Madame Angot, vous n’avez pas écouté Ginette Kolinka

« L’esclavage, c’était exactement le contraire ! » Vos mots font partie désormais de ceux qui ajoutent du malheur au monde.

esclavage

« Avec cette concurrence des mémoires, cette chose, il ne faut pas de concurrence, tout le monde a souffert et les souffrances sont toutes à égalité, à force de vouloir indifférencier les uns et les autres et bien ça conduit à l’indifférence de ce qu’a vécu un groupe de personnes ou une personne en particulier. On l’a rappelé par exemple, tout à l’heure avec Ginette Kolinka, en parlant de camp de concentration ou de camp d’extermination ; le but avec les Juifs, pendant la guerre, ça a bien été de les exterminer, c’est-à-dire de les tuer. Et ça introduit par exemple une différence fondamentale, alors qu’on veut confondre, avec par exemple l’esclavage, l’esclavage des noirs envoyés aux Etats-Unis etc., ou ailleurs. C’était exactement le contraire. L’idée c’était qu’ils soient en pleine forme, en bonne santé pour qu’ils soient commercialisables. Non ce n’est pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, non ce n’est pas vrai que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes. Et c’est bien pour ça qu’on doit être attentif, chaque fois, au détail, à la particularité, et le roman (de FOG) permet ça. » Christine Angot, dans ONPC, samedi soir.

Quand j’ai publié mon billet précédent je n’avais regardé que le témoignage bouleversant de Madame Kolinka. Ses mots continuent à résonner en moi, de jour comme de nuit. Parce que ses mots si précis, sont des images.

Je viens de visionner la suite de l'émission et je vous ai entendu dire ces mots que j'ai retranscrit là-haut et je me dis que non, vous n’avez pas écouté ce qu’a dit Ginette Kolinka. Sinon vous n’auriez pas pu dire ça, juste après.

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