La fête de la tomate

Alors que les professeurs-stagiaires de Grenoble se sont mis en grève pour protester contre l'indigence de leur formation, voici une seconde plongée édifiante dans une ESPE (École Supérieure du Professorat et de l'Éducation, qui remplace les anciens IUFM). Aujourd'hui: l'Analyse Réflexive de la Pratique.

L’un des principaux problèmes des enseignants, et en particulier des jeunes enseignants, est qu’ils ne réfléchissent pas à ce qu’ils font. Ils préparent leurs cours chez eux, avec attention, dans le souci, par ordre d’importance

1) de respecter les injonctions ministérielles

2) d’amuser leurs élèves

3) de leur apprendre quelque chose.

Mais quand ils se retrouvent face à leur classe, ils voient bien que les élèves, de leur côté, s’en fichent complètement : ils font le bazar, bavardent, se jettent des objets à la tête, démontent leurs stylos, couvrent leur trousse de blanc, découpent des trucs et des machins, jonglent avec leur règle, gribouillent des phrases obscènes, répondent, ricanent, rêvassent, ou dorment. En un mot, ils se foutent bien de leur gueule. À la fin de la journée, les enseignants rentrent chez eux, pleurent, prennent leur traditionnel Porto/Xanax, se mettent au lit, et comme ils oublient de réfléchir à ce qu’ils font, la même chose se reproduit le lendemain, puis le jour suivant, et ils sont pris dans une spirale négative dont ils ne sortiront qu’à la retraite.

C’est pour pallier ce manque que l’ESPE a mis en place un module spécial permettant aux jeunes professeurs de se réunir et de réfléchir à ce qu’ils font. Ce module est obligatoire, il dure 3 heures et il a lieu quatre fois dans l’année, ce qui  est à la fois très peu et beaucoup trop. Il devrait, en toute logique, s’appeler le module Réfléchir À Ce Qu’On Fait, mais l’appellation « module RACQOF » aurait sans doute valu à l’ESPE une enquête de l’organisme de surveillance des sectes. On a donc opté pour le joli nom scientifique d’ARP, Analyse Réflexive de la Pratique (« Analyse Réflexive », c’est pour « réfléchir », et « de la Pratique » pour « à ce qu’on fait »). Et comme là, dans cet article, je vais essayer de réfléchir à l’ARP, on peut dire que je me lance dans une PARARP, une Pratique d’Analyse Réflexive de l’Analyse Réflexive de la Pratique.

En ce qui me concerne, je n’arrive jamais à mettre les lettres dans le bon ordre, et à chaque fois je pense APRR, comme l’autoroute. Il faut dire que l’ARP, c’est un peu l’autoroute de la pensée. Quelque chose comme un Troyes-Rouen, en novembre, assis à la place du mort à côté d’un co-voitureur dépressif: il n’y a rien à faire, on n’a pas le droit de choisir la musique, les paysages sont moches, et si on ferme un peu les yeux on se fait engueuler par le conducteur qui veut absolument discuter mais refuse de nous laisser choisir le sujet. Parce qu’évidemment, les professeurs étant incapables de réfléchir à ce qu’ils font par eux-mêmes, on leur a refourgué une conductrice, c’est-à-dire une formatrice experte ès-réflexion analytique de la pratique : Isabelle. Isabelle doit penser à l’autoroute elle aussi, car elle se présente ainsi : « Bonjour, je m’appelle Isabelle, et c’est moi qui vais conduire cette ARP. »

Isabelle n’est pas professeur émérite de philosophie ni psychologue clinicienne, et encore moins géomètre : c’est une ancienne professeur d’EPS, déchargée de cours à 100%. Elle anime également l’atelier « corps » du module « corps/voix/langage », dont j’aurai l’occasion de reparler. Isabelle a les cheveux rouges, et porte des vêtements colorés et des bijoux ethniques, qui sont les trois attributs traditionnels de la foldingue (il faudrait, d’ailleurs, dans un souci d’équité entre les sexes, que les foldingues mâles disposent eux-aussi d’attributs voyants qui nous permettent de les identifier avec facilité, car on se fait avoir trop souvent : un type arrive, habillé comme un économiste, chemise-pantalon, voire veste, il a une montre et des petites lunettes, une barbe taillée de près... alors on ne se méfie pas, on pense avoir affaire à quelqu’un de rationnel, on s’assoit, on respire, on est en confiance, il parle d’une voix posée, on l’écoute, on prend des notes, et d’un coup paf ! il vous prend par surprise et vous décrit les « cinq compétences psychosociales interpersonnelles, dont la première est l’estime de soi » (Séminaire de Recherche sur la Culture de la Paix et de la non-violence, cours 2). Alors qu’une femme avec les cheveux rouges, des vêtements colorés et des  bijoux ethniques, ça donne le ton tout de suite : « Bonjour, je suis une foldingue, et je vais vous parler de théories fumeuses à base de circulation des énergies, merci de penser à autre chose. »)

 L’ARP se pratique en cercle, comme les tables tournantes au XIXe siècle. Et comme les tables tournantes, l’ARP suit un protocole très strict. La moindre entorse risquerait de compromettre le processus entier. En réalité, on est plutôt assis en rectangle, mais la forme géométrique préférée de l’ESPE est le cercle, et sa forme géométrique détestée est toute forme géométrique qui possède des angles, car les angles sont anti-pédagogiques. Par conséquent, à l’ESPE, on s’assoit toujours en cercle, même quand on s’assoit en rectangle.

Il paraît qu’on est là pour une « prise de parole en je ». Ça, c’est pour les petits rigolos qui voudraient se la jouer à la Butor, et nous donner du vous pendant trois heures.

« Chacun ne parle qu’en son  nom et la parole est libre. Vous pouvez parler de ce que vous voulez, de vos cours, de votre vie : on est là en tant que profs, bien sûr, mais aussi en tant qu’individus, et je sais que le personnel peut impacter le professionnel. Donc sentez vous libres : ce qui se dit dans l’ARP reste dans l’ARP et, surtout, pas de jugement. On s’écoute dans la bienveillance et le respect de l’autre, pour laisser se déployer les énergies positives. Maintenant que le cadre est posé, vous allez répondre à une simple question : comment ça va ? »

Pas vraiment le « comment ça va ? » de « Hey Jack ! Comment ça va ? Beau temps aujourd’hui ! » Non, plutôt le genre de  « comment ça va ? » qu’on vous poserait au retour de l’enterrement de votre mère ou d’une année d’enfermement dans une geôle djihadiste. La tête légèrement penchée sur le côté, les lèvres rentrées, Isabelle prend une respiration profonde: « Et toi, Étienne... » puis elle relève la tête lentement, enfonce ses yeux plissés pleins d’empathie dans les vôtres et  murmure d’une voix grave et douce, qui se veut concernée : « ... Comment ça va ? »

   « Ça va. Je crois que ça va. C’est un peu dur, là, mais... ça commence à aller mieux. Et puis, les vacances de la Toussaint approchent, je vais pouvoir respirer un peu. Voir la famille, m’exposer à la lumière du jour.

   - Bien. Merci beaucoup Étienne. À ton tour, Philostrate. (respiration profonde, yeux plissés) Comment ça va ?

   - Ça va super, les gosses adorent les activités que je leur donne, j’ai réussi à instaurer un super dialogue, basé sur la confiance et l’écoute mutuelle, et mes dernières évaluations ont été très positives, donc on peut dire qu’au jour d’aujourd’hui, je m’épanouis pleinement dans mon travail et que j’ai vraiment trouvé ma voie. »

Philostrate est beau. Très beau. C’en est gênant. Il est bronzé même en octobre, porte des t-shirt et des pantalons serrés qui moulent ses heures de salles de gym. Il a des yeux bleus, le teint frais, tous ses cheveux, pas un de blanc. Quand il rentre chez lui, le soir, il boit un jus de goyave.

À côté de lui, Pierre est pâle. Mal rasé. Il a des poches sous les yeux et il commence à se dégarnir. En somme, il est autant prof de philo que Philostrate prof d’EPS. Pierre voudrait disparaître dans son énorme écharpe rouge. Avant, il faisait partie d’un groupuscule trotskyste, et l’ARP, il connaît, sauf que chez lui, ça s’appelait « autocritique ». Il en avait un peu marre, et il est devenu prof. Erreur. Alors, Pierre, comment ça va ?

   « Je suis épuisé. J’ai cinquante dissertations à corriger pour vendredi, je bosse toutes les nuits mais mes cours ne sont pas prêts, et je dois en plus passer une journée ici chaque semaine pour suivre des modules absurdes qui ne me servent à rien. C’est complètement infantilisant et j’ai vraiment l’impression de perdre mon temps.

   - Je te remercie, Pierre, de nous avoir dit ce que tu avais sur le cœur. Mais c’est normal que vous soyez un peu fatigués, on est en début d’année. Allez, on va passer à la deuxième étape et procéder au panier de récits. »

La classe grammaticale préférée de l’ESPE est le nom commun. C’est l’équivalent linguistique du cercle. Sa classe grammaticale détestée est le verbe, à l’exception du verbe « procéder à », qui remplace avantageusement tous les autres verbes et se marie avec tous les noms communs. Exemples. Réfléchir : Procéder à une analyse réflexive. Se raconter des histoires : procéder au panier de récits. Faire un contrôle : procéder à une évaluation. Donner du travail : procéder à une mise en activité. Corriger l’élève : procéder à une remédiation. Allez, à vous de jouer! « Les enfants, c'est l'heure de procéder à l'ouverture des yeux. »

   « Pour le panier de récits, mettez-vous en cercles, trois par trois. »

Chacun des participants prend la parole à tour de rôle pour raconter une « situation professionnelle marquante, en bien ou en mal ». À la fin de son récit, les deux autres peuvent intervenir, mais selon des modalités bien précises et très contraignantes intellectuellement, sans quoi ils risqueraient de réfléchir trop vite et de bousiller tout le protocole : ils n’ont que le droit de poser des questions en « comment ». Ne me demandez pas pourquoi, je viens de vous dire que c’était interdit.

J’ai réussi à rester avec Pierre, avec qui j’espérais pouvoir ricaner bêtement, mais le troisième sommet de notre cercle est occupé par Julien, professeur agrégé d’anglais, qui tient absolument à nous raconter sa « situation professionnelle marquante en bien ». Il nous explique que, le jour de la rentrée, il a parlé de son voyage en Nouvelle-Zélande à ses élèves, puis leur a montré des photos, ainsi que le tatouage qu’il s’est fait faire là-bas. Ses élèves ont trouvé ça génial et lui aussi, il se trouve génial, ça tombe à pic. Certaines personnes sont nées pour être profs.

Comme on débute en ARP, Pierre et moi, on a du mal avec les questions en comment. J’arrive quand même à trouver un truc.

   « Comment t’expliques qu’ils ont trouvé ça génial ? »

Je n’avais pas vu Isabelle, qui veillait au grain derrière moi.

   « Non, non, non, Guillaume, on n’est pas encore dans l’analyse, là ! Juste dans la description du récit ! Les questions en comment doivent uniquement porter sur le factuel, elles visent à préciser le cadre. »

Je regarde Pierre. Il y a de l’effroi dans ses yeux. Il vient de penser aux cinquante dissertations de philo qui l’attendent sur son bureau.

   « Comment... Comment... Comment t’étais habillé, Julien ?

   - Avec un t-shirt bleu.

   - Très bien, vous avez compris. »

 

Ensuite, on donne un titre à chacun des trois récits, et on procède à la « mise en commun des paniers », ce qui signifie qu’Isabelle écrit les titres au tableau.

Nous disposons chacun de 10 points que nous pouvons distribuer librement aux titres qui nous plaisent. J’ai été con : mon récit s’appelle « un encombrant tétin » et il intrigue tout le monde. Il s’agit d’une « situation professionnelle marquante en gênant » : j’ai donné les « blasons du tétin » de Marot à mes 4e (ce qui frise la faute professionnelle, mais, à ma décharge, j’avais alors une expérience d’enseignant de deux semaines), où le poète s’adresse au sein de sa dame et lui dit :

Quand on te voit il vient à maints
Une envie dedans les mains
De te tâter, de te tenir.

Tous mes élèves pouffaient rouge, sauf un. Il a levé le doigt : « Pourquoi le Monsieur a envie de toucher le sein de la dame ? »

J’arrive deuxième, in extremis, derrière le récit de Javier, « la fête de la tomate », allez savoir pourquoi.

Lors des séances ultérieures, cette étape nous permettra de séparer facilement le bon grain de l’ivraie : d’un côté les profs zélés, qui ont envie qu’on vote pour eux et inventent des articles racoleurs (« liaisons dangereuses au collège », « un anniversaire qui tourne mal », « je me suis baissé juste à temps », « un papa en furie », « heureusement, la mèche était humide »...) et de l’autre ceux qui veulent surtout qu’on leur foute la paix (« problème de didactique dans les révisions du passé simple », « une consigne mal expliquée », « l’exercice était pénible », « du monde à la photocopieuse », « une erreur dans l’emploi du temps »).

Javier s’excuse par avance : mon histoire est toute pourrie, hein ! Mais non, Javier, toutes les expériences sont intéressantes.

On se remet en cercle rectangulaire et Javier nous raconte son expérience.

Javier est professeur d’espagnol. Il a montré à ses élèves un reportage sur la fête de la tomate de Buñol, mais aucun n’a réussi à remplir le questionnaire de compréhension.

Voilà.

   «  C’est fini ?

   - Je vous avais dit que c’était pourri.

   - Merci beaucoup Javier. Nous allons maintenant procéder à l’émission d’hypothèses explicatives, en suivant un protocole très rigoureux. Toutes vos phrases devront commencer par : « ça s’est passé comme ça peut-être parce que... » Et toi, Javier, tu n’as rien le droit de dire. Tu notes juste les hypothèses qui te semblent intéressantes en vue de l’étape finale. »

Pierre se prend la tête à deux mains et il souffle fort. Il doit penser de nouveau à son paquet de copies. Je tente une diversion :

   « Excusez-moi, mais les phrases imposées nous empêchent plutôt de réfléchir, non ? Penser, ça consiste à construire des phrases, suivre un raisonnement, pas à compléter des tournures figées. On réfléchirait beaucoup mieux au problème de Javier si on discutait librement. Dans tous les cas, moi ça me bloque complètement, votre histoire.

   - C’est ta manière de penser, Guillaume, mais il faut que tu acceptes que d’autres aient d’autres manières de penser. Et puis ce n’est pas moi qui ai inventé ce protocole, tu sais : il a été mis au point par des chercheurs reconnus, dans de grandes universités américaines. »

C’est la première fois que j’entends l’argument des grands chercheurs américains, qui nous accompagnera tout au long de l’année.

   «  Alors ? Qui commence ? »

Personne ne dit rien. On a déjà tous identifié le problème de Javier. Sa vidéo était trop difficile, et les gamins n’ont rien compris. Point barre. Mais ça ne tiendrait pas l’heure d’ARP qu’il nous reste, donc Isabelle nous lance sur de fausses pistes.

   « Ça s’est passé comme ça peut-être parce qu’ils sortaient de récréation. »

Isabelle est sympathique, alors on fait un effort.

   « Ça s’est passé comme ça peut-être parce que la salle était trop chauffée.

   - Oui, très bien, Natacha.

   - Ça s’est passé comme ça peut-être parce que tu n’avais pas bien expliqué la consigne.

   - Ça s’est passé comme ça peut-être parce que le cours d’avant avait été très pénible.

   - Super, Étienne, bonne idée.

   - Ça s’est passé comme ça peut-être parce que le décalage culturel était trop important.

   - Ça s’est passé comme ça peut-être parce qu’il y avait du veau pas frais à la cantine et que les élèves étaient un peu nauséeux. »

Pierre utilise la célèbre technique dite du « test au n’importe quoi ». On dit n’importe quoi et si c’est accepté, c’est que le cours est idiot.

   « Ne riez pas les autres. Tu as raison, Pierre. N’oubliez pas qu’on a plus de neurones dans l’intestin que dans le cerveau, et il ne faut pas négliger l’impact de la cantine sur la concentration. »

Test réussi.

   « Ça s’est passé comme ça peut-être parce qu’il s’était passé quelque chose de grave dans le monde qui occupait l’attention des élèves.

   - Ça s’est passé comme ça peut-être parce que ta vidéo était trop difficile. »

Et voilà ! Philostrate a mis les pieds dans le plat et a ruiné tout le protocole ! Du côté d’Isabelle, c’est le malaise. Son ARP ne sert plus à rien, on est arrivé à Rouen, mais il reste encore deux étapes.

Elle s’empresse d’enchaîner.

   « Merci à tous. Nous allons maintenant procéder à l’évocation libre. Vous allez dire à quoi vous fait penser l’histoire de Javier. Ça peut être n’importe quoi, un souvenir de cours, de vacances, une anecdote... Mais là encore, je vous impose le début de phrase : « Moi, ça me fait penser à... » »

Je ne suis pas prof d’espagnol. Je ne montre jamais de vidéos à mes élèves. Je n’ai jamais participé à un combat de tomates. Je ne pense à rien, mais j’ai un besoin pressant d’alcool.

   « Moi, ça me fait penser à l’été.

   - Moi, ça me fait penser à quand on regardait une vidéo en classe au collège.

   - Eh oui !

   - Moi, ça me fait penser au carnaval.

   - Moi, ça me fait penser à la fois où j’ai montré une vidéo à mes élèves et qu’ils l’ont trouvée géniale.

   - Super, merci Julien.

   - Moi ça me fait penser à quand on donne quelque chose de trop difficile aux élèves et qu’ils n’y arrivent pas.

   - Oui, Philostrate, c’est vrai.

   - Moi, ça me fait penser aux cinquante copies qui attendent sur mon bureau.

   - Merci pour ta contribution, Pierre, je crois qu’on a compris (un temps). Plus personne ? Dans ce cas, Javier, tu vas pouvoir procéder à l’analyse réflexive de ta pratique. Dis-nous si cela t’a aidé à mieux comprendre les raisons de tes difficultés lors de cette séance que tu nous as racontée. On t’écoute.

   - Euh... Oui, oui, ça m’a aidé. Je me doutais que c’était un problème de difficulté, la prochaine fois, je montrerai une vidéo plus simple.

   - Super ! Merci à tous, j’ai passé un super moment avec vous. Il nous reste cinq minutes, alors avant de partir, prenez un petit bout de papier et écrivez trois mots-clés pour dire ce que vous pensez de ce cours. Ce que vous voulez, hein, je suis ouverte à la critique. Il y a des étudiants qui écrivent « nul » ou « blabla » mais c’est leur droit, et ça me permet de me remettre en cause.

Pierre craque.

   «  Pourquoi toujours des mots-clés ? C’est bien, aussi, les verbes, non ? C’est pratique, ça exprime le mouvement, l’évolution, ça nous permet d’articuler les mots entre eux et de créer du sens. À chaque fois, à l’ESPE, on nous demande des mots-clés, des mots-clés, toujours des mots-clés, mais même si j’écris « nul » ou « blabla », qu’est-ce que ça dira de ce que je pense véritablement de ce cours ? Rien. Qu’est-ce que vous allez remettre en cause ? Rien.

   - Tu peux écrire quelque chose de plus long, si tu veux.

   - Oh non, ça va, merci, j’ai plein de copies à corriger, j’ai autre chose à faire qu’écrire un pavé sur l’ARP. »

 

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Pour suivre la courageuse et salutaire grève de l'ESPE de Grenoble (où je ne suis pas), vous pouvez voir leur page Facebook https://www.facebook.com/profile.php?id=100016004406836 et lire les deux articles http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/grenoble-vitrine-difficultes-des-espe.html et http://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/enseignants-stagiaires-grenoble-greve-1223807.html

En espérant que toutes les autres ESPE suivront le mouvement, malgré un calendrier peu propice.

 

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