Disparu en 2013 à l'âge de quarante-sept ans, Cristof Yvoré a construit une œuvre sensible et personnelle, affranchie des codes et tendances de la peinture, hors du temps. A Marseille et Clermont-Ferrand, un corpus d'une soixantaine de pièces permet d'en appréhender l'essence. Celle d'une traversée intérieure, à l'abri du monde, qui interroge ce que peindre veut dire aujourd’hui
"Comment en finit-on avec le cycle de la vengeance?" En déplaçant la question posée par Eschyle dans 'l'Orestie" à Mossoul, alors capitale du califat de l'Etat Islamique, le metteur en scène suisse Milo Rau explore la fabrique de la violence et la possibilité de la réconciliation par le pardon. Fidèle à son concept de "réalisme global", il estompe un peu plus la frontière entre fiction et réalité.
Né de la collaboration entre Olessia Venediktova et Larisa Pelle, le projet "New Soviet Picture" réunit textes et photographies pour rendre compte des réalités d'une autre Russie, celle des provinces et des campagnes dans lesquelles survivent, loin de l'opulence et la vitalité de Moscou, les oubliés du système capitaliste, fantômes silencieux, nostalgiques d'une nation à jamais disparue.
Pour son exposition estivale, le Transpalette à Bourges réunit un duo d'artistes inédit. "Dissident.e.s" rassemble les œuvres de Noël Dolla et Delphine Trouche qui, bien que de générations différentes, ont en commun une pratique radicale et non conforme de la peinture. En ne cèdent pas aux idées et aux formes dominantes, ils font acte de désobéissance artistique.
Le Musée des Beaux-arts de Caen, qui conserve un fond exceptionnel de près de 50 000 gravures, revisite l’histoire de l’estampe contemporaine par le biais de la monumentalité. Face au défi de création que représentent ces œuvres hors norme, les artistes s’emparent de toutes les techniques, faisant basculer l’image imprimée dans la recherche expérimentale.
Au musée de l'Elysée à Lausanne, le photographe Yann Mingard expose son essai visuel sur l'anthropocène, fruit d'un travail de quatre années. "Tant de choses planent dans l'air, d'où notre vertige" interroge le rapport de l'être humain à son environnement. Une invitation à réfléchir sur notre propre rôle en tant que citoyen et consommateur dans un monde pris de vertige face à notre destin futur.
Le monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse donne à voir une histoire du voile à travers ses représentations artistiques, dépassionnant son actualité politique et sociale pour lui rendre sa vérité historique. "Voilé.e.s / Dévoilé.e.s" montre comment cet accessoire vestimentaire qui remonte à l'Antiquité traverse quasiment toutes les civilisations.
A Toulon, l'Hôtel départemental des arts expose tout l'été l'œuvre du photographe belge Harry Gruyaert, subtile exploration de la lumière et de la couleur. Couvrant près de quarante ans de carrière, l'exposition permet de s'immerger dans l'univers de l'artiste à travers des séries peu ou pas montrées et de découvrir son travail vidéo, exposé pour la première fois.
A Metz, le Frac Lorraine expose l'œuvre majeure de l'artiste britannique Margaret Harrison. Couvrant près de cinquante ans de création, "Danser sur les missiles", sa première rétrospective en France, révèle un travail dans lequel art et féminisme sont indissociables, s'attachant avec humour à renverser les rôles pour mieux déconstruire les dogmes qui régissent l'imagerie populaire.
En Camargue, Kôichi Kurita poursuit l'édification de sa bibliothèque des terres en y intégrant celles du delta du Rhône, sujets de l'exposition "Les terres, miroir du monde". Elle révèle l'incomparable beauté des sols aux étonnantes variations de couleurs, reflets d’une identité singulière qui atteste de la diversité des territoires traversés.