Athenes... de Chicago à Kessariani, un premier mai rouge

Reportage : Parmi d'autres cortèges, le premier mai 2018 du syndicat PAME se veut résolument internationaliste , et après diverses interventions place Syntagma, le cortège se dirige vers l'ambassade des Etats-Unis en fustigeant l’impérialisme.

A Athènes…. De CHICAGO à KESSARIANI[1] pour un premier mai rouge.

 

Plusieurs manifestations en ce premier mai 2018, celle syndicale du PAME[2], celles des autres syndicats GSEE, ADEDOU, celles des anarchistes, des motards ; etc., la rue fourmille de slogans condamnant l’austérité draconienne imposée par les banques et la finance internationale. Des milliers de citoyens assistent à celle du PAME qui a lieu devant le Parlement, plusieurs orateurs se succèdent,  dont ceux venant de Palestine, de Serbie, du Parti Communiste grec, des chansonniers[3], et le secrétaire général de PAME qui évoque les problèmes posés par l’impérialisme aujourd’hui. Un déclaration commune entre le PCG et le Parti Communiste de Turquie circule. En effet, un conflit enfle entre la Iurquie et la Grèce, il est  craint qu’une guerre éclate dans la mer Egée, la Grèce refusant d’extrader huit présumés Guliénistes en échange de deux militaires grecs capturés par les autorités turques à leur frontière.

Voir Athènes de la rue est assez inhabituel pour une observatrice étrangère. L’image de ces gens résolument en marche tranche avec des séquences misérabilistes sur la pauvreté induite par les mémorandums imposés par la Troïka Européenne.

 La manifestation se gonfle au fur et à mesure qu’elle se dirige de la place de la Constitution (Syntagma), dite aujourd’hui Place du Peuple, vers l’ambassade des Etats-Unis. Sur une des banderoles on peut lire « des chemins de fer pour les besoins du peuple et non pour les profits des monopoles ». Les cortèges syndicaux convergent vers ce lieu. Sous un soleil de plomb (30°C) se pressent plus de 15000 personnes, avec grands-parents et bébés. Un service d’ordre encadre toute la manifestation, il n’y a ni « black blocs », ni violence, les anarchistes[4] manifestent de leur côté. Un des rares bâtiments gardés par des cars de police est l’ambassade de France, peut-être en conséquence des récents ballets amoureux médiatiques  entre les présidents TRUMP et MACRON.

Hélène Y. Meynaud, sociologue[5]

 

 

 

[1] A Kessariani,, ville de résistance intense à l’invasion allemande,  200 communistes ont été exécutés par les nazis le Ier mai 1944. Le premier acte de Tsipras élu premier ministre en janvier 2015, a été d’apporter une gerbe d’œillets rouges devant le monument érigé en leurs mémoires.

[2] http://www.pamehellas.gr/  le film de la manifestation

[3] Qui jouent entre autre la chanson de Theodorakis composée sur un poème d’Odysseas Elytis « Et une hirondelle, le printemps est cher, pour que le soleil revienne, il faut beaucoup de travail, il faut des milliers de morts qui ont poussé les roues »

[4] L'auteure Rhea Galanaki, tresse l'image d’Athènes et de ses violences (Editions Galaade, 2015).

[5] Auteure de « La part de l’Etranger.e :travail et racisme », Editions Le Bord de l’Eau, 2010.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.