L’hommage citoyen à Strasbourg, en France

« Nous devons être solidaires de toutes les souffrances du monde. C’est ça le message d’aujourd’hui. C’est l’ouverture à l’autre. L’autre de manière inconditionnelle. Pas seulement à Strasbourg, place Kléber, mais il faut qu’aujourd’hui la place Kléber, soit le centre du monde et qu’on soit sensible à tout ce qui se passe ailleurs. » Georges Yoram Federmann psychiatre à Strasbourg

lhommage

C’était ce matin, sur France 3 ALSACE.

Revivez notre émission spéciale en direct depuis la cérémonie hommage à Strasbourg © France 3 Grand Est

Georges Yoram Federmann

A partir de 5’56

« Ce genre de rassemblement touche les personnes qui n’ont pas été les victimes directes. C’est une manière de maîtriser un réel insupportable. L’attentat, tel qu’on l’a subi, fait irruption d’un manière inattendue dans notre réalité. Et ça va bouleverser les témoins, principalement. Pour les victimes -on en parlera tout à l’heure- il y a un effet irréparable et il faudra assurer l’accompagnement des victimes pour toujours ». (...)

FR3 Les gens se regroupent-elles aussi pour dire qu’ensemble elles ont moins peur ?

GYF Ce mouvement de solidarité malgré son essence laïque, a une dimension religieuse. L’attentat de mon point de vue reconvoque le religieux dans notre société.

A partir de 29’16

FR3 On sent beaucoup d’émotion dans le public, chez les artistes...

GYF « Ce que touche l’art dans le cœur de chacun d’entre nous, de mon point de vue, de manière universelle. Roland Ries [maire de Strasbourg] a rappelé qu’on défndait des valeurs auxquelles il fallait être attaché. Ça renvoie à tous es lieux dans le monde où de tels malheurs arrivent. Nous devons être solidaires de toutes les souffrances du monde. C’est ça le message d’aujourd’hui. C’est l’ouverture à l’autre. L’autre de manière inconditionnelle. Pas seulement à Strasbourg, place Kléber, mais il faut qu’aujourd’hui la place Kléber, soit le centre du monde et qu’on soit sensible à tout ce qui se passe ailleurs. » 

(à partir de 1h07’) GYF « J’ai une remarque à propos de ce qu’a dit Sophia [la petite fille qui a lu un texte 47’10] qui a dit entre autre, qu’elle aimerait que les méchants deviennent gentils et que les gentils restent gentils]. Elle s’est adressée à la frange islamique de la population, et ça je trouve que c’est excessif. En l’occurrence, l’immense majorité, 99,99% de nos concitoyens musulmans sont éduqués. Il ne faut pas essentialiser et stigmatiser une part d’entre nous. (...) Par ailleurs on a fait la liste des victimes. Moi je pense que d’un point de vue psychologique, nous sommes tous en deuil aujourd’hui. Les familles et les proches de victimes, mais il ne faut pas exclure la famille et les proches du bourreau. Pour nos enfants ; Si nous faisons la différenciation nos enfants vont penser que les bourreaux font partie d’un autre monde. Or, ce qui se passe aujourd’hui, le fait de tuer, d’être dans une position de transgression de la loi, ça peut arriver à nous tous. E en Alsace on est quand même bien placé pour avoir vécu avec les « Malgré nous » (les soldats français, incorporés de force par et dans l’armée nazie GTK). Nous avons des traumatisés sou s la main qui sont en train de tous mourir. Nous avons fait l’expérience de ce traumatisme et il faut que ça nous soit un enseignement. Donc il faut parler aux enfants, des victimes, des bourreaux, parce qu’ils font tous partie d’une même humanité. »

En conclusion  FR3 « Ce sont les Strasbourgeois qui se sont rassurés ce matin ? »

GYF « Je crois. Mais  cela nous impose une responsabilité. On ne peut pas faire cette cérémonie sans effets. Ça n’est pas possible. Ça nous impose de rester, de manière perpétuelle, c’est mon voeu, dans le sens de l’accueil, de la tolérance et dans le sens du pardon. Après treize ans je n’ai pas été indemnisé, mais j’ai pardonné. »

L'image vient de là

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.