Madagascar : victoire actée pour Andry Rajoelina

Dix millions d’électeurs malgaches ont été appelés aux urnes le 19 décembre pour élire leur prochain président. Si les résultats provisoires ont rapidement été favorables à Andry Rajoelina, le dernier pointage lui accorde une nette victoire sur son rival Marc Ravalomanana.

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À la veille de l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle, la tendance qui s’était rapidement esquissée n’a cessé de se confirmer au fil des jours, jusqu’à accorder 11 points d’avance à Andry Rajoelina sur son rival Marc Ravalomanana. Au soir du 26 décembre, tous les bulletins de vote ont été dépouillés. Crédité de 55,66 % des voix contre 44,34 % pour son adversaire, Andry Rajoelina, déjà arrivé en tête au premier tour, bénéficie d’une nette avance, selon les derniers chiffres remontés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Le résultat est sans appel : plus de 500 000 voix séparent les deux finalistes.

Élection dans le calme

Quoi qu’en dise le camp adverse, le scrutin, qui s’est déroulé dans le calme et a mobilisé 48 % des électeurs, n’a vraisemblablement pas été entaché de fraudes, comme s’est empressé de le souligner la Céni, suite aux accusations de Marc Ravalomanana et de ses partisans. Sans preuves à l’appui démontrant une violation flagrante des dispositions législatives ou réglementaires, les allégations de fraude ne peuvent qu’être rejetées comme non fondées. Pourquoi le candidat n°25 remet-il en cause la crédibilité de ce scrutin alors qu’il n’avait déposé aucune requête ou plainte à l’issue du premier tour, qui l’avait pourtant vu arriver en deuxième position ? 

Marc Ravalomanana aura jusqu’au 29 décembre pour saisir la Haute Cour constitutionnelle, qui disposera ensuite de neuf jours pour proclamer les résultats définitifs de cette élection à compter de l’annonce des résultats provisoires. Mais face à un tel écart de voix entre les deux finalistes, si une annulation totale ou partielle des résultats devait avoir lieu dans certains bureaux de vote, il est peu probable qu’elle puisse remettre en question la victoire du candidat n°13. À l’évidence, les résultats provisoires ne connaîtront pas de bouleversement de dernière minute.

Transparence et inclusion

Preuve de sa volonté de transparence et d’inclusion, la Céni a autorisé une délégation de Marc Ravalomanana à procéder à la vérification des documents électoraux dans ses locaux d’Alarobia, dans la nuit du 24 au 25 décembre - vérification qui se poursuivait ce mercredi 26 décembre. Un baroud d’honneur avant la publication des résultats provisoires complets par la Céni, prévue le 27 décembre à 16 heures.

Mauvais perdant jusqu’au bout, Marc Ravalomanana appelle ses partisans à refuser ces résultats provisoires et à manifester samedi 29 décembre sur le parvis de l’Hôtel de ville d’Analakely pour exprimer leur mécontentement. Une mauvaise foi déplorable et irresponsable alors que tout le monde, y compris la Mission d’observation électorale de l’Union européenne, s’accorde à dire que ces élections ont été transparentes.

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