Le Référendum pour les animaux, un combat pour le bien-être animal à s’approprier

Lancé le 2 juillet 2020, le Référendum pour les animaux vise à soumettre au référendum une proposition de loi pour le bien-être animal.

« Meat eating flesh eating think about it
So callous to this crime we commit
Always stuffing our face with no sympathy
What a selfish, hardened society so
No More »

Youth of Today – No More

 

Le Référendum pour les animaux fédère des personnes et des organisations d’horizons pour le moins très divers (du syndicaliste CGT au député LREM…) autour de la question du bien-être animal, avec six ambitions, six objectifs très concrets :

1. L’interdiction de lélevage en cage.

2. L’interdiction des élevages à fourrure.

3. La fin l’élevage intensif.

4. L’interdiction de la chasse à courre, du déterrage et des chasses dites traditionnelles.

5. L’interdiction des spectacles avec animaux sauvages.

6. La fin de l’expérimentation animale.

Au premier abord, ces objectifs peuvent paraître insuffisants, quand on se place dans un combat plus global et ambitieux pour la libération animale. Il n’en reste pas moins que ce mouvement est un premier pas très encourageant par l’écho qu’il rencontre, les débats qu’il suscite et qui permettent de visibiliser ces questions, souvent caricaturées ou méprisées. Et puis, si les objectifs sont atteints, pourquoi devrait-on les bouder ?

Les premières enquêtes réalisées autour de cette initiative apportent des éléments intéressants. Selon un sondage réalisé les 15 et 16 juillet 2020 par l’Ifop, 73 % des Françaises et Français seraient favorables à l’organisation de ce référendum. Mieux encore, 89 % seraient partisans des six mesures avancées ! Cette même enquête bat également en brèche certains préjugés ou arguments sans cesse avancés par les adversaires des combats pour les animaux, qui prétendent que ces préoccupations seraient « parisiennes » et « bourgeoises ». L’enquête de l’Ifop montre, en effet, que les Françaises et Français vivant en zones rurales seraient plus favorables à ce RIP que les Parisiens et Parisiennes (77 % contre 74 %). De même, les classes populaires, avec un revenu mensuel inférieur à 1 318 euros, plébisciteraient davantage (78 %) cette initiative que les classes plus aisées, au revenu mensuel supérieur à 2 465 euros (64 %). 

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Les questions que pose le combat pour le bien-être animal sont aussi des questions syndicales, comme tous les enjeux de civilisation, et les syndicats et confédérations syndicales doivent se les approprier. Comme l’écrivent Fabien Hein et Dom Blake, dans Écopunk : Les Punks, de la cause animale à l’écologie radicale« la défense de la cause animale est donc une question plus large qu’il paraît, car en “prenant conscience d’une forme d’oppression”, il devient possible de “prendre conscience du reste”, notamment de la “violence institutionnalisée contre les travailleurs” ». Et vice versa : la prise de conscience des dominations que nous subissons en tant que travailleurs et travailleuses doit pouvoir nous amener à prendre conscience des autres formes de domination que nous pouvons être amenés à exercer, notamment sur les animaux. 

En outre, derrière la souffrance animale et les réponses politiques et anthropologiques à y apporter, il y a aussi des questions sociales profondes, qu’on ne doit surtout pas ignorer et qu’on doit même avoir le courage d’affronter, en tant que syndicalistes : quel avenir pour les travailleurs de la viande et de l’industrie laitière – petits éleveurs, ouvriers agricoles, ouvriers des abattoirs, employés des boucheries, etc. –, quelles reconversions professionnelles avec quels accompagnements, etc. ? Nous aurons l’occasion d’y revenir prochainement.

En attendant, lisez les propositions du Référendum pour les animaux, réfléchissez et… signez ?

Youth Of Today - "No More" © Tim McMahon

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