Tribune 6 déc. 2022

S’engager sur une nouvelle trajectoire énergétique

Alors que le projet de loi visant à accélérer la production d’énergies renouvelables (ENR) est examiné à l’Assemblée nationale, force est de constater que ce projet manque d’une véritable vision et ne fixe aucun objectif concret. L'ensemble des parlementaires du Groupe Écologiste à l'Assemblée Nationale appelle à être enfin à la hauteur des enjeux ! « Pour changer de modèle, il faut changer de vision. Il faut accepter de sortir de la gestion de crises permanente, de la recherche du rendement immédiat pour aller vers plus d’anticipation. »

Avec l’hiver revient l’inquiétude des factures énergétiques. Les Français et les Françaises ont toutes les raisons d’être inquiets. En 2021, ils étaient déjà 69% à limiter leur utilisation du chauffage pour des raisons financières et 2022 s’annonce être l’année de tous les records en termes de coûts énergétiques. Cette crise n’est qu’un début, mais nous avons encore le temps et la possibilité de nous engager collectivement sur une nouvelle trajectoire.

Nous devons sortir de nos dépendances désastreuses au gaz russe ou à l'uranium du Kazakhstan. Nous ne pouvons plus dépendre de dictatures qui bafouent les droits humains et d'énergies qui mettent en péril nos conditions de vie sur Terre. Il est plus que temps de faire le choix des énergies renouvelables, qui, couplées à une lutte efficace contre le gaspillage énergétique, nous permettent de bien vivre sans tout détruire autour de nous. Cette semaine débute à l’Assemblée nationale l’examen du projet de loi sur les énergies renouvelables (ENR). Cette loi pourrait être une formidable opportunité, mais pour ça, il faut courage et ambition.

Oui, la France peut être indépendante et protégée de la fluctuation des prix, grâce à une énergie produite à 100 % sur nos territoires. Une énergie multiple et variée qui propose des solutions énergétiques adaptées aux spécificités de chaque territoire : solaire, éolien, géothermie, hydraulique... Une énergie innovante qui s’appuie sur de nouvelles perspectives : bio-énergies, marémotrice, houlomotrice, osmotique, ... Une énergie efficace et sûre. Une énergie renouvelable, respectueuse des ressources de notre planète. Une énergie aux coûts maîtrisés, deux fois moins chère que le nucléaire.

Faire le choix du 100% ENR, c’est faire le choix du bon sens

Force est de constater que ce projet de loi manque d’une véritable vision en matière de politique énergétique et ne fixe aucun objectif concret.

Alors même que l’inaction du gouvernement nous fait risquer une condamnation et une amende record de 500 millions d’euros, nous sommes toujours le seul pays européen à ne pas tenir nos objectifs en matière d’ENR. Les écologistes travaillent ardemment pour faire de ce projet de loi, un texte ambitieux, à la hauteur des enjeux et qui marque enfin le début d’une nouvelle ère énergétique.

Mais pour changer de modèle, il faut changer de vision. Il faut accepter de sortir de la gestion de crises permanente, de la recherche du rendement immédiat pour aller vers plus d’anticipation. Ça ne s'improvise pas. Grâce à leur persévérance, les parlementaires écologistes ont contribué à intégrer un volet planification au projet de loi. Si c’est une victoire importante, nous ne pouvons pas nous arrêter là.

Nous devons également changer notre façon de produire, de distribuer et de consommer. Pour être plus clairs, nous ne pouvons pas développer les énergies renouvelables comme nous avons développé le nucléaire : une production massive, centralisée et identique pour tout le pays.

Les ENR demandent une réflexion collective et un travail en commun avec les collectivités, les acteurs locaux et la population. C’est cette vision ambitieuse de développement des énergies renouvelables que les écologistes défendront à l’Assemblée nationale :

- un développement accéléré et planifié de toutes les énergies renouvelables, en priorité sur les zones déjà artificialisées et le bâti existant (bâtiments publics, privés, logements sociaux, parkings, ...).

- une meilleure concertation et un rôle renforcé pour les communautés locales d’énergie avec les citoyens, les entreprises et les collectivités.

- une plus grande ouverture et écoute grâce à la mise en place de médiateurs afin de privilégier la discussion plutôt que la judiciarisation des désaccords.

- le développement de filières économiques locales et nationales pour favoriser les ENR made in France et la création d’emplois, comme ont su le faire de nombreux pays européens.

Les écologistes sont, comme toujours, vigilants à trouver le bon équilibre entre le développement des ENR et le respect des écosystèmes et du vivant. Nous disons aux greenwashers en série qui érigent les ENR en ennemi mais défendent Amazon, les extensions d’aéroports ou les pesticides : vous êtes responsables de l’effondrement actuel.

Il nous faut collectivement sortir de cette vision rétrograde et limitée. Il nous faut sortir du modèle économique qui considère les espaces naturels comme étant à disposition et qui perçoit toute alternative au système productiviste comme une menace.

Soyons enfin à la hauteur des enjeu.

Ce projet de loi peut marquer le début d’une véritable transition énergétique et climatique. Mais soyons lucides, le combat à mener est et sera intense, semé d'embûches et de faux semblants. Si un texte peut amorcer un changement, il ne suffit pas. C’est ensemble que nous mettrons en place les solutions concrètes, sérieuses et qui changent la vie.

Ensemble nous pouvons enfin être à la hauteur des enjeux écologiques, géopolitiques et économiques.

Signataires :

Cyrielle Chatelain, Présidente du groupe Les Ecologiste à l’Assemblée nationale
Guillaume Gontard, Président du groupe Ecologiste - Solidarité et Territoires au Sénat
Charles Fournier, Vice-Président du groupe Les Ecologiste à l’Assemblée nationale
Lisa Belluco, Députée Écologiste de la Vienne
Ronan Dantec, Sénateur de Loire Atlantique
Daniel Salmon, Sénateur d’Ille et Vilaine
Christine Arrighi, Députée Écologiste de Haute-Garonne
Julien Bayou, Député Écologiste de Paris
Guy Benarroche, Sénateur des Bouches du Rhône
Karim Ben Cheïkh, Député Écologiste des Français établis hors de France
Thomas Dosssus, Sénateur du Rhône
Marie-Charlotte Garin, Députée Écologiste du Rhône
Jérémie Iordanoff, Député Ecologiste de l’Isère
Hubert Julien-Laferrière, Député Écologiste du Rhône
Joël Labbé, Sénateur du Morbihan
Monique de Marco, Sénatrice de Gironde
Julie Laernoes, Députée Écologiste de Loire-Atlantique
Benjamin Lucas, Député Écologiste des Yvelines
Paul-Toussaint Parigi, Sénateur de Haute-Corse
Francesca Pasquini, Députée Écologiste des Hauts-de-Seine
Marie Pochon, Députée Écologiste de la Drôme
Raymonde Poncet, Sénatrice du Rhône
Sébastien Peytavie, Député Écologiste de Dordogne
Jean Claude Raux, Député Écologiste de Loire-Atlantique
Sandra Regol, Vice-Présidente du groupe Les Ecologiste à l’Assemblée nationale
Aurélien Taché, Trésorier du Groupe Ecologiste à l’Assemblée nationale
Sophie Taillé Polian, Vice-Présidente du groupe Les Ecologiste à l’Assemblée nationale
Nicolas Thierry, Député Écologiste de Gironde
Sandrine Rousseau, Députée Écologiste de Paris
Eva Sas, Porte Parole du groupe Les Ecologiste à l’Assemblée Nationale
Sabrina Sebaihi, Porte Parole du groupe Les Ecologiste à l’Assemblée Nationale
Mélanie Vogel, Sénatrice des Français établis hors de France