Madagascar : la déferlante orange

Solidité d’un programme en phase avec les préoccupations locales, engagements fédérateurs, leçons tirées du passé, rythme soutenu de ses déplacements à travers le pays… Depuis le démarrage de la campagne pour la présidentielle, le 8 octobre, chaque étape d’Andry Rajoelina suscite une véritable ferveur.

Dès le départ, dans un climat politique encore tendu par la longue crise qui a secoué le pays d’avril à juin, il s’est distingué des autres « favoris ». Alors que la plupart des principaux candidats en lice pour le scrutin présidentiel du 7 novembre ont choisi Antanarivo comme point de départ de leur tournée malgache, Andry Rajoelina a entamé son marathon par un meeting de lancement dans l’extrême-nord de la Grande Ile, à Diego Suarez. Sur place, plus de 40 000 personnes lui ont réservé un accueil triomphal.

Très vite, le candidat n°13 a trouvé sa vitesse de croisière, distançant ses adversaires par le dynamisme d’une campagne cumulant cinq déplacements quotidiens en moyenne, chacun drainant des dizaines de milliers de partisans. Qu’il s’agisse de villes ou de villages où il débarque en hélicoptère, chaque étape de sa tournée nationale se déroule dans une atmosphère joyeuse, chacune de ses apparitions étant introduite par des concerts mêlant airs populaires et chansons évoquant son programme.

Pragmatisme

Parmi ses chevaux de bataille figurent l’insécurité - Andry Rajoelina martelant sa tolérance zéro vis à vis des dahalos et des criminels - et son engagement en faveur de l’éducation pour tous, de la création d’emplois et de l’aide aux jeunes entrepreneurs, mais aussi la réhabilitation des infrastructures routières - dont la vétusté entrave le l’acheminement des produits locaux. La construction d’infrastructures sanitaires, l’autosuffisance alimentaire et l’exportation de riz figurent aussi parmi ses thèmes de prédilection. A Marovoay, l’un des greniers à riz du pays, il a ainsi promis la construction d’un énorme barrage afin de faciliter l’irrigation des milliers d’hectares de rizière.

A chacune de ses étapes, il sait adapter ses engagements aux besoins locaux. A Marovoay, il met l’accent sur la riziculture ; à Maevatanana, il évoque la fonderie de l’or ; à Majunga, il met l’accent sur le tourisme… Son constat est pragmatique : pour développer le pays, il faut que chaque région ait un projet adapté à sa situation, afin de pouvoir exploiter ses richesses. L’enjeu est de taille : rattraper le retard de développement de Madagascar et « rendre sa fierté et sa dignité au peuple malagasy ».

Ralliements

Au-delà du soutien populaire dont il bénéficie, Andry Rajoelina peut aussi compter sur des défections en sa faveur. Dès le coup d’envoi de la campagne pour la présidentielle, des élus HVM (le parti de l’ex-président Hery Rajaonarimampianina) ont annoncé leur intention de soutenir sa candidature : c’est le cas de Siteny Randrianasoloniaiko, député de Toliary, et de Harijaona Randriarimalala, député d’Atsimondrano. D’anciens ministres HVM leur ont emboîté le pas, le dernier en date étant Narson Rafidimanana, un ancien baron du parti ayant cumulé les fonctions ministérielles, qui a officialisé le 16 octobre son soutien à la candidature d’Andry Rajoelina.

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