La misère est aussi pénible au soleil

Dans la rue on meurt aussi l’été. Peut-être même plus en été qu’en hiver. Parce qu’en hiver il existe plus d’aides pour les personnes sans domicile et ceux dont c’est le métier de s’inquiéter d’eux sont moins en vacances.

 © Espoir Colmar © Espoir Colmar

En fait ils sont des milliers à mourir chaque année. « Morts dans la rue » comptabilisent les personnes qui sont portées à leur connaissance. Il y a des personnes sans domicile qui meurent à l’hôpital.

Dans la rue on meurt très jeune. En moyenne à 45 ans contre 80 ans pour la population globale.

Un quart des personnes vivant à la rue, sont des Anciens de l’aide à l’enfance peut-on lire dans l'article des DNA.

En lisant l'article ce matin, j'ai pensé que ce sont eux aussi qui finiront, pour beaucoup, et parfois ça commence jeune, dans des unités réservées aux personnes lourdement handicapées parce qu’elles ne sont pas en mesure de se prendre en charge toutes seules, parce que trop fatiguées par la vie trop dure qu’elles ont dû mener.

Ces jours-ci, j’ai rendu visite à quelqu’un dans un lieu comme celui-là. Même si la prise en charge est optimisée, que les équipes de soins sont au top, je me suis dit que c’est profondément injuste pour ceux qui sont simplement marqués et épuisés, de vivre dans un tel environnement. La lourde peine infligée aux pauvres, du début de leur vie jusqu’à la fin, à ceux qui sont « mal nés ». C’est un sujet délicat à traiter. Le handicap moteur ou cérébral est bien pris en compte dans notre société par rapport au handicap dit social, parent pauvre du secteur. Au cours de ma visite, j’ai croisé plusieurs personnes que j’avais déjà rencontrées à Espoir, à Colmar, à l’association fondée par Bernard Rodenstein, il y a plus de 40 ans. Grâce à lui, ces personnes étaient actives et avaient leur logement. Et surtout, elles avaient enfin trouvé leur place.

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