Cambadélis

Ma réponse à M Cambadélis en réponse à la sienne publiée sur Médiapart le 5 août dernier.

 

Paris, 29/08/2016 

Cher Jean-Christophe Cambadélis, 

J’ai lu avec attention votre réponse sur Mediapart (05/08/2016) à mon courrier du  26/04/2016. Dans celle-ci, vous évoquez diverses interventions lors de points de presse de votre parti et dans les instances du PS et en particulier dans les médias d'Eduardo Rihan Cypel, député franco-brésilien.  Je ne peux que vous répondre que la gravité de la situation et le risque pour la démocratie brésilienne sont trop importants pour qu’un grand parti comme le vôtre ne fasse pas une prise directe de position publique et politique sur ce coup d'Etat institutionnel  que représente la tentative de destitution de Dilma Rousseff, une présidente élue avec 54 millions de votes de ces concitoyens et dont l'intégrité n'a pu être prise en défaut. 

La date éventuelle de l’impeachment de Dilma Rousseff est imminente, peut-être demain mardi. Devant un Sénat érigé en tribunal, Dilma Rousseff, jugée depuis jeudi ne baisse pas les bras malgré la violence des manœuvres pour la criminaliser, combattant pour la défense de son mandat et des valeurs démocratiques. 

Je suppose que vous vous tenez au courant de la teneur de ces débats où sénateurs et témoins cités par la défense ont disqualifié  les thèses soutenues par la droite d' « éventuelles manipulations budgétaires. Sans crime de responsabilité comme le définit strictement la Constitution brésilienne il n’y a pas impeachment mais putsch parlementaire  

Les parlementaires de droite ont accusé Dilma Rousseff d’un crime qu’elle n’a pas commis pour pouvoir programmer sa déchéance du pouvoir. Si ce putsch réussit, le Brésil va sombrer encore plus dans une situation de crise qui perdure depuis déjà un an et demi.  

M. Cambadélis, la grand majorité des principaux acteurs de la société civile brésilienne ne souhaite pas un gouvernement illégitime issu d’un putsch. Appuyés sur les mouvement sociaux, les parlementaires de gauche mènent un combat admirable dans l’hémicycle du Sénat  pour prouver à tous la réalité de l’action de la droite brésilienne.  

En 100 jours d'existence le gouvernement intérimaire de Michel Temer a jeté à la poubelle 100 droits et acquis sociaux, dont, il y a deux jours, la fin du programme d’alphabétisation pour les 13 millions de brésiliens analphabètes. Un gouvernement intérimaire qui se cache, fuyant toute apparition publique de peur de se faire huer. Voilà la réalité, loin du récit convenu d'une certaine presse française décrivant une Dilma Rousseff recluse dans le Palais résidentiel de l’Alvorada sans aucun soutien. M. Cambadélis je tiens à vous rappeler que le peuple brésilien n'a jamais accordé de légitimité aux putschistes militaires qui ont pris d’assaut le pouvoir en 1964 pas plus  qu'il ne le fera pour les putschistes civils de 2016.  

M. Cambadélis, je vous demande de faire comme vous autorise votre position de Premier Secrétaire du Parti Socialiste, à savoir une déclaration publique de soutien à la continuité démocratique au Brésil.  

Cordialement, 

Hamilton dos Santos

 

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