Mais parce qu’ils travaillent tous les deux pour le même objectif : préserver le pouvoir de l’élite économique mondiale, qui prétend gouverner le monde en dehors des circuits démocratiques.

Devant le cafouillage avéré de la gauche succédant à une droite moribonde, il leur faut emprunter d’urgence « le petit chemin du milieu », pour rallier les peuples mécontents.

Macron, substitut de soupe populaire, servira éventuellement de remonte-pente à Hollande, le moment venu, et en tout état de cause, sera premier ministre, qu'il y ait un président de gauche ou de droite. Et certainement président de la France un jour.

Car le plus grand danger qui guette l'élite économique est que les extrêmes prennent le pouvoir en France ; cette hypothèse est leur cauchemar, car ils perdraient l’accès aux manettes de la France puis de l’Europe. 

Une élite qui s’est organisée depuis longtemps

Toute organisation dispose d’instance de gouvernance et organise des réunions.

Le groupe Bilderberg réunit chaque année pendant deux jours les principaux dirigeants économiques et politiques - ainsi que quelques journalistes - pour discuter des « affaires du monde »Et ce, dans le mutisme habituel des médias français.[i]

De nombreux articles existent sur le « groupe Bilderberg » mais il en faudra encore beaucoup plus sans doute, pour sauver ce qui reste de la souveraineté des peuples. Cela s’avère même crucial, lorsque l’on lit ou relit ces propos de David Rockefeller, co-fondateur du Bilderberg  (Newsweek International, 1er février 1999) :

"Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l'entité adéquate pour le faire"

Le Bilderberg a été fondé en 1954 par ce dernier et le prince Bernhard des Pays-Bas, né allemand, ancien nazi et David Rockefeller. A l’origine, c’est une sorte de club privé, afin de discuter des grands enjeux économiques et stratégiques, et visant à terme une gouvernance mondiale avec l’OTAN comme commandement. Il réunit chaque année entre 100 et 150 participants, membres ou invités, qui débattent à huis clos d’un ordre du jour hautement stratégique.

Coulisses des G8 et G20 : "Ou comment sont grillés les circuits démocratiques"

Coulisses et instances de « débrief » des G8 et G20 ?

Aux réunions annuelles du Bilderberg, qui durent trois ou quatre jours, on retrouve le gratin politique national et international occidental des multinationales, et des journalistes de tendance libérale (jamais des reporters, uniquement les dirigeants)

Pas de conférence de presse, pas de journalistes (sauf des Patrons de medias..), et les invités ne peuvent pas prendre de notes.

Une à deux semaines après leurs réunions, c’est le G8 ou le G20 qui s’ouvrent un peu plus loin, attirant cette fois la plupart des médias de la planète. Exemples :

 En 2003, la réunion du groupe Bilderberg s’est tenue à Versailles (le château a par ailleurs été fermé au public pendant une semaine) en même temps que le G8 qui se déroulait à Paris. C’est au G8 que sont concrétisées une partie des décisions prises par les Bilderbergers, dont certains sont présents également au G8.

« Le lieu où seraient choisis les futurs présidents, premiers ministres »[ii] 

Ce que confirmerait la participation à la conférence de Bill Clinton en 1991 et celle de Tony Blair en 1993. En 2004, le magazine Time a révélé que John Kerry a choisi John Edwards pour être son colistier juste après que ce dernier avait fait une forte impression sur les participants de la session Bilderberg en Italie. »

Bilderberg : silence médias sur les réunions de l'élite mondiale [iii]

Dans cet article de Slate publié en 2008, Jack Shafer évoque le silence des medias sur le Bilderberg. Et pour cause, la plupart des patrons de presse en sont membres..Mais c’est surtout en Europe que les medias sont silencieux. Aux états-unis, le New York Times a mentionné Bilderberg une vingtaine de fois depuis 1981, dont un article de 2004 intitulé « une conférence secrète pour dominer le monde ». D’autres articles dans le Washington Post, le Chicago Tribune et le Boston Globe mentionnent le groupe.

Macron est membre du Bilderberg

Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie a participé à la réunion du groupe Bilderberg[iv], qui a eu lieu à Copenhague les 31 mai et 1 juin  2014. M. Macron y assistait en tant que conseiller de François Hollande à la présidence de la République.

Les medias, à coup de sondages favorables finiront pas l'installer dans la conscience collective comme un bon politique, qui oeuvrera pour leurs intérêts. On a assisté au même phénomène avec DSK: de sondages en sondages, on a fabriqué un présidentiable. De là à affirmer que le Bilderberg contrôle les instituts de sondage, en plus de certains medias français , il n'y a plus qu'un petit pas. Car DSK aussi avait été convié au Bilderberg en son temps.  

 

Manuel Valls avait lui aussi participé à une réunion du groupe Bilderberg.

Ce qui expliquerait, que bien qu’il n’ait recueilli que 5,63% des voix à la primaire socialiste de 2011, il pilote la politique de la France. Illustration du déni voire de l'usurpation de démocratie.

 

 

 

 


[i] Bilderberg 2014 : un contexte sous tension – courrier international

 

[ii] http://rue89.nouvelobs.com/2008/06/11/bilderberg-silence-medias-sur-les-reunions-de-lelite-mondiale-53595

 

[iii] Jack Shafer Rédacteur en chef de Slate. 

 

[iv] Liste des participants du bilderberg

 

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