Madagascar : ces étudiants de Sciences-Po qui veulent museler le débat

Alors qu’Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de Transition de Madagascar de 2009 à 2013 et candidat à la présidentielle du 7 novembre prochain, interviendra ce soir à Sciences-Po face à un parterre d’étudiants, une petite poignée d’entre eux semble faire monter la pression depuis le début de la semaine. Leur objectif est clair : faire obstruction à cet événement.

La méthode est malheureuse. Un groupe de huit étudiants malgaches s’évertue depuis le début de la semaine à entraver, voire à empêcher, l’intervention d’Andry Rajoelina dans le grand amphithéâtre du prestigieux établissement parisien, Sciences-Po. Objet de ladite conférence : « L’expérience démocratique en Afrique ». Vaste programme, certes, mais qui a le mérite d’ouvrir le débat et d’écarter tout prosélytisme électoral. Cette conférence consiste en un échange ouvert avec les étudiants, à propos des perspectives pour Madagascar, qui figure toujours parmi les pays les plus pauvres de la planète, mais, au-delà, en un jeu de questions-réponses sur les réalités de la démocratie sur le continent. Ni plus ni moins qu’un échange à bâtons rompus, bien loin des visées que ce groupuscule lui prête. Un échange où tous les étudiants pourront poser les questions qu'ils souhaitent à l'ancien chef d'Etat. 

Lettre ouverte
Depuis le début de la semaine, la direction de l’établissement, les associations ASPA (Association Sciences Po pour l’Afrique) et Newpolis, co-organisatrices de cet événement, sont sous pression à cause de ces quelques étudiants qui ne ménagent pas leurs efforts à coups d'intox, courriers et communication digitale. Une lettre ouverte signée de ces huit étudiants les interpellent même directement, les accusant notamment de faire du « marketing politique » pour le compte du candidat. Une première dans l’histoire de l’association, jamais confrontée à de telles méthodes alors qu’elle organise régulièrement des conférences-débats. En parallèle, l’intox et la pression vont bon train sur les réseaux sociaux... 

Entrave à la liberté d’expression
En s’opposant à un libre échange sur l’expérience démocratique en Afrique, cette poignée d’étudiants ne fait ni plus ni moins que ternir l’image de Madagascar, leur propre pays. Mais comment ne pas voir derrière leur argumentaire une instrumentalisation politique ? Malheureusement, au lieu de venir débattre, voir d'encourager leur propre champion à venir aussi tenter de s'exprimer devant des universités, voire directement à Sciences-Po, ils préfèrent calomnier et attaquer et tentant de faire bloquer un événement historique. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une entrave directe à la liberté d’expression, qui pénalise le plus grand nombre. Il est déplorable d’exercer une telle pression alors que les occasions sont rares pour les étudiants de Sciences-Po de pouvoir challenger un leader africain.

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