Pauvres gosses de riches

Chez les pauvres c’est quand même plus marrant… Chez les riches, il faut obéir. Tout le temps. Aux parents, aux grands-parents, à la dynastie. Il faut faire bonne figure. Rester dans le rang. Se plier aux règles. Obéir. Tout le temps. Et en plus on est haï juste parce qu’on est riche.

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C’est après avoir lu le premier jet du Crépuscule de M Branco que je me suis fait cette réflexion. Dur dur d’être fils ou fille de riche… L’entre soi, l’obligation de réussir, le moule de riche dans lequel il faut se couler, l’avenir presque tracé, les contrats à remplir… C’est épuisant… Et comme si ça ne suffisait pas, ils sont détestés voire haïs par les jaloux de pauvres… Et les parents qui doivent jubiler, en leur montrant les Gilets jaunes à la télé, tu vois, je te l’avais bien dit. Arrête tes bêtises et rentre dans le rang, nous ne sommes pas du même monde… L’auteur du livre en était, de leur monde. Je ne sais pas ce qui lui a pris d’en sortir, je ne connais pas sa vie. Je me suis dit qu’il devait bien le connaître, voire l’aimer bien (ou pas) le Attal sur lequel il vomit tant. On ne tape si fort que lorsqu’on est concerné perso.  

Pauvres gosses de riches. L’argent ne rend même pas libre, bien au contraire. Et un nom connu non plus. Il exige tellement d’obligations. Il faut se conduire bien, ne pas faire tache, rien qui dépasse. Dans le rang. On ne choisit rien, même pas ses amours disait déjà Cloclo. On subit.

J’avais trouvé énorme l’histoire des ces riches, enfermés dans leur château pendant des années, qui se sont fait avoir pas un conseiller véreux qui leur a tout pris en leur faisant croire qu’ils sont en danger. En lisant le pamphlet de M Branco, j’ai compris comment ce fut possible. La peur de l’autre, de tous ces autres, tellement autres, qui sont dehors, en liberté…

Gamins de riches rebellez-vous. Obligez vos parents à vous inscrire dans les écoles de votre choix, quittez votre monde, mélangez-vous aux gens du peuple, la vie est belle vous verrez. Sur la photo c'est du lilas, une fleur du printemps. Qui sent bon. On en trouve à tous les coins de rue...

Allez à la manif du 1er mai pour vous faire une idée à quoi peut ressembler la liberté, l’égalité et la fraternité. Je sais vous avez peur. Qu’on vous reconnaisse, voire qu’on vous fasse la peau. Finkie s’était risqué à sortir, pour voir de plus près, la suite on la connaît. Mais vous qui êtes encore jeunes et peu connus, faites l’expérience. Les manifs, une bonne occasion de se faire des potes. Vous n’êtes pas obligés de dire tout de suite comment vous vous appelez… Dans les manifs on ne demande pas leur nom aux gens. On marche tous, librement, fraternellement, vers l’égalité. Une manif c’est génial. Bon c’est vrai que depuis quelques mois c’est un peu dangereux, depuis que le pouvoir en place a peur du peuple, peur de perdre ses privilèges.

Il paraît que pour mercredi, outre les policiers à moto qui peuvent courser les manifestants, il y a aura aussi des chiens… démuselés*… Quand on est jeune, on sait courir et on aime frissonner, non ? Faites attention quand même… Fraternellement...

* rajouté à 16h30 La Préfecture de Paris précise que les chiens peuvent être démuselés dans le cadre de la légitime défense.

On ne choisit pas de naître riche tout comme on ne choisit pas de naître pauvre. Nous sommes tous égaux... La preuve.

Maxime Le Forestier Né Quelque Part 1988 © Fa Di

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