Être humain, et le rester

Notre humanité, c’est notre dignité.

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Il y a ceux qui ont applaudi quand le tireur a été abattu hier soir à 21h à Strasbourg, et on ne leur jette pas la pierre. Ils ont eu peur, pour eux et tremblé pour les leurs pendant deux jours entiers. Nous avions tous peur. Et puis les victimes sont là pour témoigner du manque d’humanité du tueur. Sans doute comme pour les autres qui commettent ces actes, lui était mort à l’intérieur depuis longtemps. Et puis il y a ce père d’une victime qui a dit que lui ne veut pas haïr, qu’il se refuse à la haine, qu’il cherche de l’amour au plus profond de son être parce qu’il sait que c’est ce que veut son fils. Merci.

Le tueur est mort, il ne répondra pas de ses actes et les victimes et leurs proches resteront, comme souvent, sans réponse à leur questions. Y a-t-il quelque chose à comprendre quand un homme sort de chez lui avec un pistolet, qu’il voit une famille au marché de Noël, un père qui porte son petit dans ses bras, qu’il interpelle l’homme qui se retourne et qu’il lui tire une balle en pleine tête ? Qu’il tire dans la tête des autres qu’il ne connaît pas plus que le premier, en choisissant ses cibles, un Thaïlandais, un Italien, un Franco Afghan ? Pour toucher le Monde ? Le ministre de l’Intérieur français a dit à l’Assemblée et je cite : « Dès l’âge de dix ans il avait un comportement qui relevait déjà du pénal... ». On a sursauté bien sûr, parce que c’est pousser le bouchon bien (trop) loin, mais voilà il y a  tous ces morts et les blessés et leurs familles...

Il a des parents, une famille. Peut-être sont-ils dans la peine ? Peut-être qu’ils se sentent responsables de ce qui est arrivé ? Double peine. Et nous on se dit que c’est leur problème, pas le nôtre, même si on sait que ça l’est quand même. Ils sont 40 à Strasbourg nous dit l’Obs qui ne se gêne pas en titrant Strasbourg, terre de djihad. Ils veulent mettre le feu ? A quoi ? La seule question est de se demander encore et encore, mais qu’avons-nous raté ou mal fait ?

Le tueur est mort. Quoiqu’on en dise c’est un homme qui est mort. Notre devoir d’humain, c’est de considérer qu’un homme, quels que soient ses méfaits, reste un homme. Cela nous ne voulons, nous ne devons jamais l’oublier. Être humain, c’est donné à chacun. Le rester est plus difficile.

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