Les travailleurs étrangers au Qatar transfèrent 14 milliards de dollars à leurs familles tous les ans

Les conditions de travail des ouvriers des grands chantiers de la coupe du monde de la FIFA au Qatar de 2022 sont en réalité bien meilleures que celles dénoncées par la Confédération Syndicale internationale.

Ouvrier dans sa chambre au Qatar Ouvrier dans sa chambre au Qatar
La Confédération Syndicale internationale n’en est pas à son coup d’essai. Elle cite régulièrement des chiffres fantasmagoriques qui sont à chaque fois minutieusement contestés par l’Etat du Qatar. On peut se demander légitimement pourquoi cette organisation syndicale s’enferme dans ses inexactitudes et ses déformations de la réalité. Quel dessein suit-elle ? Dans quel but et pour qui agit-elle comme cela ? Le gouvernement qatari s’exprime, donne des éléments, mais rien n’y fait, la CSI ne cherche pas à répondre ou contester des points précis sur lesquelles elle pourrait estimer avoir une interprétation différente, mais elle assène ses chiffres comme des vérités, contre toute logique.

Contre toute logique, oui, car les méthodes qu’elle utilise sont fallacieuses. Le Qatar reçoit plus d’un million de travailleurs étrangers sur son sol et la CSI assimile tous les décès survenus sur cette population à des décès survenus sur les chantiers liés à la coupe du monde alors qu’il n’en est rien. Aucun décès n’a été à déplorer sur ces chantiers. On peut imaginer ce que cela donnerait si on additionnait tous les décès, sans tenir compte de leurs causes, survenus sur la population des travailleurs étrangers aux Royaumes-Unis sur une période de plusieurs années lors de la construction des infrastructures des Jeux Olympiques de Londres en 2012 !

L’Etat du Qatar, dans son communiqué, précise qu’il accepte les critiques des ONG dès lors quelles se veulent constructives. Le Qatar conscient qu’il était nécessaire de faire évoluer ses lois en matière de protection des travailleurs, lois souvent appelés « kafala », a entrepris et réalisé de nombreuses réformes. Il faut savoir qu'il est interdit de faire travailler les ouvriers à la mi-journée quand le soleil est le plus chaud. L’Etat a aussi interdit aux entreprises de confisquer les passeports aux ouvriers comme cela a pu être fait par le passé. La loi impose aux entreprises privées de verser le salaire de leurs employés par virement électronique sur leurs comptes bancaires à date fixe. Les habitations des ouvriers ont vu leur surface minimum par personne augmenter de 50% afin d’améliorer leur qualité de vie. L’Etat du Qatar a mis en place un système de plainte électronique (en 10 langues) facilitant l’accès à la Justice pour les employés qui subiraient un traitement non conforme à la loi. L’Etat encadre aussi consciencieusement les agences de recrutement chargées d’embaucher les travailleurs étrangers pour le compte des sociétés privées, en faisant notamment des inspections. 40 traités et mémorandums ont été signés avec les gouvernements d’Etats dont les ressortissants viennent travailler au Qatar. 

La CSI reproche aux entreprises chargées de construire les infrastructures nécessaires à la coupe du monde de football de 2022 de pouvoir générer 15 milliards de dollars de bénéfices avec cet immense chantier. C’est vraiment démagogique alors que les travailleurs étrangers au Qatar transfèrent jusqu’à 14 milliards de dollars à leurs familles par an ! Encore une fois, le traitement subit par le Qatar est rempli de mauvaise foi et est tellement en décalage avec la réalité que l’on se demande ce qui se cache derrière et à qui tout cela profite ?

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