Masse critique vaccinale

Depuis le début de l'épidémie, on entends parler de l'immunité collective, qui lorsqu'elle sera atteinte, nous protégeras toutes et tous. Personne dans les médias, à ma connaissance, ne remet en cause la possibilité d'y arriver, et pourtant... Plus inquiétant encore, un effet collatéral de la vaccination sur la sélection des variants n'est semble t'il jamais évoqué.

Depuis plus d'un an maintenant, on commence à cerner "l'ennemie" de cette "guerre" sans fin. En plus d'être agressif sur les plus fragiles d'entre nous, il est contagieux et passe inaperçue pour une grande part de la population, et nous impose donc ces gestes barrières, rythme nos vies au gré des couvre-feux, confinements, restrictions, et à présent au travers du pass sanitaire, nous impose le choix entre vie monastique ou vaccination, ou bien vaccination ou chômage pour une part importante de la société.

Je ne donnerais pas mon avis sur ma perception de la sûreté de cette vaccination, là n'est pas le fond de mon propos. J'aimerais plutôt m'attarder sur "l'immunité collective" qu'il est sensé nous apporter et dont on nous promet qu'elle nous rendra "notre vie d'avant". Il est souvent cité les maladies de la variole, diphtérie et poliomyélite comme  exemple de ce qu'une vaccination à grande échelle apporte à notre société (en passant, en oubliant que ces vaccins ont eu un minimum de 15 ans d’existence entre leur mise sur le marché et leur obligation. Passons ce point de détail). Pourtant, la diphtérie est une maladie bactérienne (donc non virale), la poliomielite est bien virale elle, mais transmise par voie digestive, seule la variole est bien d'origine virale et transmise par voie aérienne, mais appartiens à la famille de virus à ADN, et non à ARN.

Pourtant, on ne nous cite jamais l'exemple de la grippe, finalement assez proche, si ce n'est de sa gravité, au moins de ses symptômes (surtout lié aux voies respiratoires), son origine (un virus à ARN, d'origine animal), sa propagation (aérienne), sa cible privilégiée (les personnes âgées, immuno-déficiente... liste des co-morbidité assez semblable), sa capacité de mutation rapide, son grand nombre de variants dans la nature, sa forme de saisonnalité etc.

Et le parallèle est intéressant, car nous disposons depuis des années de son vaccin! Aussi, il semble de judicieux d'analyser les conséquences de cette vaccination sur la grippe, pour essayer d'y voir plus clair sur cette fameuse promesse de l'immunité collective qui nous libérera du joue de la tyrannie...virale!

Bien que la grippe fasse chaque année ses victimes (sauf en 2020, probablement aussi en 2021, la loi de concurrence existe aussi pour les virus. A moins que ces morts la n'aient été attribué au coronavirus, question de mode du moment. Passons encore ce point) la vaccination n'a jamais été rendu obligatoire, seulement recommandé et encore, seulement au public ciblé par la maladie. Peut-être ne fait il pas assez de mort chaque année pour affoler les citoyens et donc les politiques qui pourraient l'imposer à toute ou partie de la population, ou bien cette apparente bonne idée pourrait ne pas en être une. La suite n'est qu'une hypothèse de ma part, et je ne suis ni virologue, ni toubib, la santé n'est pas mon métier, et je n’écrit qu'en mon nom propre, je suis juste curieux et tente de m'instruire, de comprendre les études à ma disposition,leur cohérence (ou non) avec les politiques publiques et sanitaires adoptées, de cerner et différencier les corrélations, les causalités, les conséquences... Il faut bien s'occuper quand on est coincé de longs mois à la maison! (fin des disclaimer).

Si donc nous voulions éradiquer la grippe, on penserait évident d'imposer la vaccination. Hors, le virus de la grippe n'est pas un mais multiple. Avec HxNy (les fameux H1N1, H5N1 etc), x variant de 1 à 18 et y de 1 à 11, et de nombreux sous-types (en tant que virus à ARN, ces souches ont la capacité de muter facilement, certains mutant s'éteignent s'ils n'apportent pas d'avantage au virus, d'autres deviennent dominant s'ils permettent une meilleur diffusion), c'est autant de variants que de combinaisons possible. Le vaccin est donc, chaque année, adapté aux familles que les virologue estiment les plus probable de traverser le pays, et préparé pour combattre les derniers variants connus de cette famille. Ce n'est pas que les autres variations disparaissent et ré-apparaissent, c'est seulement qu'elle circulent discrètement, le plus gros des contaminations se faisant avec une souche qui domine, et occupe la place que les autres souches ne peuvent donc prendre. Ainsi donc, en ayant aidé le système immunitaire de notre population la plus fragile, on espère protéger le plus grand nombre, ce virus étant assez bénins pour le plus gros de la population. A noter deux choses: D'une part, parfois la souche qui domine n'est pas celle attendu, ce qui explique en partie une moindre efficacité apparente du vaccin ces années là. D'autres part, le fait que la population non vaccinée et à peu de risque rencontre le virus chaque année peut probablement "entraîner" le système immunitaire de ces gens et maintenir un bon niveau de résilience sans vaccination annuelle. Ainsi H1N1 de 2009 semble avoir été plus virulent chez les jeunes adultes que chez une population plus âgée, possiblement du fait que cette population plus âgée a pu rencontrer une souche proche des décennie avant.

Revenons à notre idée géniale pour éradiquer la grippe. Que ce passerait il si la vaccination était imposée à toute la population, comme est proposé (ou imposé, question de point de vu) pour le covid-19? Les virologues prépareraient le bon vaccin, celui qui a le plus de chance de préparer nos défenses à la souche dominante au bon moment, les vaccins seraient injectés, toute la population protégée contre cette souche. D'un coup, la place qu'elle "devait" occuper se trouverait libre, laissant la place à une autre souche, qui rapidement deviendrait dominante. Si le plus gros de la population s'en sortirais sans trop de dommage comme elle le fait sans vaccin, les populations plus fragiles, elles, n'auraient aucune protection assurée par le vaccin, puisque celui-ci ne viserait plus la nouvelle souche dominante.

C'est ainsi que l’apparente bonne idée pourrait se révélée catastrophique pour la population plus fragile. En espérant stopper les contaminations par l'immunité collective, la bonne idée n'aurait fait que sélectionner le variant pour lequel nous n'avions pas de vaccin.

Si l'idée géniale ne l'est pas tant que ça, c'est peut être qu'il faut inclure TOUTES le souches possible au vaccin.  A supposer que cela soit possible (si ça l'était, je pense que c'est ce qui serait fait chaque année, à moins qu'il y est un danger à injecter cela à certains? A creuser), il est peu probable que son efficacité soit telle que le virus soit immédiatement stoppé, sur tout ces variants existants. Hors, comme l'une des force des virus à ARN est sa capacité à muter, il est possible, sinon probable, que nous nous retrouvions rapidement avec de nouveaux variants, inconnus ceux-là, qui prendraient la place de ceux dont on se serait débarrassé et que pourtant nous connaissions suffisamment pour préparer les vaccins pour les plus sensibles. Dans ce scénario, combien de temps avant que la nouvelle épidémie, de divers variants de diverses gravités, développant de nouvelles stratégie, ne provoque l'hécatombe que nous évitions auparavant en ne vaccinant que la frange la moins apte à résister?

Il me semble donc que la bonne idée n'en soit finalement pas une. Peut-être je me trompe, mais alors pourquoi n'est elle pas appliquée? Et si j'ai (un peu, juste un peu) raison, ou tout du moins pas tout à fait tord, y'a t'il une explication justifiant que par contre, contre le covid, c'est l'idée du siècle?

En supplément gratuit, parce que vous m'êtes sympathique: A partir de quelle masse critique de vacciné a t'on un risque de sélectionner, justement, le variant immonde, le méchant pas beau, celui qui contourne sans honte, sans peur et sans reproche notre beau vaccin? (bon Ok, la fin de ce post est à revoir. Pour ma défense, il est 1h30...)

Voila en quoi je trouve ce parallèle intéressant, entre grippe et covid. Encore une fois, ce n'est qu'une réflexion de quelqu'un qui n'est pas du secteur ni de la recherche, ni de la médecine, je n'ai aucune autorité quelconque dans ce domaine. Mais je ne trouve aucune réflexion sur cette fameuse immunité collective tant vantée, comme si sa simple possibilité était évidente, non questionnable. Alors, bein naïvement, je pose là ma réflexion, et espère avoir des réponses, des pistes, des études, de nouvelles reflexions. Juste, pas de injures....

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