Triste NIGER

C'est dans la plus grande indifférence que doit se dérouler aujourd'hui le procès devant le tribunal militaire, de l'ancien Chef d'Etat Major et ancien Inspecteur Général des Armées et de la Gendarmerie, le Général Salou Souleyman.

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, n'a pas à s'en faire. Ami personnel du président Hollande, rien n'a changé avec notre Président-Roi, Emmanuel Macron 1er.

Elections scandaleusement truquées, corruption, narcotrafic, il est intouchable, Mahamadou. 

Et il fait pas bon le critiquer, le Président-dictateur.

  • Hama Amadou l'a bien compris, douloureusement, lui qui avait l'audace de se présenter contre Mahamadou aux élections présidentielles de 2016 :

Résultat, 1 an de prison pour "supposition d'enfant ? " (suite à l'adoption d'un enfant par sa femme ). 

  •  Le parlementaire Issaka Issoufou aussi l'a bien compris, encore plus douloureusement.  

Résultat, emprisonnement pour coup d'état avec  14 autres civils, 2 douaniers et 9 militaires et maintien arbitraire en prison pendant 15 mois pour aboutir enfin à un non lieu !

Cela semblerait discréditer définitivement la thèse du coup d'état. Mais non, le pouvoir s'arc-boute. Les militaires qui n'ont pas d'argent pour se payer des avocats resteront en prison...

  • Le Général Salou Souleymane, Inspecteur Général des Armées et de la Gendarmerie aurait dû réfléchir avant de critiquer les choix budgétaires du Président pour les Armées. Qu'importe que les soldats nigériens, sous-équipés, se fassent décimer par Boko haram. 

Le Général a manqué de flair également en appuyant la demande de réintégration, contre l'avis du président, d'un officier accusé de coup d'état mais blanchi par la justice. 

Résultat : 18 mois de détention arbitraire pour tentative de coup d'état !. 

Bonne nouvelle il va enfin être jugé.

Mauvaise nouvelle, par un tribunal militaire.

Tout le monde connaît le mot de Clémenceau : la justice militaire est à la justice ce qu'est la musique militaire à la musique. Au Niger on voudrait qu'elle le soit. Malheureusement elle est plutôt ce qu'est la démocratie nigérienne (voire africaine) à la démocratie.

Pauvre Général, les dés ont l'air bien pipés...

Et tandis que la France assure la crédibilité et l'honorabilité internationalle du président du Niger, celui-ci muselle d'une main d'airain son pauvre peuple qui ne mérite vraiment pas ça.

Confert Amnisty International  : "Cette vague d’arrestations de leaders d’opinion en raison de publications sur les réseaux sociaux est une pratique liberticide dangereuse et les poursuites pénales à leur encontre sont préoccupantes". 

Voir les articles du spécialiste de l'Afrique au journal le Monde, Laurent Bigot. 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/10/10/au-niger-l-armee-affaiblie-par-la-paranoia-de-son-president_5011114_3212.html

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/08/16/le-terrorisme-au-sahel-consequence-de-la-prevarication-erigee-en-mode-de-gouvernance_5172873_3212.html?xtmc=laurent_bigot&xtcr=1

 

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