Le projet Yasuni-ITT en Équateur

Lutter contre le réchauffement climatique, préserver la biodiversité et garantir les droits des peuples indigènes plaident pour une sauvegarde intégrale de la forêt amazonienne. Cette protection doit être organisée internationalement pour aider financièrement les pays qui en sont responsables (Brésil, Equateur, Bolivie, Vénézuéla). Pour l’instant, Copenhague a constitué un échec pour aller dans cette direction. La protection de la forêt n’est encore envisagée essentiellement sous l’angle de la séquestration de carbone.

Lutter contre le réchauffement climatique, préserver la biodiversité et garantir les droits des peuples indigènes plaident pour une sauvegarde intégrale de la forêt amazonienne. Cette protection doit être organisée internationalement pour aider financièrement les pays qui en sont responsables (Brésil, Equateur, Bolivie, Vénézuéla). Pour l’instant, Copenhague a constitué un échec pour aller dans cette direction. La protection de la forêt n’est encore envisagée essentiellement sous l’angle de la séquestration de carbone.

 

Heureusement face à aux politiques de marchandisation inefficaces et dangereuses, des mouvements sociaux et le gouvernement équatorien proposent une alternative : le projet Yasuni-ITT en est un exemple. Ce projet dont le sigle venant du nom des trois forages d’exploration qui se trouvent dans la zone : Ishpingo-Tambococha-Tiputini, se donne comme objectif de ne pas exploiter près de 850 millions de barils de pétrole situés dans le Parc Yasuní.

 

Cette zone contiendrait pas moins de 20% des réserves pétrolières du pays. Mais ce parc constitue aussi une réserve naturelle, véritable « hot spot » de biodiversité : 596 espèces d’oiseaux y sont présentes, les 150 espèces d’amphibiens répertoriées à ce jour tout au long du Yasuní sont un record du monde pour une région de cette taille et il y a plus d’espèces de grenouilles et de crapauds dans ce parc que dans les États-Unis et le Canada réunis. De plus, la réserve est habitée par diverses communautés indigènes comme les Tagaeri, les Taromenane et les Oñamenane. Ces clans sont menacés et depuis longtemps en lutte. En 1996, la Confédération des Nationalités Indigènes de l'Amazonie Equatorienne avait déposé une plainte devant la Cour Interaméricaine des Droits de l'Homme, en accusant le Gouvernement de l'Equateur de l’époque et les entreprises pétrolières d'attenter aux droits de ces populations indigènes.

 

L’équateur se propose donc aujourd’hui de ne pas exploiter cette ressource, alors que le pétrole constituait en 2008, 63,1% des exportations de ce pays. En échange, son gouvernement demande à la communauté internationale une contribution à hauteur de 50% de la manne financière dont il pourrait disposer s’il exploitait ce pétrole. Cette proposition est une mise en pratique du principe de responsabilité commune mais différenciée pour les changements climatiques : nous sommes tous responsable mais c’est les pays industrialisés qui ont le plus pollué la planète et en ont profité pour leur développement économique.

 

Le Secrétaire d’Etat pour la Coopération Economique et le Développement allemand, Erich Stather semble avoir déjà garanti le soutien de l’Allemagne. L’Europe doit suivre cette démarche. Ceci constituerait un précédent important, sur lequel les peuples indigènes et les mouvements sociaux pourront s’appuyer.

 

Pour en savoir plus

 

http://www.yasuni-itt.gov.ec/index.asp?language=french

http://www.plosone.org/article/info:doi/10.1371/journal.pone.0008767

 

sur les REDD

 

http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/edition/quel-temps-copenhague/article/231209/les-negociations-de-copenhague-sauvees-par-la-fore

http://www.guyane.cnrs.fr/art-REDD.html

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.