole. Quitte à utiliser des combustibles fossiles, autant utiliser celui qui est le moins mauvais pour le climat. Le gaz est la plus souple des énergies : comme les énergies solaire et éolienne ne sont pas permanentes (nuits, jours sans vent...), une turbine à gaz peut prendre le relais en quelques minutes, contrairement à une centrale nucléaire ou à charbon. De plus, transporter du gaz depuis les quelques pays producteurs consomme de l'énergie, et donc dégage du CO2 ; produire et consommer localement est bien meilleur pour l'environnement.

- Enfin, si les compagnies industrielles commencent (sous la pression) à respecter l'environnement dans certains pays riches, ces mêmes compagnies le négligent totalement dans les pays en développement et dans les États où le libéralisme est roi. Pour le bon équilibre de la planète, et en attendant que les compagnies respectent l'environnement sans y être contraintes et forcées, il est préférable d'exploiter par exemple du gaz de schiste en France (environnement plus ou moins respecté) que dans le delta du Niger (environnement totalement sacrifié).

 

Les inconvénients sont des inconvénients majeurs :

- Du point de vue de l'environnement mondial et de la politique énergétique globale, si l'utilisation du gaz de schiste libère moins de CO2 qu'une centrale à charbon ou à pétrole, elle participe quand même au réchauffement climatique. De plus, le méthane est un puissant gaz à effet de serre. Chaque forage conventionnel de gaz présente un risque de fuite de méthane. Dans le cas d'un forage pour gaz de schiste, le risque est le même ; en outre ce type d'exploitation nécessite des dizaines de milliers de forages...

- L'exploitation des énergies fossiles non conventionnelles correspond à une fuite en avant qui risque fort de repousser encore plus les recherches concernant le changement de « mode de vie » énergétique.

- Le « mitage » des écosystèmes et des paysages. Pour exploiter entièrement une couche horizontale, il est nécessaire de forer un puits tous les 1 à 4 kilomètres. Pour chacun d'entre eux, l'emprise au sol est de plusieurs milliers de mètres carrés pendant la période de forage ; en phase d'exploitation, celle-ci se réduit à plusieurs centaines de mètres carrés.

- Des perturbations-pollutions inévitables ou potentielles des écosystèmes et des aquifères superficiels. Le forage et la fracturation hydraulique exigent la mobilisation d'énormes quantités d'eau – de l'ordre 15 000 m3 par puits – qui devront être prélevées sur les ressources locales ou acheminées par camions-citernes. Au cours du forage, l'eau est injectée dans le puits, en ressort, est débarrassée de ses particules (d'où la nécessité de bassins de décantation), puis est ré-injectée et ainsi de suite. Une partie de l'eau reste dans le sol.

- Cette eau contient, pour les besoins de l'extraction, des additifs parfois très polluants dont la composition est plus ou moins tenue secrète. De plus, au contact des argiles et des marnes noires, elle peut se charger d'éléments potentiellement toxiques emprisonnés dans ces roches, comme le cadmium et l'uranium, qui risquent d'être mobilisés et de remonter en surface avec l'eau. Des analyses en continu seront nécessaires pour surveiller ce phénomène. La dépollution de ces eaux et des boues de décantation sera nécessaire, difficile et coûteuse pour éliminer les additifs et les éventuels métaux lourds. Si le traitement est insuffisant, la contamination du milieu est inévitable.

- Un risque majeur de pollution des aquifères profonds.

Vu le nombre très élevé de forages nécessaires, des accidents industriels et écologiques sont « statistiquement » inévitables, d'autant plus que les compagnies et leurs sous-traitants ont montré par le passé qu'ils étaient peu soucieux de l'environnement quand il s'agissait de faire des économies. Enfin, d'autres techniques de fracturation des roches utilisant d'autres procédés que la fracturation hydraulique sont envisageables (fracturation par du propane liquide, fracturation acoustique par arc électrique...). L'avenir dira si ces techniques peuvent devenir opérationnelles.

 

Donc, nous disons non à l'exploitation du gaz de schiste en France. Cette exploitation ne sera pas faite chez nous si nous avons assez de poids mais dans d'autres pays européens ou autres. Nous acceptons donc d'acheter ce gaz de schiste même un peu plus cher (transport) afin de l'utiliser en France s'il y a pénurie pour nous du gaz traditionnel ou coût devenu trop élevé.

 

Une fois de plus, nous acceptons de dénaturer ou mettre en danger d'autres pays, d'autres vies afin de conserver nos avantages de pays favorisé et riche.

 

Qu'en pensez-vous ?

La logique voudrait que nous nous opposions à l'exploitation des gaz de schiste au niveau mondial (mais de quel droit ? européen ?)  mais au moins que nous nous engagions à boycotter ce gaz de schiste venu d'ailleurs donc accepter de payer beaucoup plus pour le carbone fossile ou accepter de s'en passer.  ????

 

Aux États-Unis, la production est bien engagée et augmente sans cesse. En 2010, elle représentait 14 p. 100 de la production gazière totale de ce pays, contre 1 p. 100 en 2000. Le Canada aussi.

 NB Merci de rectifier si des éléments étaient incorrects.

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