Réjouissons-nous de nos différences

Cependant que le visage de l'humanité se figure par des traits communs, les humains se distinguent par des différences identitaires qui, en s'harmonisant, en s'équilibrant, fondent l'espoir d'une société humaine enjouée.

Depuis qu’existe la vie en société, des hommes sans conscience morale, ont, sans raison humaine, entravé certaines participations de leurs pairs à la communauté humaine parce ce qu’ils les considéraient comme des Êtres déficients.

À l’heure actuelle, nous vivons encore dans une société qui ne se démarque pas des postulats de pensées archaïques en édictant sa volonté d’immortaliser des principes de singulariser les uns par rapport aux autres selon une sélection qui touche l’essence même de l’être humain.

Ce genre de société n’a point de mal à se renouveler puisque des millénaires et des millénaires se sont écoulés, ont transformé tout, mais pas grand-chose de notre esprit conformiste.

Notre société est à l’image renfermée et renfrognée. Elle préserve son identité en s’inspirant systématiquement d’un modèle conventionnel, au mépris de l’altérité d’autrui. Ainsi, nous jugeons et parfois nous rejetons sans connaissance de l’autre qui, pour lui ou elle les choses sont parfaitement naturelles, doit alors se justifier, apporter la preuve de son être faisant partie du commun des mortels même s’il faut modifier l’apparence de celui-ci.

Nous assistons tous les jours à des intolérances inconvenantes qui se déclarent ouvertement, qui requièrent par moments que l’on déprise, que l’on détracte la dignité civique de l’autre du fait qu’il est différent de nous et qu’importe son espèce.

Si à l’échelle morphologique nous sommes tous semblables, il n’en demeure pas moins vrai que nous sommes aussi ontologiquement différents parce qu’une diversité humaine ne peut exister sans compter avec les différences fondamentales ancrées dans notre génétique évolutive.

Une société comme la nôtre, démocratique et laïque réputée par un certain pluralisme axiologique et culturel doit souscrire au principe de mesures défensives en faveur de toutes les différences citoyennes.

Dans ces conditions, elle agit souverainement sur toutes les conjonctures sociales pour que tous les citoyens puissent vivre dans un climat de tolérance, de confiance et de paix sociale où tout un chacun jouit de tous les agréments de la vie.

Réjouissons-nous de nos différences, pour peu que certains d’entre nous ne s’évertuent pas à exalter les leurs. Car les différences n’ont jamais été établies comme cause première de notre humanité. Le concept de celle-ci est, au contraire, fondé sur les caractéristiques particulières de l’ensemble des individus en tant qu’Etant de la société.

 

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