Iran : une allumette enflammée dans un entrepôt de paille

Le quotidien Sharq a écrit ce 26 mai : « ne nous hâtons pas de crier victoire dans la lutte contre le Covid-19. Les contradictions dans les propos des responsables, les changements de décisions ou les prévisions erronées, traduisent l’absence de stratégie transparente et précise pour lutter contre l’épidémie. Les responsables du pays avaient dit que le coronavirus serait maitrisé à la la mi-mai»

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Au Khouzistan, le directeur de la santé du port de Mahshahr a déclaré à l’agence Ilna le 25 mai : « l'épidémie de coronavirus au Khouzistan est en augmentation (...) Ces derniers jours, les hôpitaux de Mahshahr sont saturés. L'hôpital du pétrole a attribué un autre service aux malades du coronavirus (…) Les hôpitaux ne peuvent plus répondre en matière de lits et n'auront plus de capacité (…) Malheureusement, de nombreux membres du personnel soignant ont été infectés par le coronavirus et nous avons dû les mettre en quarantaine (…) Je tiens à le souligner : nous n’avons pas d’équipe de rechange. »

  Le quotidien Ressalat a mis en garde aujourd'hui contre la mauvaise gestion et la « crise douloureuse » en cours à Ahwaz, évoquant les protestations des habitants, avant de conclure : « Il suffira d’un prétexte, et comme une allumette enflammée qui tombe dans un entrepôt de paille, tout disparaitra. »

 Dans la province de Khorassan-Razavi, le chef de l'Organisation du système médical de Machad a déclaré à l’agence Irna hier : « Au moins 70 membres de l'Organisation du système médical de Machad ont été infectés par le Covid-19 depuis mars (…) De plus, un grand nombre d’infirmières sont aussi positives et ce chiffre sera annoncé par l'Organisation du système infirmier. »

 Mohammad Reza Mortezavi, président de l’association des minoteries d’Iran, a déclaré sur Etemad Online du 25 mai : « cette haine grandit (…)  Nous ne pouvons pas continuellement mal agir puis dire aux gens d'être patients (…) Le palais du chah n’était rien comparé à ce qu’ils se construisent. Un jour les pauvres mettront le feu à ces maisons. »

 Parallèlement, les déclarations officielles et les médias du régime abondent de préoccupations quant à un soulèvement et des émeutes. Bijan Zanganeh, ministre du Pétrole des mollahs, a déclaré à l’agence ILNA hier : « La situation que connait le pays est beaucoup plus difficile que pendant les huit années de la guerre imposée [avec l’Irak] ; avec cette différence qu’il n’y a aps un nombre significatif de morts et de blessés. »

 Ce flot destructeur détruira tout sur son passage

 L’agence ILNA hier a également publié une dépêche disant que « l'art du gouvernement doit être de contenir ce flot destructeur derrière un barrage, car s'il pénètre dans la ville (…) peu importe mosquée ou palais, il détruira tout sur son passage (…) Le gouvernement est en récession économique et le coronavirus le dérange. Au lieu d’aider, ces messieurs mettent des bâtons dans les roues et alors que le parlement n’a pas été convoqué, ils rêvent de destituer le président de la république. »

 Le quotidien Aftab-e-Yazd a écrit aujourd’hui : « la bipolarisation de la richesse dans la société est dangereuse. Il faut penser sérieusement à équilibrer la richesse dans la société. »

 On pouvait lire dans les colonnes du quotidien Mostaghel aujourd’hui que « novembre sanglant de 2019 (…) a fait qu’une partie notable de la société a fait une croix sur sa participation aux élections (…) Ces 60% qui se sont abstenus, non seulement ne sont pas intéressés par cette élection (présidentielle) mais protestent contre la situation actuelle (…) Les opposants les plus importants et les plus évidents sont les pauvres et les chômeurs ».

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