L'issue n'est pas dans la physique mais dans la biologie. A l"heure ou l'écologie passe à la trappe... certes, nous devons gravir la montagne de la transition non par la face sud des solutions techniques et administratives, mais par la face nord de l'équité sociale et du changement civilisationnel.
Je vous vois contester la théorie du réchauffement global, certes c'est un débat, donc work in progress.
Voilà un panorama vécu sur une échelle de 70 ans.
Je vais partir de mon vécu de la réalité qui me fait face à mon échelle d'humaine. Mon père qui a plus de 80 ans, allait l'hiver en ville en patinant sur le rivière, car elle était entièrement gelée. Moi, je faisais des glissades sur les plaques de glace que la rivière abandonnait dans les champs, mais je ne l'ai jamais vue gelée et faisait de la luge sur la colline chaque hiver. 60 ans après, mes enfants n'ont pu qu'une fois lors de leur enfance vivre ces deux plaisirs. Donc nous subissons un réchauffement visible à notre échelle humaine. La faune et la flore n'arrivent plus à s"adapter, Il y a de telles poussées de chaleur en février, que des papillons éclosent alors qu'il n'y a pas de fleurs à butiner. En 2017, mes iris ont fleuri 7 fois dans l'année presque chaque mois, en fonction du yoyo des températures. Le saule pleureur qui trônait sur mon terrain est en train de mourir 2 branches maitresses à terre sur 4, comme tous ceux du plateau. Depuis 2017 nous enchainons les sécheresses hivernales, la nappe qui passe sous le village se tarit, il n'y a plus d'eau dans les caves l'hiver.
La sixième extinction du vivant est en route. Dans les années 90, je faisais de la photographie de papillons, durant des journées entières! Là je suis au chômage technique, quand tu en vois 3 dans la journée, c'est l'abondance! Alors qu'ils étaient par centaines avant. Plus de moustiques sur les parebrises itoo. Chic? Ben non, plus d'insectes, plus d'oiseaux, plus de pollinisations, plus de miel, rendements agricoles en baisse. A coup de pesticides, nous tuons la vie bactérienne des sols : rendements agricoles en baisse. Baisse aussi du stockage des eaux dans le sol, accélération des asséchements. Biocide veut dire tuer la vie, en font partie les pesticides, les herbicides, les raticides, les anti-biotiques....
La génération de mon grand-père plantait des arbres fruitiers pour la génération suivante, mon père a fait de même... sauf que j'hérite d'arbres morts. Mon frère est en train de modifier sa technique de jardinage pour produire l'hiver au printemps et à l'automne et abandonne les cultures d'été, car au dessus de 30 ° les plantes se bloquent et ne poussent plus, fermées pour limiter leur évaporation mortelle.
Donc non, nous faisons face à un grave problème d'impasse environnementale. Les polluants et pesticides, biocides sont bien une production humaine, dont les agriculteurs sont les premières victimes : cancers, leucémies font rage chez eux. Donc vous avez raison, on a pas qu'un problème de carbone, mais bien d'impact biocide global, nous tuons la viabilité sur terre. En avion, vous voyez bien l'immense pollution carbonée, dioxidée, souffrée au dessus des villes, ce nuage gris orangé bien dégueu dans lequel plongent les avions, demandez aux vieux pilotes leur crescendo du sujet. J'ai vécu 10 ans à Paris, j'avais constamment le nez bouché, été comme hiver. J'ai mis 5 ans à me décrasser une fois à la campagne.
J'ai étudié pour répondre aux syndicats américains qui sont aussi climato-septiques, les courbes de carbone sur de très longues durées. Ils ont raison, la terre a déjà connu des températures plus élevées. Mais avec un autre écosystème, les dinosaures par exemple : ça vous fait envie? Au delà du problème de taux de carbone et de température, nous avons un problème de vitesse de changement, nous subissons sur 200 ans, ce qui se fait normalement sur 10 000 ans. Cela ne permet ni à la faune dont nous faisons partie, ni à la flore qui nous nourrit de s'adapter, ça va trop vite pour notre ADN qui n'a pas la solution. Donc l''écosystème dont nous faisons partie va disparaitre, nous avec. Et la terre moulinera pendant 10 000 ans pour en fabriquer un autre, elle a tout son temps.
Si vous avez des notions de biologie, vous connaissez bien la criticité des homéostasies qui vous permettent d'être en vie. Le Ph de votre sang, par exemple, doit rester entre 7,35 et 7.45. Celui-ci dépend entre autre du CO2 dissous dans le sang. Si l'air qui nous respirons contient de plus en plus de CO2, nous diminuons notre espérance de vie, c'est d'ailleurs une technique de suicide. Ce carbone présent dans l'air est bien un résidu des combustions fossiles que nous faisons dans nos maisons, dans nos voitures, dans nos usines : nous sommes des milliards dont la plupart aspirent à vivre comme les ricains, c'est à dire à plus de 5 planètes (impact carbone, exploitation de sols, biomasse, matériaux...) par personne. Et contrairement aux arbres qui compensent et tamponnent leur impact dans l'environnement O2 le jour, CO2 la nuit, nous ne compensons pas, nous ne convertissons pas le CO2 produit le jour, en oxygène la nuit. D'ailleurs avec la destruction des forêts, c'est bien nous, humains qui déforestons, y compris en déclenchant des incendies, et non les ours ou les pandas en voie de disparition, les biologistes viennent de démontrer que les puits de carbone naturels que sont les forets ne décarbonent plus mais n'émettent que du carbone, comme tout ce qui meurt. Donc encore moins d'oxygène à respirer. Nous, humains; ne produisons que de l'entropie : dilapidant le stock carbone produit pendant des millions d'années et détruisant le potentiel de vie future au détriment de nos propres enfants; surexploitant le vivant sans le soutenir, ni le renouveller, sans en prendre soin. Notre mode de vie est mortifère. Nous sommes la destruction du monde. Oui, pas glorieux, comme bilan de l'espèce la plus intelligente qui soit!
Si vous regardez l'histoire des aborigènes avec ce regard, vous comprendrez que la cosmogonie des aborigènes est LA leçon d'un peuple qui a déjà détruit son environnement de façon critique : l'immense désert d'Australie est le résultat de leurs ancêtres qui ont surexploité ce continent qui fut aussi riche que la foret brésilienne. J'ai ajouté en bas l'évolution des mammifères sur la planète sur 10000 ans, qui montre la bascule sauvage, détail, humains.
Egoïstes, fascinés par les défis d'égo, juste la chasse pour les aborigènes, éblouis la puissance et donc le progrès technique, dans le déni des inconvénients surtout à long terme, nous avons choisi de mourir riche, plutôt que de simplement vivre. Voilà le choix auquel nos sociétés "évoluées", une fois encore, nous acculent.
Par contre, nous devons lutter contre les acteurs financiers qui trop heureux des aspirateurs de richesse que sont nos économies carbonées, ne veulent surtout pas changer de système ou que, si ils en trouvent un autre qui leur permette d'usurper à nouveau toutes les richesses produites par la nature et les humains à leur seul profit. D'où les projets transhumanistes, digitaux fait de déni climatique, pour gagner du temps, de technosolutionnisme délirant, comme celui d'aller sur Mars, une planète trop petite pour retenir l'oxygène! Et surtout de contrôle des peuples à exploiter. C'est là, que se situe notre principale menace, qui bloque tout changement et nous mènent à la destruction globale.. quoiqu'il en coute.
Vous pouvez lire l'excellent livre de Naomie Kleim : tout peut changer qui détaille après 5 ans d'enquète cette dynamique toxique.
Pour bien aborder l'impasse environnementale, il faut regarder la physique (carbone, oxygène, température...), la chimie (pollutions systémiques) et surtout, la biologie, qui tente de comprendre le vivant. Si vous raisonnez juste sur le carbone, vous passez à coté des enjeux.
L'enjeu est de sauver la vie sur terre et non, le CAC40, donc nous devons retirer le pouvoir de décision aux financiers, aux ingénieurs, aux physiciens et laisser les biologistes, les hydrologues nous dire ce que nous devons faire et arbitrer sur nos possibilités sociétales, qui ne sont pas celles avancée par notre organisation actuelle. Nous devons changer de civilisation, de cosmogonie si nous voulons survivre.
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