Voter blanc et continuer de tracer le chemin de la France Insoumise.

Dans l'état actuel des choses, pour rester fidèle à mes convictions, je ne peux que voter blanc au second tour de l'élection présidentielle.

Macron/Lepen. Les deux visages s’affichent et ce n’est pas la stupeur de 2002. C’est la déception, la résignation et la victoire des candidats des médias. Il va donc falloir voter Macron ?

La « surprise Mélenchon » n’a pas eu lieu et la caste des médiacrates se gausse. Les analyses à trois ronds pullulent sur ce « naufrage », ce « combat perdu d’avance », cette « débandade », ce « projet insensé ». Une débandade à 6.9 millions de voix, tu parles d’une débâcle !  Les paroles des journalistes à notre égard hier soir furent des coups de couteaux. Les moqueries furent des insultes. Leurs persifflages ont fait déborder ma colère, ma rage et mon envie de changer ce monde pourri.

Aujourd'hui, je leur ris au nez! Ils n’ont rien compris car ils ne le peuvent pas. Ils en sont incapables.

 

Mais que faire pour ce second tour dont nous sommes privés ?

Voter Lepen est contraire à tous les dogmes, toutes les valeurs de la France Insoumise. Ce n’est pas envisageable.

Voter Macron, c’est faire barrage au FN mais c’est aussi baisser les bras sur nos convictions.

Voter Macron, c’est offrir sur un plateau d’argent la France au MEDEF et au CAC40.

Voter Macron, c’est abandonner la transition écologique qui selon moi est le projet phare de l’avenir en commun.

Voter Macron, c’est abandonner encore un peu plus nos acquis sociaux.

Voter Macron, c’est abandonner toutes nos luttes contre la loi travail et le CICE.

La liste pourrait être encore longue mais le pour et le contre est vite calculé.

 

Voici donc mon état d’esprit pour le second tour: si Macron ne bouge pas certaines lignes de son programme, en particulier le volet de la transition énergétique, je ne voterais pas pour lui dimanche et je glisserai un bulletin blanc dans l’urne.


Je veux maintenant rester fidèle à mes convictions, quel qu’en soit le prix à payer. Par deux fois j’ai voté contre mes opinions et cela ne m’a jamais rien apporté. Le front républicain se fera sans moi si on ne nous écoute pas. A quoi sert de crier « Résistance » dans nos meetings si nous tremblons devant le danger ? A quoi sert d’hurler « Dégagez » s’ils sont persuadés que nous les conforterons devant la menace d’un « vote utile »?


Je ne m’allie plus avec ceux qui nous regardent de haut, je ne baisserais plus les yeux devant la peur, je ne regarderais plus mes pompes quand on me brandira la menace du fascisme. Je resterais fidèle à mes idées et mes idéaux qui refusent d’abandonner notre terre à ceux qui la détruisent. Je refuse de collaborer à nouveau. Je refuse d’être complice du massacre à venir de notre société et je ne veux plus être la roue de secours d’un système pourri.

Il avait toujours été convenu que si la France Insoumise atteignait le second tour, nous discuterions avec nos adversaires d’hier pour en faire nos alliés d’aujourd’hui. Je souhaite que nous entamions une discussion avec En Marche pour voir lesquelles de nos idées sont compatibles avec leur programme.

 

Je ne donnerai pas mon vote par résignation, contre rien ou si peu.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.