Le Front National avec Hollande est déjà à l’Élysée et Gattaz à Matignon

Il faudrait créer un Code de Travail pour les patrons : limitant les salaires à un plafond autour de dix milles euros par mois, le reste étant réinvesti dans l’entreprise. Exiger qu’ils payent une taxe de compensation à la Sécurité Sociale pour tous les postes remplacés par des machines et autres robots.

Hier dix ouvriers fabriquaient trois voitures par jour, ce qui constituait dix salaires et dix personnes qui cotisaient à la Sécurité Sociale. Aujourd’hui, quatre travailleurs fabriquent dix voitures par jour et quatre seulement cotisent à la Sécurité Sociale. On produit plus, on gagne moins et donc on s’endette d’avantage ce qui est une façon inépuisable pour les banques de s’enrichir en nous saignant à blanc.

Mais partons de la question idéologique pour l’enrichissement de certains

Depuis 2002, les « socialistes opportunistes » nous font peur avec le Front National, ce qui totalise quatorze années pendant lesquelles on nous a habitués à voter contre. On ne sait d’ailleurs plus voter pour un projet. On vote systématiquement par défaut quand on est de gauche.

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Or à chaque élection présidentielle, on s’approche de plus en plus des politiques de droite, au point qu’aujourd’hui, à notre grande stupéfaction,  le Front National est déjà à  l’Élysée. Encore plus fort dans la trouvaille pour se faire élire en contournant la démocratie que représente le suffrage direct ; la loi de "modernisation" de l'élection présidentielle qui vient de sortir,  concoure délibérément à placer Marine Lepen au deuxième tour face à François Hollande. Cette prise d’otage anti démocratique est le summum de l’insupportable. Tout, même le pire qu’on n’avait pas imaginé de la supposée sociale démocratie,  est ainsi dépassé, pourvu qu’une deuxième chance de rempiler soit offerte, si minime soit-elle. Cela correspond aussi à la volonté idéologique du néo libéralisme, des plus totalitaires, de mettre les populations sous contrôle pour son plus grand profit. Résister à cela en devient même à ses yeux, commettre un crime de lèse-majesté contre la loi sacrée du profit.

A cette sauce, autant voter pour le FN plutôt que pour l’ersatz des compromis ultimes ? Puisque de toutes façons, les mandataires qui organisent cette débâcle, sont toujours les mêmes, en faveur des actionnaires ? Il est même souhaitable et logique pour ceux-ci qu’il faille tout déconstruire en créant une instabilité généralisée,  pour aborder de manière décomplexée, comme si c’était une décision raisonnable, les confins extrêmes d’idées politiques dont on s’inspire alors qu’il s’agit du Front National, ce qui est devenu évident avec la déchéance de nationalité  heureusement mise au placard par un sursaut progressiste tardif ?

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C’est pourquoi il est tout aussi logique que le MEDEF qui représente ces intérêts, qui représente un néo-libéralisme à quelques-uns parfaitement décomplexé dans ses intentions féodales, ait installé son centre de décisions à Matignon ?  Manuel Valls, homme populiste, médiocre et bougiste, se concerte avant tout avec Monsieur Gattaz dont il précède même les désirs, pour changer le Code du Travail. Le Premier Ministre qui aime l’Entreprise à la mode cynique des méthodes violentes des gabarits transnationaux, met en place une méthode infaillible pour mettre le pays en faillite. Il est « aux ordres », culpabilisant les travailleurs à outrance, alors que le MEDEF et ses adhérents du CAC 40, créent un État de banqueroute dédié à l’enrichissement sur la dette - c’est la recette la plus juteuse - ignorent, voire s’assument avec un cynisme superbe dans leurs déclarations,  en nous accablant de prétendre gagner plus en travaillant peu,  alors qu’ils sont les vrais coupables d’un parasitisme indexé sur nos propres contribution. Le crédit généralisé qui en a résulté,  a perfectionné depuis les années 80,  un système d’exploitation qui bénéficie à la Bourse. Nous subissons dans tous les sens qu’invente cette idéologie, les effets imparables d’une financiarisation qui se goinfre sur chaque décision de nos vies, surtout si c’est à crédit. Ce n’est pas la dette qui pour nous est néfaste, mais les intérêts qu’on nous impose pour la rembourser qui nous empêchent d’en sortir, transmissible parfois sur une ou deux générations dans certains pays.

De la façon de nous mettre dans le piège

Quand on écoute les politiciens revoir la question de l’emploi, on se met en colère,  et on juge à priori de l’ignorance de ces bâtards ignobles d’élus, véritables escrocs sociaux au ventre plein, qui osent décider des réformes au nom de leurs propres électeurs, lesquels découvrent alors que la teneur de celles-ci est proportionnellement  inverse aux promesses publiques qui les ont fait élire… Il était question ce me semble alors d’édifier une autre politique sociale plus équitable, qui améliore la situation du peuple ?  Pour avoir une autre société plus juste, avec des salaires honnêtes ? Que nenni.

Pourquoi en définitive,  nous font-ils peur en permanence avec le Front National, alors que  déjà  ses idées sont reprises dans la bouche de Hollande, et exécutées en cascade par la voie hiérarchique, par son gouvernement d’opportunistes ? Que peut-il nous arriver de plus que ce qui se met déjà en pratique,  si c’était le Front National qui arrivait au pouvoir ? On ne peut pas être plus à « droite » dans la répression, que celle qui tape en ce moment sur les gamins, voire les tue comme ce le fût avec Rémi Fresse. En quelque sorte, nous avons voté en 2012 pour  Marine Le Pen. Nous savons déjà qui elle est pour 2017. On ne peut avoir pire que de subir les mensonges du gouvernement actuel. Si on avait voté pour Le Pen en lieu de Chirac en 2002,  je suis convaincu qu’aujourd’hui, la preuve du pire étant faite, on aurait depuis quatorze ans un vrai gouvernement de gauche et une société plus juste aujourd’hui.

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Or, à examiner le pedigree de la plupart des Ministres du gouvernement de Hollande, on s’aperçoit qu’ils sont déconnectés du quotidien du fait même de leur façon de vivre. Pour beaucoup déjà, ils n’ont aucune idée de ce qu’est la pratique d’un métier, un métier du civil, qui a nourri la pertinence des luttes ouvrières de manière historique. Etre socialiste aujourd’hui flirte avec la « gauche caviar » ; une forme d’aristocratie qui ne connait pas la peur du lendemain, n’en déplaise au « CDD » de Valls. Quant à « vivre » dans sa chair les principes du socialisme, c’est carrément compromis. Depuis leur naissance, car il n’y en a pas beaucoup qui ont « mangé de la vache enragée », ce sont des assistés du système ; toute une génération de politiciens qui vivent de l’État, enfants protégés qui deviennent ministres sans aucune expérience autre que leur statut d’apparatchik,  et qui voient leur poste transmissible en famille,  quand ils ne l’ont pas eux-mêmes hérité. Depuis leur naissance, pour la plupart, ils « pètent dans la soie », bénéficient d’écoles très chères, vivent sur un  grand pied grâce à nous les contribuables. Les voici pour beaucoup à se prendre pour des nababs qui règnent sur une légion d’esclaves à leur service, alors qu’ils doivent tout à leurs électeurs, en réalité, sont-ils eux-mêmes des serviteurs serviles de l’idéologie néo libérale, laquelle lobbyise ainsi toute la Vème République.  

Ces personnes n’ont jamais su ce que c’est d’aller travailler pour gagner son salaire, tout en n’ayant pas assez pour payer le loyer ou l’électricité. Choisir entre payer le gaz ou pouvoir manger. Travailler dans des magasins comme la FNAC, Monoprix, Darty, etc, sur fond de harcèlement hiérarchique obsédée par les objectifs,  et dans tant d’autres réseaux de distribution  qui vous rémunèrent avec des salaires de misère mais vous imposent des cadences abusives. Etre l’intérimaire à vie des patrons, sans possibilité de poser un quelconque projet de vie, de construire un patrimoine, voire de fonder une famille : cela existait déjà avant la loi Macron, sans presque de difficulté pour licencier par ailleurs, même avec un CDI ! Ils ne savent pas ce que c’est que d’être pénalisé par sa banque chaque mois avec des agios. Moins d’argent vous gagnez,  plus vous enrichissez la banque. C’est tout bénéfice avec les crédits « revolver » sur la tempe par là-dessus.

Quand une autre caste, celle des journalistes en vue,  se fait complice de cette engeance qui nous gouverne,  pour une question de convergence d’intérêts et de privilèges, elle pose sans sourciller des questions décalées aux 5 millions des chômeurs que compte la France,  en leur faisant un procès en parasitisme, qu’ils sont eux-mêmes d’abord par privilèges. Ils meublent le temps d’antenne sur la loi Khomri en  sollicitant les organisations syndicales et les populations qui manifestent,  de revenir à la raison,  parce que « la flexibilité permettra plus d’embauches », ce qui est le summum de la manipulation. Voir à quel point ces commentateurs, ces journalistes,  sont ignorants de la réalité subie par le plus grand nombre? Ou alors, ont-ils cyniquement choisi leur camp pour organiser sciemment notre esclavage à coups de propagandes ?  

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Voici un exemple de cela s’agissant de La Banque Postale. Une des banques historiquement créée pour les plus démunis, est celle qui pénalise le plus les comptes de personnes dans la précarité. On voit ainsi par exemple,  de curieuses opérations sur des retraites qui sont payées en deux fois dans le mois, d’abord dans les trois premiers jours par  la caisse « Réunica », et le neuf du mois par « l’assurance retraite ». Dans l’intervalle des sept jours courant entre les deux,  la banque postale pénalise les débits ou les prélèvements qui ne se trouvent pas couverts par manque de provision, alors que l’argent rentre chaque mois sur le compte  de la même manière,  motivant une adaptation.  Des retraites qui permettent une subtile arnaque,  jusqu’à cent euros d’agios, sur de petits montants.

Pour ces personnes : changer de banque, c’est impossible. Leur revenu est par trop insignifiant pour qu’ils soient acceptés par la plupart des banques « classiques » ou à fortiori qui ont « pignon sur rue ». Pour ouvrir un compte dans n’importe quelle banque, on vous demande le bulletin de salaire et toutes sortes de papiers sur votre existence en dehors de votre pièce d’identité. Vous devez vous « mettre à poil » de ce qui constitue votre vie, mais en revanche y entrer « la bourse pleine ».

Aujourd’hui, Hollande et son gouvernement de guignols veulent encore précariser  d’avantage nos situations, parce que Monsieur Gattaz, qui dirige Matignon,  a décidé de changer le Code du Travail. Par souci de simplification, il retire nos acquis en nous faisant reculer dans le temps en deçà de ce que Jaurès avait voulu pour éviter de grands sacrifices et mériter une vie plus juste et plus noble. C’est un gouvernement socialiste qui enterre nos droits. De cela, si nous ne jouons pas le tout pour le tout très rapidement avant la fin de ce quinquennat ; on ne se remettra pas d’un gouvernement de gauche à ce point décrédibilisé. Car tout est fait pour obtenir, par l’optimisation d’une atmosphère de frustration, un vote qui permette l’avènement d’une vraie dictature, quelque soit le gagnant. D’origine chilienne, c’est pour moi, tout cela, douloureusement du déjà vu…  

Guillermo Saavedra

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