Le maire de Carhaix, Christian Troadec, récupère le nom de Rémi Fraisse de manière scandaleuse

Culotté et sans aucun scrupule, cynique et totalement à contre sens éthique, Troadec, le maire de Carhaix dans le Finistère, défenseur du productivisme agricole, anti-écologiste primaire malgré ses discours contraires et sa bière "bio",  n'hésite pas à demander la création d'une rue "Rémi Fraisse" dans sa ville (voir ici Ouest France).

Culotté et sans aucun scrupule, cynique et totalement à contre sens éthique, Troadec, le maire de Carhaix dans le Finistère, défenseur du productivisme agricole, anti-écologiste primaire malgré ses discours contraires et sa bière "bio",  n'hésite pas à demander la création d'une rue "Rémi Fraisse" dans sa ville (voir ici Ouest France). Or, Troadec participe activement à la reproduction d'une mono-industrie agricole dans le centre Finistère totalement à l'opposé des valeurs écologiques que défendent les écologistes. Troadec a largement participé à l'installation dans sa commune d'une usine laitière chinoise démesurée avec le groupe Synotra. 700 producteurs de lait vont devoir travailler pour Synotra.

 

Alors que Troadec se considère de gauche et progressiste, il fait faire au monde agricole local dans le centre Finistère un énorme bond en arrière. Tandis que l'air du temps est à une remise en question radicale de l'agriculture productiviste au profit au contraire d'une relocalisation de la production agricole comme de sa consommation, Troadec a favorisé l'implantation d'une usine chinoise en Bretagne pour produire 285 millions de litres de lait par an ! Déjà les producteurs sont inquiets concernant les négociations sur le prix du lait : ne sera-t-il pas encore plus difficile de négocier le prix du lait avec une société située en Chine ? Au bout de la chaine, les producteurs laitiers sont déjà aujourd'hui parmi les moins bien rémunérés : Faiblesse des prix du lait sur le marché, endettement des exploitations, coût des intrants.... Selon l’Insee, l’élevage laitier a perdu 350 000 emplois durant la dernière décennie [2] ! La précarité de l’emploi est aussi importante dans les usines qui collectent le lait, l’embouteillent ou le transforment en fromage, beurre ou crème fraîche. 40% des 56 000 salariés qui travaillent pour l’industrie laitière sont sous contrats à durée déterminée. Deux fois plus, en proportion, que dans le reste de l’industrie agro-alimentaire. (voir basta-mag ici)

Ensuite, pour transporter ces millions de litre de lait, l'emprunte carbone sera énorme. Cette production massive de lait sur le territoire finistérien provoquera une utilisation croissante de l'agrochimie pour alimenter les vaches, ainsi qu'une augmentation conséquente de l'importation d'aliments pour le bétail d'Amérique Latine (soja, maïs). Il est prévisible que cette demande croissante de lait par les chinois provoque une concentration de la production avec des exploitations encore plus grandes et avec pour conséquences : la disparition des petits producteurs déjà mal en point et des conséquences sanitaires sur l'environnement désastreuses.

 

Aujourd'hui, le coût de l'impact social et environnemental de la production laitière en France est déjà évalué à 7.1 milliards d'euros par an, soit pour 1 euro de chiffre d’affaires, ce sont donc 28 centimes « d’impact négatif sur la société et l’environnement » qui sont générés.  (voir basta-mag ici). Les troupeaux laitiers sont présumés responsables de 10 % de la pollution de l'eau.

 

Il serait utile d'en savoir plus sur les contrats et "arrangements" passés depuis le début de ce projet entre Synutra et Sodiaal (coopérative de producteur laitier) car comme le dit un éleveur : « On n’a aucune idée de la nature du contrat signé entre Sodiaal et Synutra, s’alarme Pascal Prigent (vice-président FDSEA Finistère). Nous aurions préféré une consultation de la filière locale en amont du projet afin de garder la maîtrise de l’outil de transformation. On espère aussi qu’il y aura d’ici 2015 encore assez d’éleveurs laitiers pour fournir cette usine. » (voir "Alimenterre" ici). Quant à la Confédération paysanne du Finistère, elle s’inquiète du fait que ce type de projets encourage un modèle de production laitière qui favorise encore plus la concentration des exploitations et des systèmes d’élevage très dépendants du maïs et du soja importés… (voir "Alimenterre" ici)

 

S'il y avait une ZAD utile et si les travaux n'étaient pas si avancés, elle aurait été à Carhaix. Elle n'aurait pas fait l'unanimité, loin de là, nous n'aurions pas eu un mouvement "bonnets rouges" (heureusement) mais elle aurait permis de mettre un certain nombre de décideurs, et certains agriculteurs eux-mêmes, devant leurs contradictions. Au regard de ce projet anti-écologique à contre sens de ce que défendent tous les militants des ZAD, l'utilisation populiste, bouffone et cynique que fait le maire de Carhaix de l'écologiste défunt Rémi Fraisse est proprement scandaleuse et totalement indéfendable.

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