Réouverture des écoles sans surprises: pas de masques pour les AESH !

Malgré la promesse du gouvernement, les AESH (Accompagnant·es d’Élèves en Situation de Handicap) se retrouvent sans masques dans les écoles et sommé·es de faire des tâches qui ne sont pas les leurs... Le mépris de l'institution pour ce personnel continue de plus belle !

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Réouverture des écoles… Je suppose le casse tête pour les directeurs et directrices, les mairies, les enseignant·es, l’administration… Mais pour nous, AESH (Accompagnant·es d’Élèves en Situation de Handicap), ce fut le mépris et l’odieuse indifférence de l’Éducation nationale qui a encore été de rigueur...

Pendant le confinement, pour celles et ceux qui ne pouvaient pour x raisons faire du télétravail, ce fut le silence absolu : aucune nouvelle de leur hiérarchie, de leurs élèves, des collègues enseignant·es… Et aucunes informations non plus sur la reprise : quand vais-je reprendre ? Que vais-je faire ? Mes élèves seront-ils là ? Que de questions sans réponses...sans réponses jusqu’au weekend précédant la rentrée ou les messages ont commencé à arriver : apportez votre masque, il n’y en aura pas ou seulement pour les enseignant·es… Du gel ? Non, on a du liquide vaisselle... Le ministère nous serine que nous appartenons à la communauté éducative, des directeurs et directrices nous disent que nous n’appartenons pas au groupe scolaire... Donc pas de masques ou quand ils sont là, seulement pour les enseignant·es… Rien pour nous, les invisibles…

La possibilité du droit de retrait existe mais, en tant que précaires, les AESH en ont peur...Même accompagné·es par les syndicats. Peur des représailles, peur des affectations arbitraires...

 Silence aussi de la part de l’administration, rectorats et DSDEN ne répondent pas...Et les collègues ne savent pas comment faire des démarches d'autorisation d'absence pour personnes vulnérables ou pour garde d'enfants… Malgré le fait que l’école des enfants soit basée sur le volontariat, les AESH se voient refuser leurs autorisation de garde d’enfant et contraint·es de les scolariser… Malgré un ministère qui prône la souplesse pour les personnels, les rectorats restent implacables… Pourquoi accorder ces autorisations à ce personnel précaire ? La pandémie est oubliée, personne n’a le droit de craindre pour sa vie ou pour celle de ses proches ! Non, il faut travailler… même si l’on n’a rien à faire !

Car parfois, les élèves ne sont pas là….

Le ministre Blanquer a déclaré que les élèves en situation de handicap doivent être scolarisé·es en premier. Sans penser aux AESH. Sans penser à la promiscuité, aux gestes barrières, aux masques, aux protections de toutes sortes. 

Le ministre Blanquer a déclaré que les AESH, en cas d’absence de leurs élèves, sous prétexte d’appartenance à la communauté éducative, doivent être à l’école et faire toutes leurs heures. Mais pour quoi faire ? Le ministère a  enfin élaboré un protocole rappelant que les AESH ne s’occupent que d’élèves en situation de handicap.

Alors, que vont faire les AESH si leurs élèves sont absent·es ?

Pas de soucis, la hiérarchie,des directeurs et directrices d’écoles sont créatif·ves :  remplacement des Atsems, ménage, désinfection, surveillance de classes en remplacement des enseignant·es, aide aux devoirs, accompagnements d’élèves non notifié·es... Tant de tâches qui ne sont pas inscrites dans la fonction d’AESH. Lorsque l’AESH s’étonne, une institutrice répond : moi, je ne suis pas animatrice et pourtant je fais de la garderie. Et après ? Et avec quel salaire ? 600 à 700 euros par mois ? Non, je ne crois pas…

La hiérarchie nous demande d’être indulgent·es face à cette pénurie et de coopérer alors que nous sommes face à une pandémie !

Lorsque l’élève est là, malgré la promesse de visières, de respect des distances ou de vigilance pour nous, personnel précaire, rien… Des directeurs et directrices d’école  imposent à aux AESH d’accompagner l’élève, que celui-ci ou celle-ci morde, crache, sous menace de rapport à la hiérarchie. 

Encore une fois malmené·es, menacé·es, méprisé·es.

En 2019, le ministre Blanquer a promis monts et merveilles pour les AESH. Résultat : une rentrée 2019 catastrophique avec retards de salaires, abus et pressions divers et variés. Nous ferons de notre mieux pour l’an prochain, insiste le ministère. Mai 2020 : réouverture des écoles, le cauchemar recommence !

Je n’ose plus espérer une lueur de conscience, d'humanité, de responsabilité de la part de l’Éducation nationale… La mascarade continue de plus belle, les précaires que nous sommes restons exploité·es, méprisé·es. 

Vous avez dit école inclusive ? Je réponds inhumanité !

A quand des jours meilleurs ?

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