Nous ne sommes pas en guerre

mais ça y ressemble...

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Il y a ceux qui applaudissent les soignants chaque soir à 20h. Dans ma commune les applaudissements sont couverts par la musique de l’hymne de la petite ville, diffusée en parallèle… Pour que personne ne les oublie, ceux qui sont en première ligne, au front et en grand danger d’être contaminés, non pas par l’extérieur, comme l’a dit le ministre, mais bien évidemment par les patients dont ils ont la charge. Et dans les hôpitaux, grâce à l’incurie et à l’impréparation de nos gouvernants passés et présents, les soignants dans les hôpitaux, dans les Ephad à l’hôpital psychiatrique et dans les cabinets médicaux manquent des outils indispensables et basiques pour se protéger.

Il y a ceux qui applaudissent, et il y a ceux, les immondes, qui montrent du doigt les soignants, sur les parkings et dans les immeubles et qui leur demandent d’aller voir ailleurs, de déménager… On leur colle des petits mots sur leurs portes ou sur leurs boites aux lettres ou sur leurs voitures…

On ne doute pas une seconde qu’il y en a aussi, nombreux, qui signalent à la police ceux qui sortent de chez eux pour rien, voire pour quelque chose s’ils sortent trop souvent…

C’est sûr, nous ne sommes pas en guerre, mais ça y ressemble. Les généraux, pardon les scientifiques se contredisent, et les politiques sont perdus. Et pendant ce temps long, si long, les civils, pardon, les citoyens meurent, par centaines

Ils meurent à cause d’un virus qui est aussi contagieux que la haine…

Mais c’est sûr, personne ne cherchera de vaccin contre la haine et la connerie. D’ailleurs ce n’est pas la peine. L’antidote existe dans notre République. Il s’appelle la fraternité… Du lourd, du très lourd. Qui fonctionne déjà.

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