Décolonisons nos rues !

En 2017, la France blanche postcoloniale continue de débattre de son crime contre l'humanité.

Ainsi, nous peinons encore à qualifier les massacres d'Algerien-n-e-s pour les déposséder des terres les plus fertiles, les viols de femmes pour détruire les corps en résistance, les tortures en tous genres pour terroriser les colonisé-e-s, inspirer la peur du colon et instiller le sentiment d'une invulnerabilité de l'Homme blanc.

Oui nous vivons encore dans un temps colonial. Nous en célébrons même ses plus tragiquement célèbres entrepreneurs à travers les noms des rues qui leur font honneur. Indécence !

Décolonisons nos rues, notre espace est envahi de fantômes malveillants ! Nos avenues, nos squares, nos ponts, nos écoles, tout ce qui est censé constituer des carrefours de vie, des lieux de rencontres furtives ou prolongées, de regards échangés, des espaces de partage de luttes et arènes de palabres, la vie d'un espace public où se tissent les liens sociaux. Levons nos têtes ! Que voyons nous sur les plaques de nos rues ? Des noms d'oppresseurs d'humanité. Par dizaines, par centaines, par milliers, nos villes vivent sous le regard obscur des promoteurs et théoriciens de l'horreur coloniale qui a classé les Hommes, hiérarchisé les couleurs, massacré peuples d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et jusqu'à l'intérieur même de l'Europe.

La république honore ses négateurs d'humanité. 

Pacifions nos rues en voilant ces plaques honteuses qui sont des rappels à l'ordre racial, pour nous maintenir dans un imaginaire collectif colonial permettant les ruptures d'égalité dans notre réel.

Couvrons ces noms de honte !

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