« Un conte de fée politique »

J’ai regardé LES SAUVAGES. La série, le film, de Rebecca Zlotowski. Avec Roschdy Zem dans le rôle du Président de la République française.

LES SAUVAGES LES SAUVAGES

« C’est une histoire romanesque, presqu’un conte de fée politique » a dit Sabri Louata, l’auteur du livre qui a inspiré le film.

« Il n’y avait pas de place pour nous dans les lycées. Nos parents étaient tous convoqués pour s’entendre dire qu’un CAP était bien, qu’en trois ans, on aurait un métier. Pour les enfants d’immigrés, c’était la voie à suivre, quels que soient les résultats. Et pourtant je vivais dans une ville communiste, pas d’extrême droite. Mais il existait un véritable nettoyage. Je ne m’en suis pas mal sorti mais ce système, qui aurait dû m’aider, m’a écrasé. A l’heure du lycée, je me suis trouvé écarté. J’avais la moyenne pourtant, et des facilités. Mais un jour on m’a dit qu’il n’y a pas de place pour moi. J’avais 17 ans et j’ai passé trois mois avec ma mère, à courir les établissements où toutes les portes se fermaient. J’ai ressenti une grande panique. (…) Oui on m’a éjecté. Comme bien d’autres. Et aujourd’hui encore, ça me met hors de moi. Je retourne parfois dans mon quartier et ça me bouleverse. On évoque beaucoup la violence dans les cités, et j’en ai souvent parlé avec mes enfants, à l’occasion de la sortie des Misérables. Mais il y a une violence dont on ne parle pas : la vacuité à laquelle les jeunes sont de plus en plus confrontés, la résignation qui est la leur, le vide dans leur regard qui dit « Pour nous, c’est mort ! » Plutôt que le volonté de tout casser, plutôt que la violence physique qui est rare, c’est cette résignation qui m’effraie. » Roschy Zem, dans une interview à Télérama (A l’écran, je suis passé de dealer à président).

Ce vide dans le regard on le voit dans le film et on mesure toutes les conséquences de ce vide. Effroyables conséquences. Dans le film on voit aussi le mépris de la gauche, toute la gauche pour nos concitoyens dont les ascendants sont venus trimer pour remettre notre pays debout. C’est aussi pour ça que l’auteur du livre a raison quand il parle de conte politique. Un président qui aurait des origines maghrébine, c’est pas pour demain. Un ancien premier ministre qui se croyait de gauche et qui l’a définitivement gâchée, était issu de l’immigration comme on dit (et peut-être même qu’il avait été choisi par le PS pour ça)... Il n’avait pas de courage politique. Il n’a rien laissé. Mais lui, avait la bonne couleur de peau et aussi les bons réseaux.

Il est bien tard pour réparer tout le mal que nous avons fait et laissé faire, l’Education nationale, les professeurs (dont on pensait qu’ils étaient majoritairement de gauche…), les patrons, les décideurs, les politiques etc. Dans l’article de Télérama, Roschdy Zem dit : « Macron ? J’ai vu un type éloquent, instruit. J’ai pensé qu’il mettrait l’accent sur l’éducation et la culture, et on voit bien que c’est le dernier de ses soucis. »

On nous a rapporté que le PR a été ému par les Misérables. Il a peut-être aussi regardé Les sauvages. Le président Chaouch (Zem) donne des pistes à la fin du film. Il nous fait rêver, de plus de de liberté, de plus d’égalité et de plus de fraternité, pour tous. GTK

LES SAUVAGES

Avec Roschy Zem et tous les autres…

Bande annonce

Les Sauvages - Bande-annonce (90s) © CANAL+

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