Qui veut la peau de Macron ?

Ils sont si nombreux qu’il serait plus simple de demander qui ne la veut pas.

J’ai tapé « Qui veut la peau de Macron » dans le moteur de recherche et je suis tombée sur des articles de presse qui datent de 2016. Celui-là par exemple, publié dans l’hebdomadaire suisse LE TEMPS. En période électorale, le jour des scrutins, ce sont toujours les Suisses ou les Belges qui nous renseignent le mieux. Le reste du temps, ils arrivent aussi qu’ils nous en disent plus que nos propres media. Et j’ai lu ceci qui avec le recul et ce qu’on sait aujourd’hui, en dit long sur qui manipule en coulisse, le feuilleton de l’été et l’acharnement des sénateurs de droite prêts à creuser jusqu’au sang... Comment ne pas se dire que l’ancien président, mis en examen pour de nombreux méfaits, et ses potes qui ont beaucoup à perdre, tiennent le premier rôle quand l’eau sale monte du caniveau ?

On le sait la Macronie c’est de la cohabitation choisie, par le président. Pour l’économie, Macron a fait le pari de jouer dans la cour des Banques et du Medef ; pour agir et faire pression de l’intérieur ? On a le droit de rêver. Même  quand on est président ?  

 Pour la sécurité, la sienne et aussi la nôtre, et aussi/surtout pour nos libertés à tous, il ne s’agit certainement pas de tenter le diable. Je ne sais pas ce que vaudrait Castaner comme ministre de l’Intérieur, je me dis juste que ça ne pourrait pas être pire qu’avec Collomb, et de toute évidence ce serait mille fois mieux que l’ami d’enfance de l’énervé de droite.

On sera fixé bientôt. Ou pas.

Alors qui ne veut pas la peau de Macron ?

Moi par exemple, parce que la gauche, la vraie, celle que j’appelle de mes vœux,  n’est pas du tout prête à prendre le relais. Hidalgo marque un gros coup en disant qu’il faut ouvrir les mairies à ceux qui dorment dehors. Et Besancenot a dit, enfin, ce qu’il y avait à dire sur l’accueil des migrants. Merci à eux.  Ça ne suffira pas. Ce que font Herrou et bien d’autres partout en France, non plus.  Je ne suis même pas sûre que nous soyons prêts à nous mobiliser par milliers, contre le racisme qui monte, comme l’ont démontré les Allemands ce week-end.

La violence frappe à tous les étages, le cynisme aussi. La violence et le cynisme n’ont jamais fait une politique. La violence et le cynisme font des victimes. Et lorsqu’il y a des victimes, il y a des coupables. Et depuis longtemps plus personne n’a l’excuse de prétendre qu’il ne savait pas.

« Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C'est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l'expulser. » Françoise Giroud 

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